Programme partagé de gouvernement de la Nouvelle Union
populaire écologique et sociale
Introduction de Jean-Luc
Mélenchon
Voici qu’un jour nouveau redevient possible. Celui où
gouvernera la volonté d’harmonie entre les êtres humains et avec la
nature. Celui où est donnée la priorité aux ruptures écologiques et
sociales que notre époque impose quand s’installe le changement
climatique et se répandent des inégalités de fortunes telles que vingt
personnes possèdent autant que trois milliards de leurs semblables.
Celui qui en finit avec les maltraitances des politiques libérales et
fait reculer l’emprise de l’extrême droite. Si la France le veut, avec
les élections législatives, elle peut faire naître ce jour
nouveau.
Pour cela, nos organisations ont formé une Nouvelle Union populaire
qui assume sa vocation écologique et sociale. Elles proposent ensemble
des candidatures communes dans chaque circonscription autour d’un
programme partagé. Une majorité devient alors possible pour le mettre en
œuvre. Dès lors, celles et ceux qui nous ont donné leur bulletin de vote
à l’élection présidentielle peuvent confirmer leur confiance en votant
pour nos candidatures communes. Nombreux seront encore celles et ceux
qui voudront se joindre à nous dans ce vote. Ils peuvent ainsi obtenir
une majorité de députés à l’Assemblée nationale et former un
gouvernement dont je serai le Premier ministre.
Françaises, Français, si vous le voulez, par votre bulletin de vote
vous satisferez bien des demandes essentielles. Par exemple le blocage
des prix, l’augmentation du SMIC, la négociation générale dans chaque
branche en vue de la hausse des salaires, le milliard pour lutter contre
les violences faites aux femmes seront actés et la réforme pour la
retraite à soixante ans engagée. L’interdiction du glyphosate, des
fermes-usines, du broyage des animaux vivants seront actés. La
planification écologique, la réponse à la crise de l’eau et la lutte
contre la « malbouffe » engagées. La 6e République et le référendum
d’initiative citoyenne seront mis à l’ordre du jour.
Les 12 et 19 juin, si vous le décidez, en élisant les députés de la
Nouvelle Union populaire écologique et sociale, ce jour-là s’épanouira
le printemps du peuple, en écho à celui de la nature.
Un programme partagé de
gouvernement
Le programme partagé de gouvernement ici présenté est le
fruit d’un travail collectif associant plusieurs organisations
politiques, sur la base de programmes eux-mêmes élaborés en associant
des milliers de citoyennes et citoyens, acteurs associatifs, syndicaux,
environnementaux, politiques.
Il sera la feuille de route partagée du gouvernement de la Nouvelle
Union populaire écologique et sociale. Notre majorité parlementaire sera
composée à l’Assemblée nationale de plusieurs groupes politiques réunis
au sein d’un intergroupe. Il servira de lieu de discussion et de
coordination permanente entre ses différentes composantes. Cette
majorité soutiendra ensemble l’action du gouvernement, notamment en
votant pour les budgets et les projets législatifs présentés qui émanent
des propositions de ce programme partagé.
Mais dans notre conception de la République, le rôle des députés,
représentants du peuple, ne saurait se limiter à soutenir l’action d’un
gouvernement. Nous ne voulons pas reproduire les mécanismes de la
monarchie présidentielle et de ses majorités godillotes. Cette logique
solitaire et verticale du pouvoir a été poussée à l’extrême par Emmanuel
Macron. Il nous faut en sortir. Nous défendons une pratique démocratique
des institutions où le Parlement est l’endroit par excellence où les
décisions sont élaborées, délibérées et prises. Nous souhaitons ainsi
que l’intergroupe puisse être le lieu d’élaboration de propositions de
lois au-delà même de celles prévues par ce programme partagé, ainsi
qu’un lieu de débat, d’échange et de décision.
Nous ferons une grande place dans les travaux législatifs de
l’Assemblée, à l’initiative parlementaire. La majorité parlementaire de
la Nouvelle Union populaire écologique et sociale conservera tout au
long du mandat des liens très forts avec la société active et notamment
le monde syndical, associatif, les organisations non gouvernementales
(ONG), les collectifs en lutte, les intellectuels, etc. Son intergroupe
se réunira régulièrement avec le Parlement de la Nouvelle Union
populaire écologique et sociale pour nourrir le débat parlementaire des
aspirations et des réflexions de ces forces vives.
Cette méthode générale, nous nous l’appliquons à
nous-mêmes. Ce cadre permettra de combiner la diversité des
expressions et la cohérence des décisions. Nous avons refusé les
facilités des synthèses sans contenu pour masquer les désaccords lorsque
nous ne sommes pas parvenus à les surmonter dans le bref délai dont nous
disposions. En effet, sur quelques points du programme partagé
de gouvernement – 33 sur 650 –, des organisations politiques qui
soutiennent ce programme porteront dans le débat parlementaire des
propositions pour les préciser ou les nuancer. Leur liberté de
vote sera respectée. Nous n’avons rien voulu cacher sur ce sujet et
c’est pourquoi, si limités qu’ils soient, ces points sont
consignés à la fin de chaque chapitre du programme partagé de
gouvernement. Ils seront donc soumis au débat de l’intergroupe et à la
sagesse de l’Assemblée.
Chapitre 1 :
Progrès social, emplois et retraites
Réduire
le temps de travail et faire naître une société du temps choisi
Convoquer une conférence nationale sur la réduction du temps de
travail et la prise en compte de la pénibilité, qui abordera notamment :
le rétablissement de la durée effective hebdomadaire du travail à 35
heures, par la majoration des heures supplémentaires
le passage aux 32 heures dans les métiers pénibles ou de nuit
immédiatement, et leur généralisation par la négociation collective
la réduction du temps de travail annuel (sixième semaine de congés
payés, etc.)
Remettre en cause les autorisations de travail le dimanche
En finir avec la flexibilisation, l’annualisation contrainte,
l’intensification et les horaires fractionnés
Lancer
des grands chantiers écologiques, créateurs d’emplois
Créer au moins un million d’emplois grâce à l’investissement dans la
bifurcation écologique et sociale
Engager un plan global de rénovation de nos infrastructures pour les
adapter au changement climatique
Accélérer la modernisation et l’adaptation des lignes à haute
tension pour réduire l’impact environnemental
Lancer un plan de dépollution de la Méditerranée et de nos façades
maritimes et fonds marins dans l’océan Atlantique, la mer du Nord,
l’océan Indien, et l’océan Pacifique
Rénover l’intégralité des réseaux d’eau et d’assainissement pour
limiter les fuites
Lancer des grands travaux de rénovation des voies ferrées et de
réouverture des lignes et gares fermées dans les trente dernières
années
Investir dans l’efficacité et la sobriété énergétiques, ainsi que
dans les projets énergétiques innovants comme les énergies marines
renouvelables
Réaliser un diagnostic national des ouvrages d’art (ponts, viaducs,
digues, barrages) et les consolider
Développer une filière d’écoconstruction en matériaux biosourcés
(dont bois, terre, paille)
Garantir un emploi stable
pour chacun
Réaffirmer le contrat à durée indéterminée (CDI) comme la forme
normale et générale de travail
Instaurer un quota maximal de contrats précaires dans les
entreprises : 10% pour les petites et moyennes entreprises (PME), 5 %
pour les grandes entreprises
Abroger les ordonnances Pénicaud et la loi El Khomri et rétablir le
« principe de faveur » : un accord d’entreprise doit être plus favorable
qu’un accord de branche, lui-même plus favorable que la loi
Appliquer la présomption de salariat aux travailleurs des
plateformes numériques (Uber, Deliveroo…) et tous les salariés
faussement considérés comme indépendants
Proposer aux contractuels des fonctions publiques d’être
titularisés
Encadrer la sous-traitance en garantissant par la loi la
responsabilité et les engagements des donneurs d’ordre vis-à-vis de
leurs sous-traitants (clauses de « responsabilité sociale », contrats de
site…)
Augmenter
les salaires et réduire les inégalités salariales dans l’entreprise
Porter immédiatement le SMIC mensuel à 1 500 euros net et
accompagner les TPE/PME
Organiser une conférence sociale générale sur les salaires ainsi que
dans chaque branche, qui aborderont notamment :
les augmentations de salaires, notamment pour les métiers occupés
majoritairement par des femmes dans les secteurs du soin, du lien et du
contact
les écarts de salaires : limiter l’écart de 1 à 20 entre le salaire
le plus bas et celui le plus haut dans une entreprise
la répartition de la valeur : fixer un seuil minimal pour les
revalorisations salariales, afin que la somme consacrée aux
revalorisations salariales soit au moins égale à la croissance du retour
à l’actionnaire (dividendes et rachats d’actions)
l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (salaires,
formations, carrière, promotions…) : augmentation des sanctions
financières et pénales (amendes, refus d’attribution de marchés
publics), création de commissions de contrôle salarié dans les
entreprises
la formation, les parcours professionnels et les conditions de
travail
Revaloriser le traitement des fonctionnaires et dégeler le point
d’indice
Interdire les parachutes dorés et les retraites chapeaux
Supprimer les stock-options
Rétablir une
assurance-chômage protectrice
Refuser la réforme Macron et indemniser les chômeurs en fonction de
leurs derniers salaires grâce à une assurance calculée à partir du
premier jour de travail
Élargir la médecine du travail aux chômeurs, avec visite obligatoire
au-delà de six mois
Indemniser les chômeurs dès le premier jour de la fin de
contrat
Supprimer l’obligation d’accepter une soi-disant « offre raisonnable
d’emploi »
Cesser la radiation des chômeurs à la première absence à un
rendez-vous et en finir avec la logique de radiation au moindre prétexte
pour faire baisser artificiellement les chiffres du chômage
Rétablir un régime d’emploi et d’assurance-chômage spécifique pour
les intermittents de l’emploi et les intérimaires permettant de leur
assurer une meilleure couverture chômage entre deux périodes d’emploi et
de lisser les intermittences de revenus
Faire la sécurité
sociale professionnelle
Assurer la continuité des droits personnels (à la formation, aux
congés…), hors du contrat de travail, et les transférer d’un contrat à
l’autre
Imposer des négociations régulières aux entreprises sur l’emploi, la
formation et la gestion des compétences et des qualifications en
associant les organisations syndicales
Garantir le maintien du revenu en cas de reconversion ou de
formation
Donner à chaque salarié le droit à 36 heures de formation par an,
librement utilisables dans le domaine de son choix
Intégrer les périodes de stages et d’apprentissage dans la sécurité
sociale professionnelle (ancienneté, congés, formation)
Établir la garantie d’emploi
Créer une garantie d’emploi : tout chômeur de longue durée pourra se
voir proposer un emploi utile dans un secteur d’urgence, rémunéré au
moins au SMIC, financé par l’État et cohérent avec ses qualifications,
son parcours professionnel et ses souhaits, ou suivre une formation
qualifiante prise en charge à 100 %
Créer des comités de la garantie d’emploi composés de représentants
des chômeurs de longue durée, des syndicats, des travailleurs uberisés,
des acteurs économiques et de l’insertion et des collectivités
territoriales
En finir avec la
souffrance au travail
Reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle
Doubler les effectifs de l’inspection du travail
Renforcer la médecine du travail, en l’intégrant au service public
de santé, en restaurant la visite médicale obligatoire à l’embauche et
les visites périodiques dans la carrière, y compris durant les périodes
de chômage, pour garantir un meilleur suivi des travailleurs
Réviser le tableau des maladies professionnelles pour prendre en
compte l’ensemble des risques liés à l’environnement ou à la
technologie
Restaurer les Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de
travail (CHSCT), augmenter leurs moyens et rendre leurs avis
contraignants
Rétablir et consolider le compte personnel de prévention de la
pénibilité (C3P) avec les droits associés à des postes de travail et une
cotisation dédiée
Inscrire tous les produits cancérogènes pointés par le Centre
international de recherche sur le cancer dans les facteurs de maladies
professionnelles, dont les pesticides
Faire du nombre d’accidents du travail un critère de sélection dans
l’accès aux marchés publics
Rendre effectif le droit à la déconnexion et encadrer le
télétravail
Reconnaître
la citoyenneté dans l’entreprise et des droits nouveaux aux
salariés
Augmenter la représentation des salariés dans les instances de
décision des grandes entreprises à au moins un tiers, et la moitié dans
les grandes entreprises, et y inclure d’autres parties prenantes, comme
les associations environnementales ou de consommateurs
Établir de nouveaux droits d’interventions et de décisions des
salariés dans les entreprises sur les conditions de travail, sur la
gestion et sur les orientations stratégiques
Organiser l’élection des administrateurs de la Sécurité sociale par
les assurés eux-mêmes
Créer un droit de préemption pour permettre aux salariés de
reprendre leur entreprise sous la forme d’une coopérative
Donner plus de pouvoir aux salariés lors des procédures de
redressement et de liquidation d’entreprise et instaurer le droit à un
vote de défiance à l’égard des dirigeants d’entreprise ou des projets
stratégiques
Accorder aux comités d’entreprise un droit de veto suspensif sur les
plans de licenciements et de nouveaux droits de contrôle sur les
finances de leur entreprise
Garantir une retraite digne
Restaurer le droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour toutes
et tous après quarante annuités de cotisation avec une attention
particulière pour les carrières longues, discontinues et les métiers
pénibles
Maintenir l’équilibre des retraites en soumettant à cotisation
patronale les dividendes, participation, épargne salariale, rachats
d’action, heures supplémentaires, en augmentant de 0,25 point par an le
taux de cotisation vieillesse et en créant une surcotisation sur les
hauts salaires
Rétablir les facteurs de pénibilité supprimés par Emmanuel
Macron
Porter a minima au niveau du SMIC revalorisé toutes les pensions
pour une carrière complète, et le minimum vieillesse au niveau du seuil
de pauvreté
Prendre en compte le revenu de solidarité active (RSA) pour valider
des trimestres en vue de la retraite
Indexer le montant des retraites sur les salaires
Interdire au Fonds de réserve pour les retraites d’investir dans des
secteurs polluants
Les points
qui seront mis à la sagesse de l’Assemblée
Le Parti socialiste et Europe Écologie-Les Verts ne soutiendront pas
le droit de veto suspensif des comités d’entreprise sur les plans de
licenciements et proposeront que la garantie d’emploi s’appuie sur la
mobilisation de dispositifs existants, notamment « Territoire zéro
chômeur de longue durée », au sein de comités locaux pour l’emploi
solidaire pour une politique de l’emploi, garanti et durable.
Le Parti socialiste ne soutiendra pas la suppression de toutes les
stock-options et la titularisation proposée à tous les contractuels de
la fonction publique.
Le Parti communiste français proposera de financer la garantie
d’emploi par un redéploiement des aides publiques aux entreprises et de
nouvelles cotisations sociales et d’intégrer les années d’études dans le
calcul des annuités pour la retraite.
Chapitre
2 : Écologie, biodiversité, climat, biens communs et énergie
Appliquer
la règle verte par une planification écologique citoyenne
Inscrire dans la Constitution la règle verte, qui impose de ne pas
prendre plus à la nature que ce qu’elle peut reconstituer, notamment en
reconnaissant un statut juridique pour la nature (possibilité de la
défendre en justice, prise en compte dans les décisions…)
Engager une planification écologique démocratique pour mettre en
œuvre la règle verte, en partant du local et en s’appuyant sur la
participation des citoyens, des syndicats, des associations, des
collectivités et des branches professionnelles
Organiser la planification à partir de nouveaux indicateurs de
progrès humain pour mettre l’économie au service des besoins et des
critères de bien vivre (santé, éducation…). Évaluer l’impact de chaque
loi avec ces indicateurs (inégalités de revenu, réduction de la pauvreté
en conditions de vie, empreinte carbone, espérance de vie en bonne
santé, etc.)
Créer un Conseil à la planification écologique qui supervise,
organise et met en œuvre le plan, en impliquant également les banques et
les entreprises. Ce plan est construit avec les citoyens, les syndicats,
les associations, les collectivités et les branches professionnelles, en
s’appuyant sur des instances permanentes pour évaluer les besoins locaux
en emplois, formation et investissements
Donner les moyens humains et financiers à l’État et ses opérateurs
publics (comme le Cerema, l’Office national des forêts, l’Office
français de la biodiversité ou Météo France) pour mener à bien leur rôle
de planification
Relever les ambitions climatiques de la France avec pour objectif
une baisse de 65 % des émissions en 2030 (au lieu de 40% actuellement)
et rendre public un bilan annuel
Obliger les moyennes et grandes entreprises à mettre en œuvre une
comptabilité carbone pour les émissions directes et indirectes certifiée
par un organisme public agréé en commençant par les secteurs les plus
émetteurs de gaz à effet de serre (GES) – énergie, transport, bâtiment,
industrie lourde – puis selon la taille des entreprises, accompagnée
d’une trajectoire de baisse de leurs émissions
Créer une Agence pour la relocalisation dépendant du Conseil à la
planification écologique, chargée de recenser les secteurs industriels
indispensables sur le plan social et environnemental, et d’établir un
plan de relocalisation adapté à chaque filière ou production stratégique
identifiée
Faire
des Outre-mer les avant-postes de la planification écologique et des
circuits courts
Instaurer un bouclier douanier via une taxe kilométrique en
faveur des productions locales à faible empreinte écologique, appliquer
une préférence commerciale pour les produits ultramarins vers l’Hexagone
et l’Europe et nouer des partenariats commerciaux équilibrés avec les
voisins régionaux
Tendre vers l’autosuffisance alimentaire grâce à l’agriculture
paysanne écologique et à des filières agroalimentaires locales
Protéger la biodiversité exceptionnelle : lutter contre
l’artificialisation des sols et la pêche illégale, renforcer les moyens
humains et financiers pour la protection de la biodiversité, etc.
Promouvoir des plans d’autonomie énergétique
Permettre
l’égalité des populations par les services publics
Garantir l’accès à tous les services publics essentiels (école,
gare, hôpital, bureau de poste…) et à des équipements sportifs et
culturels à moins de quinze à trente minutes (en voiture ou en
transports collectifs) de tout lieu d’habitation
Planifier l’installation de commerces de proximité avec les
communes, notamment en soutenant financièrement l’installation de
commerces de première nécessité et d’artisans
Soutenir le tissu associatif local en maintenant les subventions, en
généralisant les conventions pluriannuelles et en sortant de la logique
des appels à projets
Organiser des états généraux des quartiers populaires et des états
généraux des espaces ruraux pour construire une véritable égalité
territoriale notamment dans les services publics
Réorganiser
l’État et les collectivités territoriales au service de la planification
écologique
Impliquer pleinement les communes et les collectivités dans les
décisions et la mise en œuvre des investissements de la planification
écologique, permettre leur libre association
Renforcer les moyens des collectivités en augmentant les dotations,
en assurant leur pérennité et leur dynamisme dans le temps et en
garantissant une compensation intégrale des compétences déjà
transférées
Réformer les dotations et la fiscalité locale pour la rendre plus
juste, en augmentant en particulier les moyens pour les collectivités
qui concentrent les inégalités sociales et environnementales (quartiers
populaires, zones rurales, Outre-mer…)
Organiser une conférence sur l’organisation des collectivités
territoriales et la décentralisation chargée de faire une proposition de
simplification et de clarification du rôle de chaque échelon
Investir
pour la bifurcation écologique et sociale de notre économie
Lancer un plan massif de 200 milliards d’euros sur cinq ans pour
investir, développer l’emploi et la formation, et rétablir des pôles
publics dans l’énergie, les transports et la santé, gérés
démocratiquement, afin de réindustrialiser le pays par des plans de
filières au service de la bifurcation écologique
Annuler les cadeaux fiscaux accordés sans contrepartie aux plus
grandes entreprises ces dix dernières années
Développer
les transports publics écologiques, repenser la mobilité
individuelle
Créer un pôle public des transports et de la mobilité, autour de la
SNCF réunifiée et 100 % publique, afin d’assurer une égalité de service
et d’accès sur le territoire, refuser l’ouverture à la concurrence des
lignes ferroviaires
Rouvrir les lignes ferroviaires du quotidien, augmenter le nombre de
trains, maintenir des guichets physiques dans les gares
Engager un plan national de soutien massif au développement des
transports collectifs (métro, bus, tram, tram-train, câble…) dans les
grandes agglomérations
Garantir des tarifs accessibles et des mesures de gratuité ciblée
(jeunes, précaires, etc.) et baisser la TVA sur la tarification des
transports en commun à 5,5%
Développer les transports publics à la demande hors des zones denses
de transport public
Supprimer les lignes aériennes quand l’alternative en train est
inférieure à trois heures
Favoriser l’usage du vélo : aménagement d’infrastructures cyclables
sécurisées et de stationnement vélos, rendre obligatoire les
stationnements vélos publics à proximité des gares et des services
publics et les garages privés dans toutes les constructions et
rénovations
Développer le partage de la voiture : soutenir les initiatives
solidaires et des collectivités en faveur du covoiturage et
d’autopartage
Renforcer les aides à l’acquisition de véhicules électriques, neufs
ou d’occasion, en particulier pour les ménages modestes
Rendre obligatoire le forfait mobilité durable versé aux salariés –
notamment pour le vélo – avec la possibilité de le coupler avec les
abonnements de trains et simplifier et adapter au télétravail ses
modalités de versement
Installer sur l’ensemble du territoire les systèmes de mise à
disposition de parcs de véhicules à faibles émissions pour les ménages à
faibles revenus
Adopter un plan ambitieux de développement du fret ferroviaire, du
ferroutage et de report modal (cabotage maritime, fluvial et
dirigeable)
Renationaliser les autoroutes en revenant sur les hausses de prix
passées
Engager un plan spécifique de développement des transports
collectifs en Outre-mer, quasi inexistants aujourd’hui, sur le modèle du
projet de tram-train à La Réunion
Créer un dispositif de billet unique ouvert aux jeunes permettant
d’accéder à l’ensemble des trains, transports en commun ainsi qu’aux
vélos et voitures en libre service du territoire français
Planifier
la bifurcation et la rénovation énergétique
Planifier le passage à 100% d’énergies renouvelables et la sortie du
nucléaire avec un double mot d’ordre : sobriété et efficacité.
Abandonner les projets d’EPR (European Pressurized Reactor – Réacteur
pressurisé européen), planifier le démantèlement, la réhabilitation et
la reconversion des sites nucléaires et de l’ensemble de leur bassin de
vie.
Sortir des énergies carbonées : arrêter les subventions aux énergies
fossiles, y compris à l’étranger
Garantir les premières quantités d’énergie indispensables à une vie
digne et instaurer au-delà une tarification progressive qui pénalise les
mésusages et gaspillages
Refuser la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz :
stopper la privatisation des barrages hydroélectriques, préserver le
caractère national du réseau de distribution d’électricité
Créer un pôle public de l’énergie incluant EDF et Engie
renationalisés ainsi que des coopératives locales
Favoriser partout sur le territoire le recours aux diverses sources
d’énergie les plus adaptées aux conditions météorologiques et
géographiques (pour lutter contre la méthanisation à outrance
notamment)
Refaire l’isolation d’au moins 700 000 logements par an et mettre
fin aux situations de précarité énergétique : privilégier les
rénovations complètes, interdire réellement la location des passoires
thermiques, renforcer les programmes de détection des passoires
énergétiques, cibler les aides à la rénovation en fonction des revenus
des ménages, avec un reste à charge zéro pour les plus modestes et un
dispositif d’avance de trésorerie
Se donner les moyens : former et recruter des professionnels, mettre
en place un « guichet unique » public pour les propriétaires devant
faire cette rénovation
Mettre en place une convention collective unique pour les
travailleurs du nucléaire et arrêter l’utilisation massive de la
sous-traitance, tout en garantissant leur reconversion
Consommer autrement,
une France « zéro déchet »
Interdire l’obsolescence programmée et allonger les durées de
garantie légale des produits
Lutter contre la surproduction de déchets : interdire immédiatement
les plastiques à usage unique, remettre en place et généraliser les
consignes, développer les filières de réutilisation des matériaux et de
substitution aux matériaux carbonés
Créer un service public de la réparation et du réemploi, s’appuyant
sur des structures de l’économie sociale et solidaire, avec la mise en
place de formations pour les métiers concernés (secteurs de
l’électricité, de l’électronique, du bâtiment, du textile, etc.) pour
développer l’économie circulaire
Baisser la TVA sur les services de réparation
Rendre obligatoire l’écoconception des produits afin de limiter
l’utilisation de ressources non renouvelables
Généraliser au plus vite l’indice de durabilité des produits
(possibilité d’être réparé, durée de vie, etc.), rendre obligatoire la
disponibilité de pièces de rechange et empêcher la mise sur le marché de
celles qui auraient un score de durabilité insuffisant
Faire reculer la publicité dans l’espace public et à la télévision,
interdire la publicité des produits et services les plus émetteurs de
gaz à effet de serre sur tous les supports publicitaires, interdire le
dépôt de prospectus publicitaires commerciaux dans les boîtes aux
lettres, les panneaux publicitaires numériques et le démarchage
téléphonique commercial
Instaurer
la souveraineté alimentaire par l’agriculture écologique et
paysanne
Créer 300000 emplois agricoles pour instaurer une agriculture
relocalisée, diversifiée et écologique
Garantir des prix rémunérateurs aux producteurs par des prix
planchers pour les paysans, interdire les ventes à perte et mettre en
place une caisse de défaisance pour reprendre les dettes agricoles des
convertis au 100 % bio
Refondre la PAC (politique agricole commune) : engager la sortie du
système actuel des aides à la surface et les réorienter vers les
exploitations intensives en main-d’œuvre et écologiquement soutenables,
en prenant en compte les handicaps naturels et services rendus à
l’environnement
Réviser immédiatement le Plan stratégique national (document de
programmation budgétaire de la PAC) pour répartir plus justement les
aides et les orienter vers l’agriculture écologique et paysanne, avec
l’objectif d’atteindre 30% de la surface agricole utile en agriculture
biologique en 2030 et 100% en 2050
Conduire une réforme agraire pour maîtriser et réguler plus
efficacement le foncier et la production agricoles, voter une loi
d’orientation et de programmation agricole notamment pour faciliter la
récupération des terres disponible, encourager l’installation de
nouveaux agriculteurs et le développement d’exploitations à taille
humaine
Lutter contre l’artificialisation des sols pour empêcher la
disparition de surfaces agricoles utiles
Planifier la sortie progressive des engrais et de pesticides de
synthèse, interdire immédiatement les plus dangereux (glyphosate,
néonicotinoïdes), avec accompagnement financier si nécessaire
Instaurer des protections écologiques et sociales en fonction des
conditions de production et de rémunération du travail agricole
Encadrer les prix agricoles par des prix maximaux établis par un
coefficient multiplicateur à partir des coûts de production et limiter
les marges de la grande distribution, pour permettre à chacun de se
nourrir, tout en assurant des revenus dignes pour les paysans
Développer les circuits courts pour réduire la circulation des
marchandises et l’utilisation d’emballages
En finir avec la malbouffe
Créer un ministère de la Production alimentaire
Interdire d’urgence les additifs les plus controversés, limiter la
liste des additifs autorisés à ceux admis dans l’agriculture
biologique
Fixer des taux maximaux de sel, de sucre et d’acide gras saturés
dans les aliments transformés et garantir l’application de la loi y
compris dans les Outre-mer et rendre le nutri-score (étiquetage
nutritionnel) obligatoire pour en finir avec la désinformation de la
grande distribution
Interdire la publicité alimentaire sur tous les supports
(radiophonique, audiovisuel et électronique) à destination des enfants
et adolescents
Intégrer l’éducation à la nutrition dans les programmes scolaires,
de la maternelle au collège, en s’appuyant sur des ateliers
pratiques
Expérimenter une garantie universelle d’accès à des aliments choisis
comme premier jalon d’une « sécurité sociale de l’alimentation », afin
de permettre à chacune et à chacun d’accéder à des aliments, notamment
des fruits et légumes, de saison et bio, dans des magasins de proximité
publics ou associatifs
Garantir en permanence l’accès à cinq fruits et légumes de saison à
prix bloqués et réduire la TVA sur les produits bio
Porter progressivement l’alimentation dans la restauration
collective à 100 % local et biologique, réduire la part des protéines
carnées et y proposer une option végétarienne quotidienne
Développer des projets alimentaires territoriaux (PAT) élaborés de
manière collective avec les paysans, les habitants, les producteurs et
leurs organisations pour adapter la production alimentaire aux besoins
locaux et créer les outils nécessaires (magasins de producteurs,
ateliers de transformation, cuisine centrale…)
Socialiser les biens
communs fondamentaux
Garantir la gestion publique d’une liste des biens communs et
services essentiels établie par référendum
Créer un défenseur des biens communs chargé de produire et publier
un rapport annuel
Empêcher le droit de propriété privée de prévaloir sur la protection
de l’eau, de l’air, de l’alimentation, du vivant, de la santé et de
l’énergie
Prévenir et
lutter contre les pollutions et les dangers
Aider les victimes des pollutions et les lanceurs d’alerte sur la
base d’un fonds abondé par les productions polluantes
Redonner à l’État et aux collectivités locales les moyens humains et
financiers pour appliquer le triptyque « surveiller, contrôler,
sanctionner » et réguler face au libre marché
Revenir sur les affaiblissements des normes environnementales et des
mécanismes de participation publique décidés lors du précédent
quinquennat (décrets permettant aux préfets de déroger aux normes
environnementales, par exemple)
Établir un plan d’urgence pour la dépollution rapide des régions
durablement polluées en France, dont en priorité la Guadeloupe et la
Martinique victimes du chlordécone, prendre en charge le dépistage et le
traitement des maladies dues au chlordécone
Gérer les risques industriels avec la création d’une autorité de
sûreté indépendante des risques industriels, augmenter le nombre
d’inspecteurs des Installations classées pour la protection de
l’environnement (ICPE), augmenter le seuil de l’amende maximale pour les
ICPE à 500 000 euros (contre 15 000 euros actuellement), poursuivre
systématiquement les cas de non-respect des normes
Renforcer les moyens consacrés à la gestion des crises et des
risques environnementaux pour anticiper les effets du changement
climatique
Former l’ensemble des citoyens dans le cadre d’exercices annuels
obligatoires de sécurité civile, en matière sanitaire, nucléaire,
d’inondation ou de feux de forêt
Engager la sortie des activités dangereuses pour la santé et
l’environnement (comme les engrais à base de nitrate d’ammonium) et
permettre la reconversion des travailleurs vers des secteurs d’activité
utiles
Faire de l’eau un
enjeu central pour l’Humanité
Créer un haut-commissariat à l’eau
Organiser une gestion 100 % publique de l’eau dans le cadre d’un
service public décentralisé, articulé autour de régies publiques locales
ouvertes aux citoyens
Consacrer une « règle bleue » qui applique le principe de la « règle
verte » à l’eau (ne pas prendre à la nature davantage qu’elle ne peut
reconstituer) pour son usage et pour la protection de sa qualité
Inscrire l’accès à l’eau, son assainissement et le droit à l’hygiène
comme droit humain fondamental
Réprimer les coupures d’eau illégales en prévoyant des sanctions
dissuasives
Rendre effectif le droit à l’eau et à l’assainissement par la
gratuité des mètres cubes indispensables à la vie digne et par la
suppression de l’abonnement
Instaurer une tarification progressive et différenciée selon les
usages pour lutter contre les mésusages et les gaspillages
Mailler le territoire de fontaines à eau, de douches et de
sanitaires publics et gratuits
Renforcer les effectifs de la police de l’eau présente sur tous les
territoires pour contrôler plus strictement le captage par les
industries d’eau en bouteille, et empêcher toute pollution industrielle
ou agricole
Atteindre durant le mandat le très bon état écologique et chimique
de tous les cours d’eau (fleuves, rivières, ruisseaux) et réserves
souterraines
Systématiser le recours au fret fluvial dès que possible
Garantir le droit à
l’eau dans les Outre-mer
Garantir l’accès à l’eau courante potable à tous les habitants des
Outre-mer, quoi qu’il en coûte
Financer par l’État des travaux urgents de remplacement des
canalisations, notamment en Guadeloupe, sur l’adduction d’eau potable et
l’assainissement
Adopter la régie comme mode de gestion de l’eau et de
l’assainissement et prévoir des sanctions conséquentes lorsque les
délégataires, concessionnaires et fermiers ne remplissent pas leurs
obligations contractuelles, notamment en matière d’entretien des
réseaux
Déclencher, en cas de pénurie, un plan visant à la distribution de
bouteilles d’eau (plan ORSEC-eau) et plafonner leur prix dans tous les
endroits où le service public de l’eau potable et de l’assainissement
est défaillant
Annuler la dette citoyenne résultant du problème de facturation des
anciens opérateurs et/ou résultant d’impayés pour service non rendu et
cesser le recouvrement forcé de celle-ci
Garantir que ni la dette existante, ni les investissements à venir
des opérateurs de l’eau n’alourdiront la facture des usagers de
l’eau
Défendre la forêt,
poumon de la planète
Augmenter les moyens humains et financiers de l’Office national des
forêts et stopper sa privatisation pour lui permettre d’assurer ses
missions y compris d’accueil du public
Améliorer les conditions de travail des forestiers en appliquant
strictement le principe « à travail égal, salaire égal », en augmentant
les salaires des forestiers et en préservant le droit à la retraite
anticipée
Interdire les coupes rases sauf en cas d’impasse sanitaire
avérée
Inciter à la création de coopératives de petits producteurs et au
groupement de la gestion de parcelles forestières privées
Augmenter la part des forêts publiques, notamment par la création
d’un droit de préemption publique, la réquisition des parcelles
abandonnées et le classement dans le domaine public des forêts
domaniales
Reconstruire tout le secteur de la transformation du bois avec
l’objectif de diversifier les essences et de développer les circuits
courts, en mettant en place une formation professionnelle publique et en
rétablissant des scieries locales
Encadrer l’usage du bois dans la production d’énergie et favoriser
son usage soutenable dans la construction
Assurer une traçabilité complète des importations afin de bannir de
la commande publique celles liées à la déforestation et contraindre les
entreprises à exclure ces produits de leurs approvisionnements
Accroître la coopération internationale afin de lutter contre les
pratiques illégales qui détruisent les forêts (trafic de bois,
orpaillage et mines)
Favoriser la diversification en essences et en âges pour des forêts
résilientes au changement climatique
Renforcer les moyens humains et matériels de lutte contre les feux
de forêt
Rompre avec la maltraitance
animale
Interdire les fermes-usines
Limiter les temps de transport des animaux vivants
Interdire les pratiques cruelles : poules et lapins en batterie,
broyage des poussins, ablation de la queue, etc.
Interdire tous les élevages de production de fourrure, immédiatement
pour les élevages de visons
Déterminer de nouvelles normes pour améliorer les conditions
d’élevage : accès à l’air libre, pâturage, densité, surface minimale, et
organiser progressivement la sortie de l’élevage en cage avant la fin du
quinquennat, avec l’accompagnement financier nécessaire
Orienter la recherche vers des méthodes substitutives et éthiques
qui permettront de ne plus expérimenter sur les animaux
Interdire les pratiques de chasse et de «loisirs» cruelles pour les
animaux (déterrage, chasses à courre, corrida, combats de coqs,
spectacles incluant des animaux sauvages, etc.)
Instaurer des jours sans chasse les week-ends, les jours fériés et
durant les vacances scolaires
Sauver l’écosystème et la
biodiversité
Stopper l’étalement urbain : renoncer aux grands projets
d’infrastructures inutiles et écologiquement néfastes et aux projets
d’entrepôts géants, rapprocher les bassins de vie et les bassins
d’emploi, planifier le développement urbain et économique en fonction de
l’impératif de maintien de la biodiversité et de lutte contre
l’artificialisation
Interdire les dépôts de brevets sur des organismes vivants pour
empêcher l’appropriation d’espèces animales et végétales par des
entreprises privées
À l’échelle globale, refuser les organismes génétiquement modifiés
(OGM), mettre fin aux accords commerciaux internationaux dont les
conséquences affectent le climat et la biodiversité et contribuent à la
déforestation importée
En France, protéger concrètement les habitats et les espèces :
bannir les pesticides en commençant par les interdire autour des zones
habitées, gérer durablement l’eau (dépollution et régies publiques)
Protéger les mers et océans
Œuvrer à la création d’un droit international de la biodiversité
marine, notamment dans les grands fonds
Faire de la France le leader mondial de la recherche et de
l’éducation dans le secteur maritime
Créer un lycée de la mer dans chaque département maritime,
développer la formation professionnelle aux techniques de pêche
écologiques et durables
Gérer durablement la ressource via la pêche artisanale et
lutter contre les pratiques de pêche illégales ou destructrices
Défendre un moratoire sur les forages en Méditerranée et sur
l’extraction minière en eaux profondes comme demandé par l’Union
internationale pour la conservation de la nature (UICN)
Encadrer le prélèvement de sable marin pour le secteur de la
construction et lutter contre l’extraction illicite à l’échelle
nationale et internationale
Obtenir la reconnaissance internationale de l’espace maritime
français afin d’en assurer la préservation et augmenter les moyens de
surveillance de notre domaine maritime
Classer 30% du territoire maritime français en aire maritime
protégée, dont 10 % en protection forte, pour en faire de véritables
sanctuaires
Être
à la hauteur de la responsabilité maritime française
Développer les énergies marines renouvelables dans le cadre d’une
maîtrise publique des installations et réseaux. Nationaliser la branche
énergies marines d’Alstom cédée à General Electric et la branche
éolienne offshore d’Areva cédée à Siemens
Garantir la pérennité de la marine marchande française par un
développement industriel et des mesures anti-dumping social, fiscal et
écologique et la moderniser, notamment pour développer des propulsions
moins polluantes. Renforcer la recherche en matière de navigation de
commerce à la voile
Moderniser les infrastructures portuaires dans une logique
multimodale mer-rail-fluvial
Engager la construction sous maîtrise publique de navires
stratégiques (énergies maritimes renouvelables, surveillance du domaine
maritime, câbles sous-marins…)
Augmenter les moyens de l’Institut polaire Paul-Émile Victor,
engager un plan de rénovation et de modernisation des stations de
recherche en Antarctique, se doter d’un brise-glace en soutien à la
recherche océanographique
Les
points qui seront mis à la sagesse de l’Assemblée
Concernant la transition énergétique, le Parti communiste français
proposera une trajectoire qui combine les énergies renouvelables à
l’énergie nucléaire et ne s’associera pas à l’objectif 100 %
renouvelables et à l’abandon des projets d’EPR. Le Parti socialiste
proposera d’optimiser la durée de vie des centrales nucléaires, de
planifier les travaux permettant de prolonger leur exploitation, et de
le faire sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et du
Parlement. Le Parti socialiste et Europe Écologie-Les Verts soutiendront
la création d’un pôle public de l’énergie incluant EDF, Enedis, RTE,
GRT-Gaz et GRDF, mais ne soutiendront pas la renationalisation
d’Engie.
Europe Écologie-Les Verts proposera que le pôle public des transports
et de la mobilité favorise l’émergence d’acteurs coopératifs sur des
lignes abandonnées par les pouvoirs publics afin de renforcer le
maillage de lignes ferroviaires sur tout le territoire.
Europe Écologie-Les Verts proposera l’octroi d’une personnalité
juridique aux animaux et la reconnaissance de leurs droits
fondamentaux.
Le Parti socialiste et le Parti communiste français ne soutiendront
pas les propositions relatives à la chasse et à la corrida.
Le Parti socialiste proposera que l’objectif en 2050 soit de
convertir 100 % de la surface agricole utile à des pratiques
agroécologiques, sans se limiter au bio.
Par ailleurs, le Parti socialiste ne soutiendra pas l’encadrement des
prix agricoles par des prix maximaux, les nationalisations de la branche
énergies marines d’Alstom, de la branche éolienne offshore d’Areva et
d’Alcatel Submarine Network.
Chapitre 3
: Partage des richesses et justice fiscale
Instaurer
des protections sociales et écologique pour produire localement et
assurer notre indépendance
Relocaliser les productions essentielles à la vie de notre pays
Conditionner les aides aux entreprises au respect de critères
environnementaux et sociaux et de lutte contre les discriminations au
sein de l’entreprise. Permettre aux instances de
représentation des salariés d’assurer le contrôle du respect de ces
critères. Exiger le remboursement des aides en cas de non-respect des
contreparties
Adopter des mesures antidumping d’urgence sur les industries
stratégiques
Engager un plan de reconstruction industrielle pour mettre fin à la
dépendance de la France dans les domaines stratégiques
(semi-conducteurs, médicaments, etc.) et pour répondre aux enjeux
sociaux, environnementaux et d’indépendance économique (recyclage des
batteries, aciers nécessaires aux énergies renouvelables, aluminium,
etc.)
Réviser le Code des marchés publics pour favoriser les entreprises
sociales et solidaires, écologiques et locales
Faire l’inventaire et l’évaluation des accords déjà appliqués et
imposer le respect des normes sociales et écologiques pour la
commercialisation des produits importés en France
Exiger un dépôt de garantie préalable auprès de la Banque de France
en contrepartie d’un investissement étranger dans le pays
Revoir les avantages fiscaux sur l’épargne française investie à
l’étranger, et les supprimer hors de l’Union européenne, notamment pour
l’assurance-vie
Établir des critères de localisation de l’activité pour la commande
publique nationale et locale et pour l’accord des aides aux
entreprises
Soutenir les projets alternatifs portés par les salariés face aux
projets de fermetures ou délocalisations, notamment à travers le pôle
public bancaire
Renégocier le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et
le placer sous l’égide de l’ONU
Élargir le devoir de vigilance des multinationales au niveau
européen et garantir l’accès à des réparations pour celles et ceux dont
les droits ont été affectés par l’activité des entreprises et de leur
chaîne d’approvisionnement
Revenir
sur les privatisations et défendre notre outil industriel
Renationaliser les aéroports stratégiques, les autoroutes et la
Française des Jeux en organisant la participation des usagers aux
décisions et le droit d’intervention des salariés
Élargir le droit de réquisition de l’État pour les usines et
entreprises d’intérêt général en cas de nécessité sociale, sanitaire ou
écologique
Décréter un moratoire sur les partenariats publics-privés (PPP),
auditer ceux en cours
Créer une commission spéciale pour dresser le bilan des faveurs
fiscales, des privatisations et des abandons de fleurons comme Alstom,
Alcatel, EADS, depuis trois décennies
Poursuivre les atteintes au patrimoine industriel français faisant
partie des « intérêts fondamentaux de la Nation », comme le prévoit le
Code pénal
Interdire les licenciements boursiers
Interdire les licenciements économiques par les entreprises qui
versent des dividendes ou recevant des aides publiques
Repousser de deux ans le remboursement des prêts garantis par l’État
(PGE)
Créer un pôle public
bancaire
Former un pôle public bancaire grâce à la socialisation de certaines
banques généralistes, qui réorientera le crédit vers la bifurcation
écologique et sociale de la France et financera les très petites,
petites et moyennes entreprises sur des critères sociaux et
environnementaux (taux bonifiés…)
Permettre à la Banque publique d’investissement de se financer à
taux zéro auprès de la BCE et d’être éligible aux opérations de
refinancement à taux négatifs
Dépolluer les flux financiers aujourd’hui largement tournés vers les
investissements en direction des énergies fossiles (taxation, malus,
interdictions…)
Mettre
au pas la finance et définanciariser l’économie réelle
Instaurer une taxe significative sur les transactions
financières
Séparer les banques d’affaires et de dépôt
Identifier et interdire les produits dérivés toxiques et inutiles de
la finance, limiter les effets de levier et les rendements actionnariaux
exorbitants
Limiter les LBO (rachat d’une entreprise par une société qui recourt
à l’emprunt) aux seules procédures de reprises des entreprises par les
salariés
Accorder aux salariés un droit d’intervention sur la politique de
distribution des dividendes
Mettre fin à la cotation continue des entreprises en Bourse
Moduler les droits de vote des actionnaires selon la durée
d’engagement dans l’entreprise
Refuser le chantage à
la dette publique
Obtenir que la Banque centrale européenne (BCE) transforme la part
de dette des États qu’elle possède en dettes perpétuelles à taux
nul
Faire racheter par la BCE la dette publique qui circule sur les
marchés financiers
Réaliser un audit citoyen de la dette publique pour déterminer la
part illégitime
Retirer la dette Covid des comptes de la Sécurité sociale (Caisse
d’amortissement de la dette sociale)
Mettre en place une caisse de défaisance pour reprendre les dettes
privées asphyxiantes des TPE/PME contractées pendant la pandémie
Faire la révolution fiscale
Rendre l’impôt sur le revenu et la contribution sociale généralisée
(CSG) véritablement progressifs avec un barème à 14 tranches
Rétablir et renforcer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF),
incluant un volet climatique visant à taxer les gros pollueurs calculé
selon l’empreinte carbone des actifs détenus
Refonder l’impôt sur les sociétés pour établir l’égalité devant
l’impôt entre PME et grands groupes, instaurer un barème progressif en
fonction des bénéfices réalisés et selon leur usage, et favoriser
l’investissement plutôt que la distribution de dividendes
Création d’une caisse de péréquation inter-entreprises pour
mutualiser la contribution sociale entre petites et grandes
entreprises
Supprimer la flat tax et imposer les revenus du capital a minima
comme ceux du travail
Augmenter les droits de succession sur les plus hauts patrimoines en
comptabilisant l’ensemble des dons et héritages reçus tout au long de la
vie et créer un héritage maximal de 12 millions d’euros (soit 100 fois
le patrimoine net médian) et en supprimant les niches fiscales
permettant aux plus aisés d’échapper aux droits de succession
Réduire la TVA sur les produits de première nécessité, réinstaurer
une « TVA grand luxe »
Évaluer chacune des niches fiscales et supprimer les niches
injustes, inefficaces socialement ou nuisibles écologiquement ; pour les
niches restantes, transformer les « réductions d’impôts » en « crédits
d’impôts » afin que chacun puisse bénéficier à égalité de ces
incitations financières, quels que soient ses revenus
Instaurer un impôt universel sur les entreprises (basant leur
taxation sur l’activité effectivement réalisée en France) et sur les
revenus des particuliers dans les pays à fiscalité privilégiée pour
lutter contre l’évasion fiscale
Rétablir l’exit tax supprimée par Emmanuel Macron
Taxer les entreprises ayant profité de la crise sanitaire et des
conséquences de la crise ukrainienne et orienter les recettes vers les
investissements nécessaires et à la bifurcation écologique et
sociale
Refonder la taxe foncière pour la rendre progressive et pour que
chacun paie à hauteur de son patrimoine total réel
Mettre fin au quotient conjugal, système patriarcal favorisant les
inégalités salariales entre les femmes et les hommes, remplacer
l’injuste quotient familial fiscal actuel par un crédit d’impôt par
enfant que pourraient toucher toutes les familles
Faire de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales une
priorité : débloquer les moyens humains et financiers nécessaires et
prendre des initiatives en lien avec tous les pays décidés à mener cette
lutte
Mettre fin à la convention judiciaire d’intérêt public qui permet
aux entreprises de négocier leur sanction financière en cas de fraude
fiscale
Augmenter les poursuites judiciaires et durcir les sanctions à
l’encontre des délinquants en col blanc reconnus coupables de fraude
fiscale, et renforcer les effectifs de l’administration fiscale
Généraliser
l’économie sociale, solidaire et coopérative
Garantir l’accès de l’ESS au financement et aux marchés publics
Favoriser le développement des sociétés coopératives d’intérêt
collectif (SCIC) et les sociétés coopératives et participatives (SCOP)
de façon à développer des services communs dont la responsabilité est
partagée entre citoyens et usagers, salariés, partenaires publics et
privés
Redonner du pouvoir et des moyens aux associations citoyennes et aux
acteurs de l’éducation populaire, en finir avec la pratique du
financement par appel à projet
Développer les coopératives d’activités et d’emploi (CAE) afin de
lutter contre le statut d’auto-entrepreneur et développer des formes de
travail en commun
Éradiquer la pauvreté
Instaurer une garantie dignité qui ne laisse aucun individu sous le
seuil de pauvreté (1063euros par mois pour une personne seule)
Bloquer immédiatement les prix des produits de première nécessité
(essence, alimentation, énergie) et encadrer durablement les prix des
produits alimentaires de première nécessité
Atteindre l’objectif de zéro sans-abri : doublement des places
d’accueil (estimées aujourd’hui à 100 000) et simplification des
dispositifs
Automatiser le versement des aides et prestations sociales afin de
lutter contre le non-recours
Restructurer les emprunts des ménages surendettés, garantir à tous
l’accès effectif aux services bancaires de base et plafonner les frais
bancaires
Assurer la gratuité des protections périodiques
Construire l’autonomie des
jeunes
Créer une allocation d’autonomie pour les jeunes fixée au-dessus du
seuil de pauvreté (1063 euros pour une personne seule)
Instaurer une proposition d’« emploi jeune » d’une durée de cinq
ans, dans le secteur non marchand et public
Augmenter les indemnités de stage et négocier avec les branches
patronales les postes ouverts à stages, pour en finir avec la pratique
des CDD déguisés
Organiser, dès la première année du mandat, un débat sur
l’instauration d’une conscription citoyenne pour les femmes et les
hommes de moins de 25 ans, rémunérée au SMIC sur des tâches d’intérêt
général. Cette conscription citoyenne pourrait comporter un bilan de
santé, une évaluation des capacités d’écriture, lecture et calcul, avec
une mise à niveau si nécessaire, ainsi qu’une formation gratuite à la
conduite et le passage du permis de conduire pour chaque jeune. Ce débat
aboutira à un projet de loi soumis à l’Assemblée nationale
Garantir le droit au
logement
Interdire les expulsions locatives sans proposition de relogement
public
Mettre en place une garantie universelle des loyers créant un filet
de sécurité contre les impayés de loyers pour les locataires, comme pour
les propriétaires
Encadrer les loyers partout sur le territoire et à la baisse dans
les grandes villes, adopter un bouclier logement qui limite la part des
revenus consacrée à se loger
Construire 200000 logements publics par an pendant cinq ans aux
normes écologiques les plus ambitieuses
Réhausser le seuil minimal de logements sociaux par commune (loi
SRU) à 30 %, augmenter les sanctions contre les communes hors la loi et
ordonner aux préfets de se substituer systématiquement aux maires
défaillants
Imposer les hautes transactions immobilières spéculatives par une
taxe progressive pour financer la lutte contre le logement indigne
Rendre la rénovation des logements « passoires thermiques »
obligatoire avant toute mise en location
Lutter contre l’habitat indigne et insalubre : rendre obligatoire un
« permis de louer » dans toute la France (autorisation préalable
délivrée par les pouvoirs publics), lancer un grand plan de rénovation
des logements, utiliser le droit de préemption et garantir un relogement
décent et rapide des personnes mal logées
Rétablir les aides publiques pour les HLM, éviter les hausses de
loyers à la relocation et garantir le relogement à loyer constant dans
le cadre des réhabilitations ou reconstructions
Utiliser le droit de réquisition et les surtaxes pour lutter contre
les logements vacants, et les remettre en location
Imposer dans les constructions neuves que 100 % des logements soient
accessibles, comme le prévoyait la loi handicap de 2005
Lutter contre la spéculation sur le logement en limitant les
locations de courte durée (de type AirBnB) aux propriétaires-occupants
et pendant une période limitée
Lancer un plan d’urgence de prévention et d’éradication des punaises
de lits, avec la création de services publics locaux dédiés
Réviser les Plans de prévention des risques d’inondations à la
hauteur des nouvelles menaces et créer un Fonds d’aide à la
relocalisation des constructions menacées par les inondations et la
montée des mers
Revaloriser les aides personnelles au logement (APL) au regard de
l’inflation, revenir sur les réformes du quinquennat Macron et notamment
la coupe de 5 euros et renforcer les moyens dédiés à l’accompagnement
pour lutter contre le non-recours
Mettre le
numérique au service de l’intérêt général
Garantir le droit à un accès minimal gratuit à Internet et la
couverture numérique de tout le pays en très haut débit à coût
accessible d’ici 2025
Constitutionnaliser le droit au chiffrement des données et des
communications
Systématiser la publication en données ouvertes des informations
publiques détenues par les collectivités (démocratie ouverte)
Garantir le maintien de guichets, de personnels, et de formulaires
papier malgré la dématérialisation des services publics et la
transformation numérique des administrations, déployer un service public
de proximité pour accompagner les 20% de Français en difficulté avec le
numérique (illectronisme)
Garantir la souveraineté
numérique
Garantir la neutralité du Net, c’est-à-dire l’accès égal de chacun
et l’égalité de traitement
Passer sous contrôle public les infrastructures du numérique et des
télécommunications
Créer une agence publique des logiciels libres chargée de planifier
leur développement stratégique domaine par domaine en identifiant les
manques et en finançant les projets-clés
Généraliser l’usage des logiciels libres dans les administrations
publiques et l’Éducation nationale
Permettre à tous les citoyens et à toutes les entreprises l’accès à
des services et logiciels en ligne hébergés sur des serveurs français de
droit français
Abroger la loi «Lutte contre la manipulation de l’information »
Garantir l’hébergement des données des services publics français et
des entreprises essentielles sur des serveurs de droit français situés
en France
Défendre une gouvernance mondiale d’Internet en établissant une
agence consacrée à l’ONU
Renforcer l’excellence française dans le virtuel, soutenir les
créations françaises
Créer un centre national du jeu vidéo et développer une filière
publique de formation dans ce domaine
Créer la mission nationale de maîtrise de l’intelligence
artificielle
Créer une fonderie française pour microprocesseurs
Nationaliser Alcatel Submarine Networks
Réduire l’impact écologique du numérique (réglementations sur
l’obsolescence programmée, politiques incitatives sur le low-code,
indice carbone sur le Web, indication de l’empreinte environnementale
basée sur l’analyse du cycle de vie…)
Baisser la production de chaleur et la consommation électrique des
data centers et soumettre ceux-ci à une autorisation de
construction
Relancer le projet de taxation des GAFAM visant à augmenter la
contribution des grands groupes au financement de la création de
contenus en ligne
Les
points qui seront mis à la sagesse de l’Assemblée
Europe Écologie-Les Verts et le Parti socialiste soutiendront la
constitution d’un pôle public bancaire mais ne souhaitent pas de
nationalisations de banques généralistes, et proposeront que les
propositions relatives à l’hébergement des données s’appliquent au
niveau européen plutôt que français.
Le Parti socialiste proposera de mettre en oeuvre une politique
publique de prévention des expulsions à travers le renforcement des
aides au logement des locataires, l’indemnisation des bailleurs le temps
de trouver des alternatives à l’expulsion, le renforcement de
l’accompagnement administratif et juridique et l’abondement et la
simplification du fonds de solidarité logement et le fonds
d’indemnisation des bailleurs.
Europe Écologie-Les Verts n’est pas favorable à un impôt universel
basé sur la nationalité mais souhaite rendre progressive l’imposition
des revenus français pour les Français de l’étranger afin de lutter
contre les discriminations fiscales dont souffrent certains d’entre eux
et contre l’évasion fiscale.
Le Parti communiste français proposera de remplacer la CSG par des
cotisations sociales plutôt que de la rendre progressive ainsi que de
maintenir le principe du quotient familial fiscal et ne soutiendra pas
la création d’emplois jeunes à durée limitée.
Europe Écologie-Les Verts considère que la lutte contre le dumping et
pour le respect des normes sociales et écologiques sont des combats qui
doivent être menés en priorité à l’échelle européenne.
Chapitre
4 : Services publics : santé, éducation, culture, sport
Faire
passer la santé d’abord et reconstruire les établissements de santé
publics, notamment les hôpitaux
Reconstruire le service public hospitalier
Instaurer le «100% Sécu» en remboursant à 100% les soins de santé
prescrits et en intégrant les complémentaires santé dans la Sécurité
sociale
Rouvrir des services d’urgences, des maternités et des EHPAD publics
assurant un service de santé public de proximité à moins de trente
minutes de chaque Français
Sortir du tout T2A (tarification à l’activité) et de la politique du
chiffre qui met les établissements hospitaliers en situation de conflits
d’intérêt avec la Sécurité sociale
Engager un plan pluriannuel de recrutement et de pré-recrutement des
professionnels du soin et du médico-social (médecins, infirmiers,
aides-soignants et personnels administratifs), revaloriser les métiers
et les revenus et augmenter les capacités d’accueil des établissements
de santé publics, notamment les hôpitaux
Actionner tous les leviers pour combattre les déserts médicaux :
création de centres de santé pluridisciplinaires publics et embauche de
médecins salariés, augmentation des moyens des facultés de médecine pour
permettre une véritable suppression du numerus clausus, mobilisation de
la médecine libérale et hospitalière, coopératives médicales,
conventionnement sélectif, obligation temporaire d’installation,
etc.
Développer la santé environnementale : faire du plan national santé
environnement (PNSE) un moyen d’éradiquer les maladies chroniques liées
à la pollution de l’air, à la malbouffe et à l’exposition aux pollutions
dans un cadre professionnel (pesticides, radioactivité, amiante,
produits chimiques)
Mettre fin à l’épidémie de VIH en France en 2030 par un grand plan
national de dépistage et de traitement
Faire de la santé mentale une grande cause du quinquennat :
renforcer les moyens des centres médico-psychologiques (CMP) et des
structures dédiées au handicap psychique, et augmenter le nombre de
places en faculté de médecine dans la filière psychiatrique
Protéger la recherche en santé de la finance
S’organiser pour faire
face aux pandémies
Adopter un plan de prévention et d’adaptation aux pandémies
respectueux des libertés fondamentales, basé sur la société du
roulement, la souveraineté, la planification sanitaire et des politiques
d’« aller vers » qui favorisent l’accès à la vaccination
Abroger les lois sur l’état d’urgence sanitaire et le passe
sanitaire et le remplacer par un nouveau dispositif de gestion des
crises sanitaires discuté au Parlement
Prévoir la levée des brevets sur les médicaments et les équipements
nécessaires à une réponse sanitaire urgente, rendre obligatoire le
partage de connaissances, de compétences et de technologies en vue d’une
production massive et équitablement répartie des biens médicaux de
première nécessité
Réquisitionner temporairement les entreprises indispensables à la
production de matériel sanitaire (masques, tests, purificateurs) et de
secours
Assurer notre souveraineté sanitaire en développant des filières de
production de médicament et équipements médicaux
Faire un pôle public du médicament qui devra :
Assurer une relocalisation de la production de médicaments et des
vaccins nécessaires à la souveraineté sanitaire
Garantir l’approvisionnement d’une réserve stratégique
Assurer le contrôle des prix sur l’ensemble des produits de santé et
communiquer sur leurs coûts réels
Permettre la transparence sur le financement de la recherche et du
développement
Mettre en place une conditionnalité des aides perçues par les
entreprises privées pour la recherche de vaccins et médicaments
Produire et diffuser massivement les vaccins et traitements passés
sous licence d’office
En finir avec l’abandon
des Outre-mer
Engager un plan pluriannuel d’investissement et de développement des
services publics (transports, éducation, santé, logement, culture), dont
la possibilité a été dessinée dans les propositions des mouvements
sociaux notamment en Guyane et à Mayotte
Assurer la continuité territoriale (desserte de service public à
tarifs réglementés) et le désenclavement intraterritorial (en Guyane
notamment, sans destruction de la forêt primaire) et
extraterritorial
Garantir l’accueil scolaire et la santé publique gratuite pour
tous
Soutenir l’enseignement des langues et des cultures d’Outre-mer, et
intégrer dans les programmes scolaires nationaux, en France hexagonale
et Outre-mer, l’enseignement de l’histoire des Outre-mer
Mettre en place un encadrement des prix sur les produits de première
nécessité pour lutter contre la vie chère
En finir avec les discriminations affectant la population locale
dans le recrutement de la fonction publique
Élaborer avec les assemblées locales des plans d’action contre le
chômage des jeunes, en favorisant notamment la relocalisation de
l’économie
Proposer des sessions de formation (histoire, géographie, culture et
enjeux locaux) pour les fonctionnaires non originaires des
Outre-mer
Engager un plan de rattrapage spécifique pour la protection de
l’enfance dans les Outre-mer : doter chaque collectivité de structures
de protection de l’enfance et de protection maternelle et infantile
adaptées, recruter du personnel et le former aux problématiques
locales
Développer
un service public des arts et de la culture
Porter le budget consacré à l’art, à la culture et à la création à
1% du PIB par an
Restaurer un service public de la culture ambitieux pour les acteurs
culturels et le public
Reprendre les grands travaux culturels pour mettre un terme aux
inégalités territoriales en matière de structures de création,
d’enseignement, de diffusion et de mémoire artistique et culturelle
Étendre la gratuité dans tous les musées et monuments publics,
encadrer à la baisse les tarifications dans l’offre publique comme
privée (cinéma, salles de concerts, etc.)
Créer une médiathèque publique en ligne gratuite regroupant les
œuvres tombées dans le domaine public et une proposition d’œuvres
récentes programmées temporairement sur la base de Gallica
Soutenir la création et l’appropriation par tous des œuvres et
pratiques culturelles, en revalorisant l’éducation artistique à l’école,
les conservatoires, l’éducation populaire et la place de la culture dans
les comités d’entreprise
Revenir sur les privilèges fiscaux excessifs liés au mécénat
culturel
Améliorer le régime des intermittents du spectacle sur la base du
socle commun de revendications du mouvement des occupations de théâtres
de 2021 et l’étendre aux autres professions culturelles et
événementielles discontinues, comme les «extras» de
l’hôtellerie-restauration et les guides-conférenciers
Créer un Centre national des artistes-auteurs qui organisera des
élections professionnelles afin de concevoir un régime de protection
sociale adapté à ces professions
Harmoniser les statuts des personnels enseignants artistiques et
réorganiser la filière de la recherche artistique au travers de
l’enseignement supérieur
Lancer un plan de formation et de recrutement d’emplois culturels de
proximité, notamment à destination des jeunes
Investir dans la
recherche et les sciences
Porter le financement de la recherche publique à 1,5% du PIB d’ici
2027
Financer des plans généraux de thèmes de recherche sur des secteurs
d’avenir
Rehausser le niveau d’investissement public dans la recherche
Bâtir un statut protecteur pour les jeunes chercheurs
Développer des universités plus ouvertes sur la société avec des
services dédiés chargés d’organiser le lien entre les chercheurs et la
population, dans un esprit de diffusion des savoirs et de réflexion
citoyenne sur leur usage
Organiser le dialogue entre sciences et société : débats citoyens,
diffusion de programmes scientifiques sur les chaînes publiques
Créer un service public de la publication scientifique avec des
licences ouvertes pour permettre aux citoyens et universités d’accéder
gratuitement aux articles des chercheurs sans enrichir les revues et
bases de données privées
Renforcer les grands instituts publics de recherche (CNRS, Inserm,
Inra, etc.), garants des recherches d’intérêt général et supprimer
l’Agence nationale de la recherche
Participer à l’émergence de revues scientifiques francophones en
accès libre
Remplacer le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de
l’enseignement supérieur par une évaluation des formations et unités de
recherche faite en concertation entre les différents acteurs de la
recherche dans le cadre du Conseil national de l’enseignement supérieur
et de la recherche (CNESER) et du Conseil national des universités
(CNU)
Promouvoir une charte éthique internationale de l’usage des
technosciences
Assurer l’autonomie de la recherche fondamentale et la pérennité du
financement de la recherche en mettant fin aux pratiques systématiques
d’appel à projet
Libérer le sport et
les corps de l’argent
Agir pour la création d’une association sportive dans tous les
établissements scolaires du premier degré pour rendre gratuite et
accessible la pratique d’une activité physique encadrée par des
enseignants et des éducateurs
Aller vers quatre heures d’EPS dans les cursus scolaires
Augmenter la taxation sur les retransmissions sportives à la
télévision pour contribuer au financement du sport amateur
Démocratiser la gestion des fédérations sportives et assurer la
souveraineté des licenciés sur leur fédération, en encourageant des
modes d’organisation plus coopératifs (type SCIC)
Rembourser le sport santé, ou « sport sur ordonnance », grâce à la
Sécurité sociale
Généraliser l’activité physique adaptée dans les établissements
médico-sociaux
Rendre effectif le droit à l’apprentissage de la natation dans le
cadre scolaire pour toutes et tous
Promouvoir le sport féminin, instaurer la parité dans la
retransmission télévisuelle des grands événements sportifs et les rendre
accessibles sur des chaînes publiques
Renforcer l’accessibilité aux équipements sportifs des personnes en
situation de handicap et la visibilité des événements de
handisports
Reconnaître la spécificité des sourds et malentendants dans les
compétitions sportives olympiques
Redéployer et renforcer les conseillers techniques et sportifs (CTS)
sur tout le territoire
Mettre en place un plan national d’urgence pour la construction et
la rénovation des équipements sportifs
Favoriser la gratuité des activités sportives pour les populations
les plus pauvres avec une prise en charge à 50 % des licences sur
critères sociaux par l’État
Organiser la mise en place réelle, à la fois contrôlée et évaluée,
d’un plan d’action, de formation et de sensibilisation sur les violences
sexuelles, le harcèlement et les LGBT-phobies dans le sport
Réactiver l’Instance nationale du supportérisme
Éradiquer
l’illettrisme et développer l’alphabétisation
Éradiquer l’illettrisme pour les jeunes sortis du système scolaire
et les adultes à l’horizon 2027
Développer les structures d’alphabétisation et les cours de langue
française pour les personnes non francophones
Engager un plan de lutte contre l’illettrisme en milieu
carcéral
Financer des programmes associatifs d’accompagnement
Repérer les personnes en situation d’illettrisme par des actions
nationales et annuelles, et leur proposer une remise à niveau
gratuite
Faire le service
public de la petite enfance
Créer un service public de la petite enfance et ouvrir 500 000
places en crèche et modes de garde adaptés sur cinq ans, en assurant
l’égalité territoriale et la possibilité pour chaque famille d’accéder à
un mode de garde
Planifier la création de crèches (publiques et d’entreprises
publiques) et de jardins d’enfants à effectifs réduits garantissant un
accès à un espace extérieur contenant une vraie végétation
Augmenter les moyens humains et matériels pour améliorer les
conditions de travail dans les structures existantes
Aller vers la gratuité des crèches publiques en commençant par
généraliser la tarification progressive
Reconstruire
une école globale pour l’égalité et l’émancipation
Assurer la gratuité réelle de l’éducation publique, y compris le
transport et les activités périscolaires, fournir gratuitement aux
élèves les manuels scolaires, ainsi que des fournitures sans marque,
pour assurer une réelle égalité des conditions entre élèves et lutter
contre l’intrusion marchande à l’école
Aller vers la gratuité des cantines scolaires en lien avec les
collectivités locales
Assurer l’égalité devant l’école :
Réduire partout les effectifs par classe pour faire mieux que la
moyenne européenne, qui est actuellement à 19 élèves par classe, en
priorisant les classes de pré-élementaire, les lycées professionnels et
les établissements relevant de l’éducation prioritaire
Permettre la scolarisation dès 2 ans pour les parents qui le
souhaitent
Objectif «zéro décrocheur » : renforcer les dispositifs de
rattrapage scolaire en proposant des accompagnements collectifs et
individuels adaptés. Rétablir les RASED dans le premier degré
Établir une nouvelle carte scolaire intégrant les établissements
privés, et une carte de l’éducation prioritaire qui réponde aux besoins
éducatifs et mette fin à la ségrégation scolaire, en concertation avec
les collectivités, syndicats et associations de parents d’élèves
Moduler le financement des établissements privés sous contrat en
fonction de leur respect de la carte scolaire et des obligations de
mixité scolaire
Étendre la scolarité obligatoire à 18 ans, en proposant, si
nécessaire, une garantie d’autonomie à partir de 16 ans
Garantir la variété des langues vivantes enseignées et leur
apprentissage dès le CP
Augmenter le nombre de classes pour les élèves primo-arrivants
Revaloriser les personnels de l’Éducation nationale et renforcer les
moyens :
Rattraper et mettre fin au gel du point d’indice, revaloriser les
grilles salariales en engageant une négociation avec les organisations
syndicales
Adopter un plan pluriannuel de recrutement pour l’ensemble des
concours, avec un dispositif de prérecrutement au métier d’enseignant
favorisant l’accès des jeunes de tous les milieux sociaux, créer des
écoles professionnelles de l’enseignement
Renforcer partout les effectifs de la vie scolaire et reconnaître
leur rôle pédagogique (assistants d’éducation, assistants
pédagogiques)
Mettre fin aux évaluations et aux contrôles permanents en affirmant
la liberté pédagogique, redéfinir les relations entre la hiérarchie et
les personnels pour en finir avec le management descendant à l’origine
de nombreuses souffrances au travail
Créer un véritable service public d’accompagnement des élèves en
situation de handicap, avec un nouveau corps de fonctionnaires, en
formant et titularisant les actuels AESH (accompagnants des élèves en
situation de handicap)
Mettre en place une aide administrative et éducative aux directeurs
d’école et améliorer le mode de décharge d’enseignement pour tous les
directeurs d’écoles maternelle et élémentaire
Renforcer la médecine scolaire en garantissant le nombre de
personnels par établissement
Restaurer le cadre national du service public d’éducation :
Garantir le caractère unifié du service public de l’éducation
nationale sur les contenus d’enseignement, les modalités de recrutement
et les statuts des personnels
Rétablir le diplôme national du baccalauréat, abroger les contre
réformes Blanquer du lycée et de la voie professionnelle
Abroger la loi Carle, qui oblige les mairies à financer les écoles
privées d’autres communes
Interdire les subventions extralégales des collectivités
territoriales à l’école privée
Faire de l’école le levier de la bifurcation écologique et
démocratique :
Intégrer l’enjeu écologique dans les programmes de la maternelle au
lycée et introduire de nouveaux enseignements pratiques (réparation,
construction, cuisine, jardinage…)
Porter l’alimentation dans les cantines scolaires à 100% biologique
et locale, réduire la part des protéines carnées au profit des protéines
végétales et imposer une option végétarienne quotidienne
Construire de nouveaux établissements et rénover le bâti existant
afin de prendre en compte les enjeux sanitaires et environnementaux
(désamiantage notamment)
Étendre le droit de réunion et d’association pour les lycéennes et
lycéens
Renforcer l’éducation à l’égalité, contre le sexisme et les
discriminations, dans les programmes scolaires
Renforcer la prévention contre le harcèlement scolaire et la lutte
contre les addictions
Formuler un projet « d’école globale » : rendre cohérent scolaire et
périscolaire
Qualifier tout le monde
Augmenter le nombre de classes et de lycées professionnels et
agricoles publics
Créer des centres polytechniques professionnels, associant des
formations publiques allant du certificat d’aptitude professionnelle
(CAP) au brevet de technicien supérieur (BTS)
Rétablir l’encadrement de la création de centres de formation des
apprentis (CFA) sous l’autorité des régions
Interdire les diplômes privés professionnels, assurer la
reconnaissance des diplômes et des formations qualifiantes dans les
conventions collectives
Rétablir le baccalauréat professionnel en quatre ans et y renforcer
les enseignements généraux
Protéger les cursus courts dans l’enseignement supérieur et
encourager la poursuite d’études après un bac professionnel ou
technologique (BTS, DUT, licences professionnelles…)
Structurer les filières professionnelles qui répondent aux besoins
en main-d’œuvre de la bifurcation écologique et sociale
Redonner et développer les moyens humains et financiers de formation
aux lycées agricoles publics
Permettre l’accès et la gratuité des places d’internat aux étudiants
et apprentis mineurs sous condition de ressources et pour les plus
éloignés des lieux d’apprentissage
Réinstaurer un service public national de l’orientation en y
associant les régions
Réserver la taxe d’apprentissage aux établissements publics
Refonder l’enseignement
supérieur
Supprimer la sélection à l’université aggravée par Parcoursup
Créer des nouvelles places pour répondre aux besoins, en particulier
en première année et dans les formations courtes de l’enseignement
supérieur
Instaurer la gratuité de l’enseignement supérieur, de la licence au
doctorat
Abroger l’augmentation des frais d’inscription décidée par Macron
pour les étudiants étrangers
Redonner à l’enseignement supérieur et à la recherche les moyens
nécessaires en les fondant sur des financements pérennes et une
augmentation pérenne du budget des universités et des centres de
recherche
Recruter 30 000 personnels statutaires dans l’enseignement supérieur
et la recherche en cinq ans et revaloriser tous les personnels, y
compris techniques et administratifs
Mettre fin à la précarité des personnels de l’enseignement supérieur
par la titularisation de ceux qui effectuent des missions pérennes et en
abrogeant la loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à
2030
Remplacer les lois relatives aux libertés et responsabilités des
universités (LRU) et Fioraso pour en finir avec la mise en concurrence
des universités, rétablir le cadre national des diplômes, des
recrutements et une véritable démocratie universitaire
Mettre en place un service de santé universitaire doté d’effectifs
suffisants permettant l’accès gratuit à la santé, à la prévention et à
un accompagnement psychologique
Aligner par le haut les moyens octroyés entre filières (classes
préparatoires, écoles post-bac liées aux formations sanitaires et
sociales, grandes écoles publiques…)
Interdire le caractère lucratif des écoles privées de l’enseignement
supérieur
Lancer un grand plan pour l’immobilier universitaire, incluant la
construction et la rénovation de laboratoires, d’amphithéâtres et lieux
de vie sociale, citoyenne et étudiante
Construire 15 000 logements étudiants supplémentaires par an,
rénover et remettre aux normes de sécurité et environnementales les
logements existants
Les
points qui seront mis à la sagesse de l’Assemblée
Le Parti socialiste et Europe Écologie-Les Verts soutiendront le
remboursement à 100 % des soins prescrits mais proposeront que cela se
fasse sans intégration des complémentaires santé dans la Sécurité
sociale. Le Parti communiste français souhaite que les complémentaires
santé puissent se concentrer sur des missions de prévention et de
gestion de centres de santé.
Ils soutiendront la ratification de la Charte européenne des langues
régionales et minoritaires, la co-officialisation des langues régionales
et l’enseignement bilingue et immersif des langues régionales et le rôle
de service public des réseaux associatifs pleinement reconnus.
Europe Écologie-Les Verts défend une réforme de l’Agence nationale de
la recherche fondée sur une logique de coopération plutôt que de
compétition entre instituts de recherches, universités incluses, et
renforçant la part des crédits récurrents délaissée au profit des appels
à projets.
Le Parti socialiste ne soutiendra pas l’interdiction des subventions
extralégales des collectivités à l’enseignement privé, notamment pour le
périscolaire, ainsi que l’abrogation des lois relatives aux libertés et
responsabilités des universités (LRU) et Fioraso et du principe
d’autonomie des universités.
Chapitre 5 : 6e
République et démocratie
Permettre l’intervention
citoyenne
Instaurer le Référendum d’initiative citoyenne (RIC)
Démocratiser le suffrage : donner le droit de vote à 16 ans,
reconnaître le vote blanc, instituer le droit de vote des résidents
étrangers aux élections locales
Reconnaître un droit de pétition numérique, encadré par la
Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL),
permettant de faire inscrire une proposition de loi à l’ordre du jour
des assemblées, et abaisser les seuils de recevabilité
Instaurer une procédure de parrainages citoyens pour l’élection
présidentielle en alternative aux 500 parrainages d’élus
Présenter systématiquement au bureau de l’Assemblée nationale les
propositions émises par les citoyens dans le cadre de conventions
citoyennes ou d’assemblées créées à cet effet
Rendre obligatoire le recours au référendum en cas de modification
de la Constitution
Donner à la Corse le statut garanti par l’article 74 de la
Constitution
Défendre la commune comme l’échelon de base de la démocratie et de
la citoyenneté
Rendre effectif le principe du non-cumul des mandats et des
indemnités (un seul mandat exécutif au même moment, sauf pour les
intercommunalités, deux mêmes mandats consécutifs maximum)
Revenir sur les peines infligées à des citoyens, syndicalistes,
militants écologistes, politiques, associatifs et Gilets jaunes qui ont
exercé leur droit de manifester à travers une loi d’amnistie
Pour faciliter l’entrée et la sortie du mandat, mettre en place un
statut de l’élu avec des garanties de formation et d’emploi pour une
assemblée plus représentative du peuple
Imposer et faire appliquer la parité au sein du Gouvernement, du
Parlement et des binômes des collectivités
Passer
à la 6e République et en finir avec la monarchie présidentielle
Passer à la 6e République qui soit un régime parlementaire stable,
avec une nouvelle constitution adoptée par référendum
Faire élaborer les modalités de passage à la 6e République par
l’Assemblée nationale (Constituante, Convention citoyenne, élection,
tirage au sort, forums citoyens, etc.)
Élire l’Assemblée nationale au scrutin proportionnel et revoir le
calendrier électoral pour dissocier les élections législatives de
l’élection présidentielle
Permettre au Parlement de réellement contrôler l’action de
l’exécutif, notamment en abolissant les procédures qui brident les
droits du Parlement, comme les votes bloqués, l’article 49.3 de la
Constitution et les réserves de vote
Renforcer les pouvoirs de contrôle du Parlement, notamment
concernant les opérations extérieures
Proposer la modification de l’article 1er de la Constitution : « La
France est une République indivisible, laïque, démocratique, sociale et
écologique »
Mettre
en place un plan de séparation de la finance et de l’État
Combattre l’influence des lobbys dans le débat parlementaire :
interdire leurs cadeaux aux parlementaires, aux membres du gouvernement
et à leurs cabinets et rendre obligatoire la publication des rendez-vous
des principaux décideurs publics avec des représentants d’intérêts
Prévoir des peines d’inéligibilité pour toute personne condamnée
pour corruption
Durcir les règles contre les conflits d’intérêts et interdire le
pantouflage : tout haut fonctionnaire souhaitant travailler dans le
privé lucratif devra démissionner de la fonction publique et rembourser
le prix de sa formation s’il n’a pas servi au moins dix ans, et allonger
à dix ans les périodes d’interdiction d’exercice d’une fonction privée
après avoir exercé en tant qu’agent dans la fonction publique relative
au même secteur
Supprimer le monopole du déclenchement de poursuites judiciaires par
la seule administration fiscale pour toutes les affaires en cas de
fraude, quelle qu’elle soit : la justice doit pouvoir enquêter
librement, même contre l’avis du ministre
Organiser des élections professionnelles pour les chefs d’entreprise
dont les résultats détermineront la représentativité de chaque
organisation, comme c’est le cas pour les syndicats de salariés
Engager une réforme globale du financement de la vie politique
Cesser de sous-traiter la conception et l’évaluation des politiques
publiques à des cabinets de conseils privés
Abolir la réforme Macron du corps préfectoral et diplomatique
Garantir la
liberté de conscience et la laïcité
Défendre la République indivisible, laïque, universelle,
démocratique, sociale et écologique
Protéger la liberté de conscience et d’expression, combattre tous
les communautarismes et l’usage politique des religions
Refuser l’attribution du titre de chanoine de Latran au président de
la République
Interdire la présence aux cérémonies religieuses de ministres,
préfets et maires dans l’exercice de leurs fonctions, à l’exception de
cas où ces personnes souhaitent exprimer la solidarité de la République
à l’égard d’un culte suite à un événement de nature exceptionnelle de
par son ampleur ou sa gravité
Abroger le concordat d’Alsace Moselle et les divers statuts
spécifiques en vigueur dans les Outre-mer et refuser les financements
publics pour la construction de nouveaux édifices religieux, dédiés aux
activités cultuelles ou d’établissements confessionnels
Rétablir et augmenter les moyens et l’autonomie de la Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires
(Miviludes)
Engager un vaste plan de formation des fonctionnaires à la laïcité,
aux principes juridiques de la loi de 1905, renforcer la pédagogie de la
laïcité dans l’Éducation nationale
Garantir la possibilité d’un accès effectif à l’école publique
laïque pour chaque commune du pays
Démocratiser
les médias et adopter une loi anti-concentration
Adopter une loi anti-concentration dans les médias et engager leur
démocratisation
Créer un Conseil national des médias regroupant notamment l’actuelle
ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et
numérique), en associant des représentants des professionnels du secteur
et des usagers, chargé notamment de contrôler le respect de la loi
anti-concentration et de garantir le pluralisme et la qualité
Transformer le «Conseil de déontologie des médias» en véritable
pouvoir citoyen
Protéger le secteur des intérêts financiers et politiques par un
renforcement du statut juridique des rédactions, l’introduction d’une
charte déontologique dans la convention collective, et donner un droit
d’agrément aux rédactions face à l’entrée d’un nouvel actionnaire
Favoriser les coopératives de journalistes, travailleurs des médias
et de lecteurs/spectateurs/auditeurs, attribuer des fréquences aux
médias locaux et associatifs
Mutualiser les outils de distribution (imprimeries, serveurs,
distribution)
Réserver les aides publiques à la presse aux seuls médias
d’information en les conditionnant au respect du droit social et des
conventions collectives, à l’égalité salariale entre les femmes et les
hommes et à la mise en place de cellules de signalement des violences
sexistes et sexuelles
Exclure des aides publiques les médias condamnés pour incitation à
la haine ou atteinte à la dignité des personnes
Faire valider par le Parlement les présidents de France Télévisions
et de Radio France et intégrer dans le cahier des charges de Radio
France et France Télévisions des obligations de traitement des
actualités des outre-mers à des horaires d’écoute standards
Assurer une protection des sources et des lanceurs d’alerte, sans
les obliger à saisir leur employeur en premier lieu
Maintenir la redevance comme financement dédié, affecté et
dynamique, en la rendant progressive pour plus de justice fiscale et en
l’augmentant pour atteindre un budget comparable aux autres pays
européens
Interdire les sondages dans les jours précédant les élections,
lancer une commission d’enquête parlementaire sur les sondages
(méthodologie, publication, financement)
Les
points qui seront mis à la sagesse de l’Assemblée
Europe Écologie-Les Verts est favorable à l’élection au suffrage
universel direct et proportionnel des intercommunalités et des
départements.
La France insoumise proposera d’abroger le concordat d’Alsace Moselle
et les divers statuts spécifiques en vigueur dans les Outre-mer. Le
Parti communiste français proposera que cette sortie s’engage à travers
un processus négocié. Le Parti socialiste proposera qu’une mission
d’information parlementaire soit menée à ce sujet soit menée à ce sujet
dans le cadre d’un plan d’action pour promouvoir et défendre la
laïcité.
Le Parti socialiste proposera que l’Assemblée nationale soit élue à
un scrutin à dominante proportionnelle et que la loi d’amnistie ne
s’applique qu’aux personnes qui ont exercé leur droit de manifester sans
violence et dans le cadre légal.
Le Parti communiste français ne soutiendra pas le droit de vote à 16
ans. Il n’est pas favorable à l’octroi à la Corse du statut prévu par
l’article 74 de la Constitution.
Chapitre 6 : Sûreté et
justice
Assurer un
meilleur accès de toutes et tous à la justice
Augmenter les moyens de la justice, recruter et former davantage de
fonctionnaires : magistrats, greffiers, agents de la protection
judiciaire de la jeunesse et de l’administration pénitentiaire
Augmenter l’aide juridictionnelle et veiller au retour des tribunaux
de proximité
Mettre fin à la disparition progressive des jurés populaires,
supprimer les cours criminelles sans jurés et expérimenter les jurés
dans les tribunaux correctionnels
Renforcer les droits de la défense, inscrire le droit à une défense
dans la Constitution, renforcer la place de l’avocat
Garantir la gratuité des procédures les plus courantes (le divorce,
par exemple)
Élaborer une
politique de justice efficace
Présenter régulièrement au Parlement, pour débat et vote, un texte
d’orientation de la politique pénale
Renforcer l’indépendance de la justice, notamment du parquet,
vis-à-vis de l’exécutif : interdire les remontées d’information
individuelles sauf lorsqu’elles appellent à une intervention directe de
l’exécutif en matière d’ordre public (le terrorisme, par exemple),
aligner le statut des procureurs et leurs règles de nomination sur celui
des magistrats du siège
Respecter la dignité et les droits des personnes privées de liberté
: en finir avec la surpopulation carcérale, rénover l’ensemble des
structures pénitentiaires et de rétention, développer les peines
alternatives, assurer aux personnes détenues les moyens de se réinsérer,
notamment en augmentant les moyens et effectifs des services
pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP)
Lutter contre la délinquance financière : doubler les effectifs des
services qui luttent contre les infractions financières, supprimer
réellement le verrou de Bercy, donner plus de moyens humains aux
brigades en charge de la délinquance financière, augmenter le nombre de
juges d’instruction et supprimer la convention judiciaire d’intérêt
public
Lutter contre l’impunité des agresseurs sexuels et la
correctionnalisation des viols en les considérant systématiquement comme
des crimes
Donner les moyens d’une justice pénale environnementale efficace,
punir les pollutions industrielles et appliquer strictement le principe
pollueur-payeur
Supprimer la cour de justice de la République
Renforcer les moyens de la Commission nationale informatiques et
libertés pour permettre l’application stricte du règlement général sur
la protection des données (RGPD)
Donner plus de moyens au Défenseur des droits
Déployer une
nouvelle stratégie antiterroriste
Faciliter les poursuites contre les entreprises ou associations en
cas d’activités illicites ou de fraude fiscale permettant le financement
du terrorisme, instaurer comme peine principale la déchéance des droits
civiques des personnes physiques qui y participent, et réquisitionner
les entreprises qui collaborent avec les agresseurs
Renforcer les moyens humains du renseignement en revenant sur la
fusion de la direction de la surveillance du territoire (DST) et des
renseignements généraux (RG) et privilégier l’infiltration humaine
Procéder à l’évaluation des résultats des lois en vigueur, notamment
les lois sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme, abroger
l’état d’urgence permanent, les lois séparatisme et sécurité globale qui
portent atteinte à nos libertés individuelles
Lutter contre l’embrigadement et soutenir les programmes de prise en
charge des personnes suspectées
Garantir le contrôle par le juge judiciaire des opérations de lutte
contre le terrorisme
Renforcer les moyens humains de la plateforme PHAROS en charge de la
prévention et de la surveillance des violences sur Internet
Refonder
la police pour garantir le droit à la sûreté
Rétablir la police de proximité : refonder les missions de la police
nationale pour assurer le lien avec les populations, redéployer les
effectifs des BAC (brigades anti-criminalité) et BRAV-M (brigades de
répression des actions violentes motorisées) après une formation de
quelques mois, répartir les effectifs de façon à assurer l’égalité entre
les territoires, en concertation avec les communes
Renforcer les moyens de la police judiciaire, doubler les effectifs
de la police technique et scientifique
Construire de nouveaux centres d’activités de police assurant
notamment la présence de la police de proximité
Porter à deux ans la formation initiale des élèves gardiens de la
paix et réviser son contenu, rouvrir des écoles nationales pour les
activités de police
Renforcer la formation continue obligatoire des policiers :
diversifier les stages (justice, associations…), former davantage à
l’accueil des victimes (notamment de violences sexuelles et
sexistes)
Supprimer les primes aux résultats qui encouragent la politique du
chiffre
Augmenter les effectifs en charge de la délinquance financière, du
trafic d’êtres humains et du démantèlement des réseaux mafieux, et
doubler les effectifs de la police technique et scientifique
Interdire dans la loi tout usage des technologies de reconnaissance
faciale dans les espaces et établissements publics ainsi que leur
expérimentation, encadrer strictement leur usage dans le domaine
privé
Abroger la loi Sécurité globale, et renforcer les logiques de
prévention, notamment les moyens humains de la prévention
spécialisée
Favoriser la désescalade en matière de maintien de l’ordre :
interdire les armes mutilantes, les techniques d’immobilisation létales
et la technique de la «nasse», et établir un nouveau code de déontologie
de la police sur la base du code de déontologie de 1986
Créer une commission d’enquête sur les violences policières ayant
entraîné la mort ou la mutilation de citoyens pour en établir toutes les
responsabilités
Supprimer l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) et
l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN), et les
remplacer par une autorité indépendante incluant des magistrats, des
universitaires, des citoyens
Renforcer les polices de l’environnement en créant des pôles
environnement au sein des parquets et en transformant les
gardes-champêtres en gardes environnementaux
Améliorer les conditions de travail des policiers et des gendarmes,
notamment les locaux et équipements, l’accompagnement psychologique et
administratif, garantir leur droit effectif aux congés, mettre fin aux
«primes exceptionnelles » à la place des salaires
Changer
de stratégie sur les addictions et les drogues
Légaliser et encadrer par un monopole d’État la production, la vente
et la consommation de cannabis dans des conditions permettant de lutter
contre l’addiction
Affecter les recettes des taxes sur le cannabis à des programmes de
lutte contre les addictions, notamment en milieu scolaire, et à une
politique de prévention, de réduction des risques et d’aide à la
désintoxication
S’attaquer aux causes des addictions, pour engager une politique de
réduction des risques plutôt que de continuer une politique de
répression des consommateurs
Accroître les forces de police et des douanes à des fins
d’investigation et de remontées des filières
Lutter contre les organisateurs du trafic de cigarettes et viser une
jeunesse « zéro tabac »
Protéger les enfants
Faire respecter la Convention internationale des droits de l’enfant
concernant la protection de l’enfance, les enfants étrangers,
l’interdiction des violences dites éducatives, le soutien à la
parentalité
Garantir le respect des principes de l’ordonnance de février 1945
sur l’enfance en conflit avec la loi et instaurer un code de l’enfance
combinant civil et pénal en concertation avec les professionnels
Augmenter massivement les moyens financiers et humains de la
protection de l’enfance, pour une égalité entre tous les enfants de la
République et un accompagnement éducatif de qualité
Débloquer des moyens pour construire des foyers supplémentaires qui
permettent de séparer les enfants par tranches d’âge, préserver les
fratries, préserver les jeunes victimes d’agressions sexuelles (centres
de résilience), assurer des accueils d’urgence ponctuels, prendre en
compte une dimension de soin psychiatrique
Rendre automatique la prise en charge par un contrat jeune majeur de
tous les enfants issus de l’Aide sociale à l’enfance (ASE)
Lutter véritablement contre les violences sexuelles faites aux
enfants en augmentant les effectifs de police spécialisés dans la lutte
contre la cyberpédopornographie, en formant les professionnels en
contact avec les enfants et en finançant la prise en charge de soins
adaptés, protéger et accompagner la parole des enfants
Renforcer les moyens de l’autorité judiciaire consacrés au
traitement des signalements des contenus illégaux sur des plateformes
privées et au contrôle de leurs retraits effectifs
Les
points qui seront mis à la sagesse de l’Assemblée
Le Parti socialiste refuse l’utilisation de la terminologie «
violences policières », en conséquence il ne soutiendra pas la création
d’une commission d’enquête sur les violences policières ayant entraîné
la mort ou la mutilation de citoyens pour en établir toutes les
responsabilités.
Le Parti socialiste et le Parti communiste français proposeront
l’organisation d’un débat public dans la première année de la
législature sur la question de la légalisation du cannabis.
Chapitre
7 : Égalité et lutte contre les discriminations
Réaliser
l’égalité entre les femmes et les hommes
Adopter une loi de lutte contre le sexisme et les violences faites
aux femmes, et allouer le milliard de budget contre les violences faites
aux femmes demandé par les associations notamment en matière de
formation et de places d’hébergement
Imposer et faire appliquer la parité entre les femmes et les hommes
dans les directions des institutions politiques, administratives,
économiques, syndicales et associatives
Renforcer le planning familial et les associations qui agissent pour
l’égalité
Lutter contre le temps partiel contraint qui à 80% touche des
femmes
Allonger la durée des congés parentalité, et les rendre identiques
pour les deux parents en les alignant par le haut
Rembourser le traitement hormonal de la ménopause
Soutenir la recherche médicale sur les maladies gynécologiques
(endométriose, SOPK, etc.) afin d’améliorer leur prise en charge et leur
traitement
Mettre en œuvre un plan de lutte contre le harcèlement sexiste et
les agressions sexuelles
Renforcer le réseau des centres IVG en ouvrant un centre par hôpital
et supprimer la double clause de conscience des médecins
Lutter contre les stéréotypes de genre à l’école
Abolir la prostitution et garantir la dignité de la personne,
renforcer les moyens dédiés à la lutte contre la traite et les violences
liées à la prostitution
Garantir des droits nouveaux
Constitutionnaliser la non-marchandisation du corps humain et le
droit fondamental de disposer de soi en toutes circonstances
Ajouter dans la Constitution le droit à la contraception et à
l’interruption volontaire de grossesse (IVG), le droit de mourir dans la
dignité (y compris avec assistance) et l’accès garanti à des soins
palliatifs
Autoriser le changement d’état-civil libre et gratuit devant un
officier d’état civil
Établir la filiation par reconnaissance comme principe par défaut,
rembourser la procréation médicalement assistée (PMA), la rendre
accessible aux personnes trans, et refuser la gestation pour autrui
(GPA), faire prévaloir l’intérêt supérieur de l’enfant comme principe
premier, en toutes circonstances
Mettre en œuvre un plan d’éradication des violences à l’encontre des
personnes LGBTQIA+
Lutter
contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations
Mettre en œuvre un plan d’action global contre toutes les
discriminations (emploi, logement, éducation, santé…)
Garantir le droit du sol intégral à tous les enfants nés en France
et faciliter l’accès à la nationalité française
Créer un Commissariat à l’égalité doté d’un Observatoire des
discriminations et de pôles spécialisés au sein des services publics et
des cours d’appel
Mettre en place le récépissé de contrôle d’identité par les forces
de l’ordre pour lutter contre le contrôle au faciès, accompagné de
dispositifs de formation, de contrôle et de sanctions
Instaurer le 4 février comme jour férié national en mémoire des
victimes de l’esclavage et de leurs luttes s’ajoutant au jour de
commémoration spécifique à chaque territoire d’Outre-mer
Ouvrir les archives sur les guerres de décolonisation
Abroger la loi dite contre le « séparatisme » et la loi dite « asile
immigration » et faire appliquer la loi rendant inéligibles toutes les
personnes condamnées pour incitation à la haine raciale
Faire
face collectivement à la perte d’autonomie individuelle
Construire un service public de la dépendance, pour aider les
seniors à rester à domicile
Développer un réseau public de maisons de retraite aux tarifs
harmonisés et accessibles
Créer 10 000 places par an en EHPAD publics pendant cinq ans,
refonder le modèle de financement, l’augmentation des moyens matériels
et humains
Former, qualifier et recruter en nombre suffisant le personnel
nécessaire : au moins 210 000 personnels médico-sociaux et médicaux pour
pouvoir respecter un ratio minimal d’encadrement « au chevet » des
résidents
Revaloriser les métiers et revenus de l’ensemble des professionnels
du grand âge à domicile comme en institution en refondant les grilles de
rémunération et de qualifications
Lever
les obstacles à l’autonomie des personnes en situation de handicap
Assurer l’autonomie financière des personnes en situation de
handicap, en revalorisant l’AAH (Allocation aux adultes handicapés) au
niveau du SMIC et en la rendant indépendante des revenus du
conjoint
Multiplier les cursus complets (de la maternelle au lycée) bilingues
français/langue des signes française (LSF) pour permettre un réel accès
au savoir et à la formation pour les enfants sourds et
malentendants
Pérenniser le financement de l’insertion professionnelle des
personnes en situation de handicap
Objectif accessibilité universelle : tolérance zéro contre les
entraves, c’est-à-dire les obstacles au déplacement ou à la vie
quotidienne, permettre aux préfets de se substituer aux maires pour
imposer les travaux et fermer les bâtiments privés ne respectant pas la
loi, imposer un plan de mise en accessibilité des transports,
généraliser les traductions en français «facile à lire et à comprendre »
(FALC), les repères visuels et sensoriels
Lutter contre les discriminations validistes
Les
points qui seront mis à la sagesse de l’Assemblée
Constatant l’absence d’efficacité réelle sur les réseaux des
politiques à l’œuvre (pénalisation du client), Europe Écologie-Les Verts
souhaite agir en priorité, non par la répression, mais par l’écoute et
l’accompagnement des personnes en situation de prostitution. Europe
Écologie-Les Verts souhaite qu’un débat contradictoire sur la GPA
(gestation pour autrui) soit ouvert.
Chapitre 8 : Union
européenne et international
Nous partageons l’objectif commun de mettre fin au cours libéral et
productiviste de l’Union européenne et de construire un nouveau projet
au service de la bifurcation écologique, démocratique et solidaire, même
si nos histoires avec la construction européenne diffèrent.
La France insoumise et le Parti communiste français sont héritiers du
non de gauche au Traité constitutionnel européen en 2005, le Parti
socialiste est attaché à la construction européenne et ses acquis, dont
il est un acteur clé, et Europe Écologie-Les Verts est historiquement
favorable à la construction d’une Europe fédérale.
Ensemble, nous voulons faire bifurquer les politiques européennes
vers la justice sociale, l’écologie, le progrès humain et le
développement des services publics.
Pour cela, nous proposons de :
Renforcer la lutte pour le climat : objectif de
réduire de 65% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, relever
les objectifs européens de production d’énergies renouvelables, mettre
en place 30% d’aires protégées, sortir de la taxonomie le gaz et le
nucléaire, faire adopter un nouveau traité environnemental qui comprend
le crime d’écocide.
Transformer la politique agricole commune au
service de l’agroécologie et de l’agriculture paysanne et relocalisée,
la sortie des engrais et pesticides de synthèse, la transition de
l’élevage industriel vers des pratiques durables et respectueuses du
bien-être animal. Une agriculture rémunératrice pour les paysans et
riche en emplois, soutenue par une régulation des marchés, et qui donne
à tous l’accès à une alimentation de qualité.
Étendre les droits sociaux : harmoniser par le haut
les droits sociaux et les salaires minimums européens afin de lutter
contre le dumping social, d’améliorer les conditions de travail et de
converger vers le mieux-disant social, lutter contre les
délocalisations, défendre le principe d’un « travail égal, salaire
égal et cotisations sociales égales » en revenant sur
l’organisation actuelle du travail détaché, imposer une présomption de
salariat pour les travailleurs des plateformes, développer un plan
européen de lutte contre la pauvreté notamment des enfants et des
personnes âgées.
Santé : encourager et aider les États membres à
garantir un accès universel aux services de santé, y compris de santé
mentale, notamment en luttant contre les déserts médicaux, relocaliser
la production de médicaments en Europe et lever les brevets sur les
vaccins et médicaments.
Une économie au service du climat et des citoyens :
mettre fin au pacte de stabilité et de croissance et abroger les règles
budgétaires des 3 % de déficit et des 60 % de dette, modifier les
missions et les statuts de la BCE pour lui permettre de prêter
directement aux États et la placer sous contrôle démocratique pour en
faire un outil politique au service de l’intérêt général avec des
objectifs écologiques et sociaux et non plus uniquement sur
l’inflation.
Investir en commun dans la bifurcation écologique et
solidaire : créer de nouvelles ressources propres (taxe sur les
transactions financières étendue, taxe kilométrique, kérosène…),
renforcer les investissements européens et dédier au moins 50 % du
budget européen au climat et la biodiversité, en s’assurant que le reste
du budget n’y nuise pas.
Éradiquer l’évasion fiscale : mettre fin à
l’unanimité en matière fiscale pour supprimer le droit de veto des
paradis fiscaux, instaurer un taux d’impôt minimum sur les sociétés à 25
%, établir une liste européenne crédible des paradis fiscaux et leur
imposer des sanctions, afin de mettre un terme à la concurrence fiscale
au sein de l’UE.
Instaurer des protections sociales et écologiques :
refuser tout nouvel accord de libre échange, instaurer de nouvelles
coopérations fondées sur des clauses sociales, environnementales et
sanitaires contraignantes et contrôlables, mettre en place une fiscalité
sociale et écologique aux frontières, intégrer dans les marchés publics
européens des critères de production locale pour protéger notre économie
et favoriser de nouveaux standards sociaux et environnementaux.
Accueillir dignement les exilés : mettre fin au
règlement de Dublin III et renégocier le Pacte Asile Migration dont les
fondements sont très déséquilibrés, favoriser la création de voies
légales et sûres de migration, créer un corps de sauvetage en mer et
mettre fin aux violations des droits fondamentaux par Frontex
Conquérir l’égalité : appliquer la clause de
«l’Européenne la plus favorisée» pour harmoniser par le haut les droits
des femmes en Europe, inscrire le droit à l’avortement et à l’ensemble
des autres droits sexuels et reproductifs dans la Charte des droits
fondamentaux de l’Union européenne et la rendre directement applicable,
renforcer le combat contre toutes les discriminations, qu’elles soient
liées aux origines, au sexe, au handicap, à l’orientation sexuelle ou à
l’identité de genre et défendre les droits des minorités.
Renforcer la démocratie : suspendre les
financements européens aux États membres qui ne respectent pas l’État de
droit ou les libertés fondamentales, défendre un règlement européen
d’indépendance des médias, encadrer plus strictement les lobbies,
accorder un pouvoir budgétaire et un droit d’initiative du Parlement
européen, créer une initiative citoyenne européenne contraignante (un
RIC [référendum d’initiative citoyenne] européen), établir des espaces
de débat permanents qui permettent de prendre en compte les apports des
acteurs de la société civile, des associations, des syndicats, des
collectivités territoriales.
Nous sommes lucides. Certaines de ces batailles nécessitent de
renégocier les traités et les règles européennes actuelles. Car si
certaines règles européennes sont des points d’appui, chacun constate
aujourd’hui à quel point d’autres, et non des moindres, sont en
décalage avec les impératifs de l’urgence écologique et sociale et
constituent de sérieux blocages à la mise en œuvre de notre programme
:
Les traités de libre-échange s’opposent à
l’atteinte de nos objectifs écologiques, alimentent le dumping social et
favorisent des délocalisations.
Le cadre actuel de la concurrence européenne «libre et non
faussée», tel que formalisé dans les traités européens et les règles qui
en découlent, est incompatible avec la relocalisation de la
production et la préservation et le développement des services publics
et des biens communs.
La politique agricole commune actuelle promeut un
modèle productiviste et industriel contraire à une agriculture paysanne,
biologique et respectueuse du bien-être animal.
Le statut de la Banque centrale européenne et les règles
d’austérité du semestre européen obligent les États à se mettre
dans la main des marchés financiers et à réduire les investissements
dans la bifurcation écologique et l’État social.
La libre-circulation des capitaux nous empêche de
maîtriser un secteur financier de plus en plus agressif et nocif.
En conséquence, il nous faudra être prêts à ne pas respecter
certaines règles. Du fait de nos histoires, nous parlons de
désobéir pour les uns, de déroger de manière transitoire pour les
autres, mais nous visons le même objectif : être en capacité d’appliquer
pleinement le programme partagé de gouvernement et respecter ainsi le
mandat que nous auront donné les Français.
Ce n’est pas un objectif politique en soi mais un outil : de nombreux
États y ont déjà eu recours comme l’Allemagne pour éviter la mise en
concurrence du secteur de l’eau, une coalition d’États pour interdire
les OGM, ou l’Espagne pour intervenir face à la flambée des prix de
l’énergie. Cela ne peut se faire que dans le respect de l’Etat de droit.
En ce sens, nous nous opposons frontalement à la dérive autoritaire de
la Pologne et la Hongrie, qui s’attaquent aux droits et libertés
fondamentales dans un but autoritaire et réactionnaire.
Nous comptons :
Utiliser les marges de manœuvre existantes : avoir
recours aux clauses de sauvegarde, négocier avec la Commission les
adaptations du droit et dérogations nécessaires au cas par cas dans
l’application de notre programme.
Quand nécessaire, cesser d’appliquer les normes
incompatibles avec les engagements écologiques et sociaux contenus dans
notre programme : par exemple, les pans du droit de la
concurrence qui nous empêchent de renationaliser des entreprises
stratégiques pour la transition écologique et constituer des pôles
publics, comme EDF, ou les autoroutes, ou de développer le bio et le
local dans les cantines, les règles budgétaires qui limitent notre
capacité à investir dans la bifurcation écologique
Utiliser les contradictions entre les règles européennes et
nos engagements internationaux sur le climat ou le travail pour
faire primer les normes les plus exigeantes : nous mettrons en place un
principe de non-régression sociale et un principe de non-nocivité pour
l’environnement
Nous travaillerons activement à une modification en
profondeur des règles incompatibles avec notre programme :
c’est un espace de négociation, d’équilibre de pouvoir, de coopérations
à géométrie variable. Face aux urgences, certaines règles ont dû évoluer
: la BCE a créé son programme de rachat de dette publique en réponse à
la crise financière de 2008 ; face à la pandémie, certaines règles comme
les règles budgétaires ou les règles sur les aides Etats ont été
suspendues par la Commission européenne et illustrent la nécessaire
flexibilité.
Le contexte de remise en cause des règles européennes face
aux urgences joue en notre faveur. Notre objectif sera
d’entraîner d’autres États avec nous afin de contribuer en tant que
gouvernement à réorienter les politiques européennes et à modifier
durablement les règles et traités européens incompatibles avec notre
ambition sociale et écologique légitimée par le peuple. Et un pays comme
la France dispose d’arguments, d’outils et d’un poids politique
pour défendre un nouvel horizon commun en Europe, parmi lesquels
:
Mener les batailles au sein du Conseil de l’Union européenne
: constituer des alliances pour obtenir des majorités sur des
textes favorisant le progrès social et écologique, former des minorités
de blocages sur des textes qui y sont contraires, opposer notre droit de
veto aux accords de libre-échange
Avoir recours aux coopérations renforcées : avancer
à quelques-uns s’il y a un blocage à 27. Cela se fait déjà : une
coalition de 11 États travaille à une taxe sur les transactions
financières. 14 États ont adopté un texte sur les divorces
internationaux pour contourner le veto de la Suède.
Construire des coopérations avec les États tiers qui le
souhaitent : cela se fait déjà pour des programmes comme
Erasmus ou des partenariats industriels comme Airbus et pourrait
s’amplifier avec des accords en matière fiscale ou
environnementale.
Déclencher la mobilisation citoyenne en
construisant des alliances et des convergences avec les forces
politiques qui partagent ces objectifs et la société civile en
Europe.
Ces batailles seront nécessaires mais ne seront pas suffisantes. Pour
être à la hauteur de l’urgence écologique et sociale, les institutions
et règles européennes doivent changer en profondeur. Nous proposons
d’opérer un choc de démocratie en convoquant une Convention
européenne pour la révision et la réécriture des traités
européens, construite avec les Parlements nationaux et le
Parlement européen, associant les forces vives et mouvements populaires
du continent. Ces nouveaux textes devront être soumis à l’approbation du
peuple par référendum.
Assumer
la place dans le monde d’une France indépendante
Refuser le « choc des civilisations », porter une action
internationale au service de la paix, promouvoir une conception
universelle et non dévoyée des droits humains
Réinvestir pleinement l’Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe (OSCE)
Stopper l’érosion du réseau diplomatique français
Offrir l’asile aux lanceurs d’alerte, nouveaux combattants de la
liberté au service de l’intérêt général humain, comme Edward Snowden et
Julian Assange
Défendre la souveraineté et la liberté de l’Ukraine et du peuple
ukrainien ainsi que l’intégrité de ses frontières, dans un contexte
international de tensions et de guerre sur le continent européen et face
aux crimes de guerre décidés par Vladimir Poutine
Construire
une défense indépendante, républicaine et populaire
Rédiger un livre blanc, adopter une nouvelle loi de programmation
militaire et mettre en œuvre notre adaptation au changement
climatique
Stopper les privatisations des industries d’armement et des missions
de défense nationale
Prioriser l’acquisition de matériel militaire français dans l’armée
et issu des programmes européens auxquels la France participe
Mobiliser l’espace numérique et la réalité spatiale pour installer
des systèmes défensifs et non létaux contre les agressions et pour la
paix
Donner à nos services de renseignement la capacité d’anticiper les
risques, y compris sanitaires, liés aux bouleversements climatiques
Adapter le matériel militaire et l’équipement de nos soldats à la
nouvelle donne climatique
Lancer un plan d’adaptation des infrastructures militaires
vulnérables
Simplifier l’indemnisation et la reconnaissance de la blessure
psychique au sein de l’armée française
Subordonner l’exportation des armements aux principes du droit
international et aux partenariats politiques définis démocratiquement
par la France, créer une délégation parlementaire dédiée au contrôle des
exportations d’armes
Lutter contre le mercenariat et la privatisation de la guerre,
notamment le recours aux sociétés militaires privées
Renforcer et démocratiser
l’ONU
Réaffirmer que l’ONU est le seul organe légitime pour la sécurité
collective à l’échelle mondiale
Exiger la transparence des délibérations du Conseil de sécurité de
l’ONU et sa réforme pour une plus juste représentation des continents,
en particulier de l’Afrique
Œuvrer au renforcement des agences de l’ONU dépendantes de
contributions volontaires et augmenter le soutien financier de la
France
Créer une Organisation mondiale de l’environnement et défendre
l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la
culture (UNESCO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) libérée
des intérêts de l’industrie pharmaceutique
Réformer l’Organisation de l’ONU pour l’agriculture et
l’alimentation (FAO) pour favoriser la souveraineté alimentaire, la
régulation des marchés et la bifurcation écologique de
l’agriculture
Construire avec les États et les populations concernées, sous
l’égide de l’ONU, des solutions politiques partout où la paix n’est pas
garantie (Proche-Orient, Moyen-Orient, Afrique sahélienne, Cachemire,
Caucase, golfe Arabo-Persique, Corne de l’Afrique, etc.)
Défendre le droit international et le respect des résolutions de
l’ONU grâce au siège de la France au Conseil de sécurité
Porter l’idée de la création d’une force d’intervention et de
sécurité écologique sous l’égide de l’ONU et d’un traité de
non-prolifération des énergies fossiles visant à interdire toute
exploration et toute nouvelle exploitation de pétrole, de gaz et de
charbon à l’étranger
Relancer les processus multilatéraux de désarmement nucléaire et
conventionnel dans le cadre de la Conférence du désarmement de l’ONU et
la participation de la France comme membre observateur au Traité sur
l’interdiction des armes nucléaires (TIAN)
Refonder la coopération
économique
Porter au sein du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque
mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) des
propositions de rupture avec le néolibéralisme international et de
démocratisation, et réinvestir la Conférence des Nations unies sur le
commerce et le développement (CNUCED)
Intégrer le respect des règles fondamentales de l’Organisation
internationale du travail dans les accords commerciaux
Agir pour l’adoption à l’ONU d’un traité contraignant les
multinationales à respecter des normes sociales et
environnementales
Œuvrer à un règlement collectif des dettes publiques, indépendamment
des mécanismes du marché, dans le cadre de la résolution votée par
l’Assemblée générale de l’ONU en 2015
Proposer une COP mondiale pour la justice sociale et fiscale sous
l’égide de l’ONU
Étendre
les protections du droit international aux biens communs
planétaires
Reconnaître le crime d’écocide
Soutenir la création d’un tribunal international de justice
climatique et environnementale
Créer un tribunal international de justice économique pour juger les
crimes financiers transnationaux
Élargir le dispositif de la licence d’office et lever les brevets
sur les vaccins et autres moyens médicaux de lutte contre les
pandémies
Soutenir activement les négociations en cours d’un traité
international de lutte contre les plastiques
Faire de la question de l’eau, de sa protection et de son accès pour
tous un enjeu prioritaire de la politique internationale et de
coopération de la France
Jouer un rôle actif dans les négociations pour un traité
international de protection des grands fonds marins
Défendre la gestion des pôles Arctique et Antarctique comme des
biens communs de l’humanité, protégés des activités économiques qui
pourraient détruire leurs écosystèmes par le pillage de leurs ressources
sous-marines tels les minerais ou les hydrocarbures
Mettre
en œuvre une politique migratoire humaniste et réaliste
Renforcer l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et
le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et
organiser une conférence annuelle sur les migrations
S’opposer aux accords commerciaux inégaux afin d’éviter aux migrants
de devoir quitter leur pays
Agir contre les conséquences des bouleversements climatiques par des
transferts de technologies et de l’aide financière et matérielle
Mettre fin aux violations des droits fondamentaux par Frontex
Assumer notre devoir d’accueil et d’humanité envers les
réfugiés
Faciliter l’accès aux visas, régulariser les travailleurs,
étudiants, parents d’enfants scolarisés et instituer la carte de séjour
de dix ans comme titre de séjour de référence
Garantir l’accès effectif aux soins de toutes et tous face aux
instrumentalisations politiques de l’aide médicale d’État (AME)
Contribuer à créer un statut de « détresse environnementale »
apportant une protection temporaire pouvant devenir durable en fonction
de la gravité de la catastrophe ayant entraîné la migration
Mettre fin au règlement Dublin et renégocier les accords du Touquet,
mettre un terme aux accords maltraitants pour les personnes concernées
et à l’instrumentalisation de l’aide au développement
Prendre en charge les personnes migrantes grâce à des structures
d’accueil et d’hébergement en nombre suffisant sur tout le territoire,
en finir avec le délit de solidarité, créer un guichet unique
d’accueil
Garantir pleinement le droit d’asile
Construire
des politiques internationales à partir des Outre-mer
Faire des Outre-mer des pôles régionaux de codéveloppement :
transfert de technologies auprès des pays voisins, aide logistique et
scientifique, établissement de formations de haut niveau bénéficiant à
la fois aux étudiants ultramarins et à ceux des pays voisins,
coopération militaire de maintien de la paix
Rejoindre les coopérations régionales, dans le respect des intérêts
stratégiques de la France : la Communauté d’États latino-américains et
caraïbes (CELAC) pour les Antilles et la Guyane française, l’Union
africaine pour Mayotte, adhérer à la Communauté de développement de
l’Afrique australe (CDAA) et participer activement à l’Association des
États riverains de l’océan Indien (IORA) pour La Réunion
Annuler définitivement le projet Montagne d’or en Guyane
Construire l’avenir de la Nouvelle-Calédonie dans le dialogue avec
toutes les parties prenantes et par la consultation démocratique de la
population
Bâtir
des coopérations solidaires et altermondialistes
Consacrer 0,7% du revenu national brut à l’aide publique au
développement
Réformer « l’aide au développement » apportée par l’Agence française
de développement (AFD) pour qu’elle ne serve pas les intérêts des
régimes oligarchiques et d’entreprises intéressées aux « partenariats
publics privés ». Décider de son allocation avec les sociétés civiles
sur place, dans un objectif de renforcement des droits humains et des
souverainetés populaires et de lutte contre le changement
climatique
Agir pour la paix et respecter l’indépendance des États et la
souveraineté des peuples
Relancer le codéveloppement et la coopération notamment dans la
lutte contre le changement climatique
Appuyer la restructuration des dettes souveraines pour les pays
pauvres, annuler leur dette COVID
Unir
le bassin méditerranéen occidental autour d’objectifs communs de
progrès
Organiser un réseau de l’enseignement professionnel et des
universités méditerranéennes
Créer une force méditerranéenne d’intervention et de sécurité civile
pour lutter contre les incendies et pour le secours en mer en cas de
catastrophes naturelles
Mettre en place une structure commune de lutte contre les pollutions
et de gestion de la dépollution de l’écosystème de la mer
Méditerranée
Étendre à la Méditerranée les normes écologiques applicables dans la
mer Baltique, notamment en matière de limitation des émissions liées au
trafic maritime
Construire
une relation avec l’Afrique basée sur la souveraineté des peuples
Organiser un débat suivi d’un vote au Parlement sur les objectifs et
l’action de l’armée française au Sahel et au Mali
Renforcer la solidarité avec le Sahel et conditionner les aides au
respect des droits humains, démocratiques, sociaux et écologiques pour
mieux répondre aux besoins immédiats des populations, par une meilleure
coordination de l’aide internationale et la prise en compte des
dynamiques sociales locales
Réviser les accords de défense passés avec les pays africains, pour
qu’ils soient conclus dans l’intérêt des peuples et empêchent toute
ingérence dans les affaires intérieures des pays africains
Permettre aux pays africains des zones CFA (dont la partie ouest est
devenue zone ECO) d’avoir une monnaie dont ils aient la souveraineté, et
dont ils puissent définir les contours
Annuler les dettes « odieuses » de certains pays africains,
c’est-à-dire les dettes contractées par des dictatures dans le seul but
d’enrichir le clan au pouvoir, ou d’engager des actions qui vont à
l’encontre de l’intérêt général
Créer une commission d’enquête indépendante afin d’établir le
bien-fondé ou non des accusations de bavures à l’égard de l’armée
française
Faire vivre une
francophonie des peuples
Défendre l’usage du français dans les institutions
internationales
Créer un Erasmus francophone
Élaborer des contenus éducatifs et des diplômes communs entre pays
francophones
Renforcer les médias audiovisuels francophones
Renforcer l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF)
Participer à la création d’une revue scientifique francophone de
premier plan au niveau mondial
Créer une université francophone proposant notamment un cursus
universitaire commun d’accès à tous les métiers relatifs au secteur
aérospatial
Recréer des espaces d’expressions culturelles francophones (les
scènes nationales par exemple)
Renforcer le réseau des Instituts et Alliances français
Relancer la découverte de
l’espace
Lutter contre la course à l’armement spatial tout en garantissant la
souveraineté de la France face aux nouvelles menaces
Proposer un nouveau traité international pour la non-appropriation
des ressources spatiales et la démilitarisation de l’espace
Proposer un programme international de dépollution de l’orbite
géostationnaire et de nouvelles règles internationales d’occupation des
orbites basses
Revenir sur la privatisation d’Arianespace et protéger la filière de
lancement de satellites, renforcer les moyens du Centre national
d’études spatiales
Doter la France des moyens de neutralisation des actions hostiles
menées contre elle depuis l’espace
Interdire les voyages commerciaux et privés dans l’espace, luxe
ultra polluant réservé à une minorité
Garantir l’utilisation de Galileo par le grand public en rendant
obligatoire la double compatibilité Galileo GPS
Les
points qui seront mis à la sagesse de l’Assemblée
Dans le cadre des institutions de la Ve République, le Président
négociant et signant les traités, aucun gouvernement ne peut prendre des
décisions de cette nature sans lui. Il est par ailleurs entendu que
l’intérêt national commande que la France parle au monde d’une seule
voix. Pour autant, le débat doit avoir lieu avec lui. Les positions sont
les suivantes.
La France insoumise proposera le retrait immédiat de la France du
commandement intégré de l’OTAN puis, par étapes, de l’organisation
elle-même. Elle refusera toute inscription de notre pays dans une
alliance militaire permanente dans la région indo-pacifique et ailleurs,
ainsi que toute intervention militaire sans mandat de l’ONU. Elle
défendra l’idée d’engager la formation d’une nouvelle entente
altermondialiste.
Le Parti communiste français soutiendra le retrait de la France du
commandement intégré de l’OTAN, puis sa dissolution. Il proposera que la
France soit à l’initiative d’une conférence pan-européenne en vue d’un
espace commun de paix et de sécurité collective en Europe, sur les bases
de l’acte final de la conférence d’Helsinki et de la charte de Paris de
1990. Il défendra le maintien du nucléaire dans la taxonomie
européenne.
La France insoumise et le Parti communiste français proposeront de
décider, après un débat au Parlement, d’un calendrier de retrait des
opérations militaires françaises au Sahel établi avec les nations
souveraines concernées.
Europe Écologie-Les Verts et le Parti socialiste soutiendront le
renforcement de la coopération militaire au niveau de l’Union
européenne, la création d’un commandement militaire opérationnel
européen, ainsi que l’intensification des livraisons d’armes à l’Ukraine
et la mise en place d’un embargo total et immédiat sur les importations
russes de pétrole, de charbon, de combustible nucléaire et de gaz.
Le Parti socialiste sera favorable au maintien de la France dans
l’OTAN.