Le programme pour l’Union Populaire présenté par
Jean-Luc Mélenchon
L’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature comme
vision du monde
« L’Avenir en commun »
Introduction de Jean-Luc
Mélenchon
Le programme « L’Avenir en commun » est davantage qu’un ensemble de
mesures concrètes. Il apporte surtout une vision du monde pour le futur.
C’est un besoin fondamental de notre temps quand le monde entre dans une
telle ère de changements écologiques et de destructions sociales, de
mutations irréversibles et d’incertitudes totales. Les candidatures qui
se limitent à quelques propositions, si séduisantes qu’elles soient, n’y
répondent pas. Je me fais donc un devoir de résumer notre projet :
construire une société d’entraide ayant pour but l’harmonie des êtres
humains entre eux et avec la nature. Tel sera le but visé en toutes
circonstances, même très imprévues.
J’ai résumé ici la philosophie qui m’anime au moment où je suis le
candidat du programme que vous allez lire. Si je suis élu, je m’y
tiendrai sans transiger. Car le capitalisme financiarisé de notre temps
provoque une violence sociale et un saccage de la nature sans précédent
dans l’histoire de la civilisation humaine. Tout, même les pandémies,
lui permet de se gaver. Pour finir, à cette heure, 26 personnes
possèdent autant que la moitié de la population mondiale. Et le
patrimoine des ultra-riches en France a augmenté d’un tiers pendant
l’épidémie de Covid-19. Puisqu’il se nourrit de ses propres désastres,
ce système est incapable de se corriger lui-même. Les raisons de le
rejeter sont donc sérieuses et urgentes. C’est le but de notre
programme. Nous ne voulons ni le cacher ni le flouter : « L’Avenir en
commun », c’est l’insoumission devant l’ordre actuel du monde.
Ce programme a une histoire. « L’Avenir en commun » n’est pas un
assemblage de trouvailles de technocrates et de publicitaires. Il est
issu de notre société. Sa mise au point s’est faite après des centaines
d’heures d’audition des syndicats, des associations, des intellectuels
du pays. Il reprend très largement leurs propositions, parfois au mot
près. Et il donne à tout cela une cohérence globale applicable par un
gouvernement. C’est pourquoi, en 2017, sa qualité a déjà été saluée par
de très nombreuses ONG, par des organisations de défense des droits
humains et de l’environnement ou par des groupements professionnels.
Cette année-là, 7 millions de personnes l’ont adopté en votant pour lui
avec le bulletin de vote à mon nom. Puis il a été une référence
permanente pour l’action des 17 députés nationaux et 6 députés européens
insoumis, pourtant venus parfois d’horizons politiques assez divers.
Tout au long du quinquennat, ses mesures ont été traduites en
propositions de loi concrètes ou en amendements aux lois des
gouvernements de Macron. Pendant la crise du Covid, il a servi de base
pour produire dans l’urgence 4 plans d’action et 11 lois afin de
répondre aux exigences de la crise sanitaire. Depuis, nous avons
soigneusement actualisé pendant un an la version présentée ici. Elle
servira à la mise au point de plans d’action de notre gouvernement dans
chacun de ses domaines essentiels. Bien sûr, il faudra d’abord abroger
les lois des gouvernements d’Emmanuel Macron. Mais notre style c’est
plutôt : « Nous sommes pour… ». Nous faisons surtout des propositions
positives. Elles ont été élaborées en relation avec l’action des
mouvements de la société française depuis cinq ans. Pour cela, nous
avons organisé à nouveau pendant des mois des forums où sont intervenues
toutes sortes de personnes expertes d’un domaine particulier. Enfin, une
consultation populaire a eu lieu. Tout cela pour améliorer et compléter
notre travail. Le texte que vous avez entre les mains est donc un
résultat qui vient de loin. « L’Avenir en commun » est désormais un
programme « prêt à l’emploi ». Une équipe expérimentée de parlementaires
et de personnalités engagées dans les causes d’intérêt général pourra
former un gouvernement compétent pour l’appliquer. À cette heure, il est
le seul à rendre crédible en France un changement radical de cap.
Car on ne peut en rester au débat public manipulateur sur la
sécurité, les religions et l’immigration. L’urgence est vraiment
ailleurs. Le pays est socialement en ruine au moment où nous entrons
dans une ère d’incertitude quasi totale sur tous les cycles naturels
fondamentaux pourtant indispensables à la vie humaine. Le système ne
s’en soucie pas. Son obsession reste de maintenir au profit des
privilégiés une super-concentration de la richesse produite par le
travail de tous. Mais il y a une condition à cette incroyable
accumulation ! Il faut sans cesse produire, acheter et vendre, n’importe
quoi, n’importe comment, sans limites, toujours plus vite, moins cher,
en transformant toute chose en marchandise et en créant des besoins
artificiels. Le saccage de la beauté et de la sensibilité du vivant ne
l’arrête pas. La planète, les êtres humains et les animaux s’y épuisent
en souffrances. La société et l’État se disloquent, minés par les
inégalités et l’abandon des populations. Du coup, partout dans le monde
éclatent d’amples révolutions citoyennes contre le délabrement
insupportable des conditions de la vie quotidienne. Pourquoi en France
tant de gens vivent-ils si mal dans un pays si riche ? Pourquoi les gens
n’ont-ils pas tous droit à une vie digne dans un environnement sain ? Il
n’y a là aucune fatalité. Nous pouvons réagir avec succès.
Alors oui, prenons vraiment la mesure de notre responsabilité
personnelle. Je le fais en présentant ma candidature au nom des 250 000
parrainages individuels que j’ai reçus. Je me sens mandaté par les 7
millions de personnes qui ont déjà choisi une fois ce programme en 2017.
Tous, vous ferez votre devoir, je le souhaite, en allant voter.
L’abstention serait un renoncement. Car cette élection présidentielle de
2022 sera un moment décisif pour le peuple français. Ce programme peut
réunir une union populaire large et puissante sur des solutions plutôt
que sur des détestations et des exclusions. Nous voulons réussir une
mobilisation positive, une adhésion à des projets clairs et audacieux.
Une enquête d’opinion a montré que les principales idées de ce programme
sont très largement majoritaires dans le pays et recueillent entre 60 et
90 % d’opinions positives.
Nous avons besoin de cette large adhésion. C’est une leçon de
l’histoire profonde : les sociétés solidaires sont les plus capables de
faire face aux grands bouleversements et aux tourmentes. À l’inverse, la
restriction des libertés, par des méthodes archaïques et brutales,
divise nos sociétés. Tout le monde en a assez des décisions incongrues
prises par un homme seul, mises en œuvre par la contrainte au milieu de
caricatures de débats absurdes. En donnant à chaque personne le droit de
participer aux décisions, on facilite leur mise en application. C’est
pourquoi il nous faut réorganiser en profondeur la vie démocratique de
notre pays. Notre peuple doit vivre libre et pleinement citoyen. Le
droit de décider ne doit pas être réservé à une caste de privilégiés. Le
peuple, et lui seul, doit être souverain. Abolir la monarchie
présidentielle, donner au peuple d’amples pouvoirs d’initiative des lois
et de révocation des élus est une urgence pour cela. C’est pourquoi, si
l’on veut refonder la démocratie française, il faudra convoquer une
Assemblée constituante. À cette occasion, les citoyens écriront
eux-mêmes la Constitution de la 6e République. À eux de tenir la plume
pour définir les règles de notre vie commune. La dérive autoritaire et
brutale mise en place par Emmanuel Macron doit être effacée. Disons-le
sans détour : le retour à la raison, à la paix civile et à la dignité
dans une société vraiment républicaine passe aussi par une refonte de
fond en comble de la police. Et également, bien sûr, par une sérieuse
révision générale des conditions dans lesquelles s’exerce la justice.
Ces ruptures sont essentielles. Encore une fois : les peuples les plus
libres de leurs décisions seront les plus unis. Il le faut pour faire
face au plus important des défis jamais vécus : la menace d’effondrement
de l’écosystème compatible avec la vie humaine. Et c’est bien ce que
propose notre programme.
C’est la leçon de notre temps : nous devons nous adapter au système
de la nature. Nous croire capables de nous en séparer est absurde.
L’avenir de l’espèce humaine est radicalement inclus dans celui de la
nature. Viser l’harmonie des êtres humains avec elle est un plan
d’action urgent. Il est temps d’organiser un monde où coïncident les
cycles de la vie individuelle et collective et ceux de la régénération
de la nature. Telle est la « règle verte » que nous voulons appliquer.
Avec le changement climatique s’ouvre une ère de très grandes
incertitudes. Par exemple, le cycle vital de l’eau est entièrement
perturbé. Déjà nous faisons face à davantage d’événements extrêmes, à la
modification du régime des pluies et à l’élévation du niveau des océans.
Ces changements vont bouleverser tout ce que nous avons connu pendant
des générations. Ils sont quasi imprévisibles. Nous devons donc choisir
notre façon de réagir : « tous ensemble » ou « chacun pour soi » ? Pour
nous, il est vain de vouloir régler quoi que ce soit dans un illusoire «
chacun pour soi », ni en comptant sur le marché et sa sacro-sainte «
concurrence libre et non faussée » chère aux traités européens. Car
c’est déjà cela qui a conduit l’humanité au précipice. Pour renverser
cette tendance, il nous faut un État stratège, organisateur de la
mobilisation écologique et sociale dans tous les secteurs de la société.
Il peut donner les grands objectifs, anticiper les filières et les
métiers dont nous avons besoin, coordonner les producteurs entre eux. En
un mot, il doit planifier. La planification est désormais une idée qui a
fait son chemin. Vous verrez, en nous lisant, que nous avons bien avancé
sur la façon d’agir en nous appuyant essentiellement sur les communes,
avec le concours des branches professionnelles et de leurs
représentants. Car oui, il faut tout changer : nos modes de production,
de consommation et d’échange sous l’égide de la « règle verte ».
C’est-à-dire ne plus prélever à la nature davantage qu’elle peut
reconstituer dans un délai supportable. La façon dont nous regardons
notre environnement doit changer. L’eau, l’air, la biodiversité, les
forêts sont des biens communs. Sans eux, la vie des personnes et des
sociétés n’est pas possible. Cessons de n’y voir que des matières
premières inertes. Décrétons leur propriété collective ! Alors bien sûr,
il faut transformer beaucoup d’activités ! Par exemple l’agriculture.
Nous lui donnerons un objectif : d’abord la production alimentaire pour
notre population par un approvisionnement bio local. Et en finir avec la
malbouffe et les maladies qu’elle déclenche. Dans le même temps, notre
industrie aussi est à reconstruire. Mais que ce soit d’abord pour nous
approvisionner ! Et bien sûr en changeant ses méthodes, ses matières
premières et la durée de vie de ses productions. Voilà pourquoi
l’enseignement professionnel doit être réorganisé entièrement dans ses
programmes comme dans son maillage, ses recrutements et son financement.
Au total, on voit ici que des chantiers globaux doivent être lancés dans
de nombreux domaines : transports, énergie, logement, déchets. Tout le
monde sera appelé à la rescousse.
Mais la difficulté d’agir est accrue par l’état social du pays.
Comment travailler au futur quand vous êtes cloué au présent pour
survivre ? C’est le lot quotidien de tant de monde. Dix millions de
pauvres en attestent. Nous sommes donc en état d’urgence sociale.
Détresse alimentaire, logements insalubres ou surpeuplés, pauvreté
galopante : tous les indicateurs sont au rouge, attestant d’un
délabrement général de la société française. C’est devenu un rêve pour
beaucoup de monde de pouvoir bénéficier d’une situation stable, sans
peur permanente du lendemain. Il faut en faire une réalité. Cela passe
avant tout par l’emploi pour tous. D’ailleurs, c’est ce dont le pays a
besoin pour réussir la bifurcation écologique. Car le règne de la
finance a créé une situation aberrante. Que voyons-nous ? Les besoins en
travail humain n’ont jamais été aussi importants et simultanément le
chômage de masse s’étend. Pourtant, il y a tant à faire. On ne manque
pas de travail mais d’emplois. Le secteur privé ne sait pas en créer en
tant que de besoin. « L’Avenir en commun » propose d’inverser cette
situation absurde. Plutôt que d’accuser les pauvres d’être coupables de
leur misère, mieux vaudra garantir à chacun un emploi. Nous ne pouvons
être un peuple pleinement uni tant que dure la société des privilèges.
Car elle divise la population et la fragmente devant les dangers. C’est
un poison mortel. Réduire les inégalités des revenus et des conditions
de vie, comme entre femmes et hommes, est devenu un objectif de
salubrité publique. L’heure de l’entraide et du partage est arrivée.
C’est concret. Les services publics doivent vraiment garantir à chaque
personne l’égalité d’accès aux droits et aux réseaux essentiels à la vie
actuelle. Et cela, quels que soient son statut personnel, ses revenus,
son patrimoine, son lieu d’habitation. Il s’agit de l’école, de la
santé, des transports, des moyens de communication, du logement, de la
culture. Là encore, il faudra réparer le maillage fin détruit par
plusieurs quinquennats de gestion néolibérale. Et pour cela, il faut en
répartir le coût avec justice. Alors l’impôt sera rebâti avec un
principe simple : ceux qui ont le plus cotisent plus et ceux qui ont le
moins cotisent moins. En dessous de 4 000 euros de revenus mensuels,
tout le monde paie moins ! Et la dernière tranche du revenu des
super-riches doit revenir au niveau d’après-guerre. Le libéralisme
autoritaire déploie dans toute la société sa culture de la violence, de
la médiocrité et de la soumission. Mais la liberté de choisir sa vie est
une aspiration ancrée dans chaque être humain. Elle doit être respectée
et encouragée. Dans notre projet d’égalité pour tous, le premier moyen
est la liberté pour chacun d’être maître de soi et de sa vie, libéré des
discriminations sociales et culturelles qui emprisonnent les personnes.
Aujourd’hui se répandent partout des méthodes autoritaires pour tenir en
laisse les peuples. Ainsi s’impose progressivement une société de
contrôle généralisé. Et ce n’est pas tout ! Le contrôle des esprits est
aussi à l’ordre du jour. Ce système déclenche partout des disputes
mortelles qui déchirent en profondeur les peuples ! Ainsi, sous prétexte
de « choc des civilisations », il entretient des guerres religieuses,
des angoisses identitaires obsessionnelles et souvent même un racisme de
plus en plus dégradant. Dès lors, pour nous, c’est un même combat, celui
pour la maîtrise souveraine de sa propre personne jusque dans le droit à
mourir dans la dignité, l’égalité en droits, le libre choix sur les
engagements fondamentaux de son existence et la lutte implacable contre
toutes les discriminations racistes, sexistes ou homophobes ! Notre
programme ne l’oublie ni ne le cache jamais. Dans le monde actuel, pour
s’émanciper de toute mainmise sur notre vie personnelle, il faut être
unique maître de soi. Pour cela, il est nécessaire de dominer les
innombrables liens qui nous connectent à la société. Et pas seulement en
limitant et contrôlant les fichages numériques. Il s’agit du
développement de l’émancipation personnelle par l’éducation, la
connaissance, la diffusion du savoir scientifique et de l’impérieuse
nécessité de la pratique des arts et du sport. C’est cela « humaniser la
société » en rendant meilleurs les membres qui la composent.
Je ne peux finir ces lignes sans vous dire combien je crois que la
France est une Nation importante pour le monde. Qui passe le nez à la
fenêtre sait combien nous sommes attendus et entendus. C’est notre
responsabilité d’être à la hauteur de cela. C’est pourquoi notre pays
mérite mieux que d’être ainsi rabaissé quand nous humilient nos
soi-disant alliés des États-Unis, de la Turquie ou d’Australie. Avant
tout, l’indépendance de la France est d’abord une garantie de notre
propre liberté en tant que peuple. L’indépendance n’est pas le repli sur
soi. C’est la maîtrise de nos interdépendances dans le monde. Aucune ne
doit aliéner notre liberté en nous obligeant à des engagements
désastreux comme ceux auxquels nous contraint l’OTAN par exemple.
Prenons de la distance pour pouvoir nous occuper de l’essentiel :
construire un monde ordonné tout autrement. Partout nous devons mettre
la logique de l’intérêt général à la place de la loi du plus fort.
Libre, la France peut consacrer toute sa puissance au service des biens
communs mondiaux. Aujourd’hui, aucune loi commune ne les régit. Les
biens vitaux sont concernés : l’eau, le climat, les océans, l’espace et
la Toile numérique. Dans chacun de ces domaines, nous avons un
savoir-faire et des moyens techniques de premier plan. Nous pouvons donc
animer une diplomatie altermondialiste entendue et respectée. Ce sera la
meilleure contribution de la France à la paix et au codéveloppement.
Elle ne sera pas isolée, au contraire. Et elle ne sera plus embarquée
dans des conflits menés au profit des seuls États-Unis en déclin. Quand
ils sont interrogés sur chacune de nos propositions, les Français
expriment un très large soutien. Un tel programme peut donc rassembler
une majorité du peuple français. J’ai confiance. Ma candidature est
celle de l’expérience acquise et de la détermination à agir. J’ai la
force d’un programme et d’une équipe « prête à gouverner ». Le bulletin
de vote à mon nom est le moyen concret pour entrer dans la société de
l’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature. Il annonce à
la fois le chemin et l’objectif : l’union populaire pour l’Avenir en
commun. La nouvelle France issue des bouleversements de son histoire
depuis le milieu du siècle précédent a besoin de cette ample refondation
commune de son destin. Je crois qu’elle parlera au monde.
Jean-Luc Mélenchon
Vivre libres et citoyens
« Et vous, législateurs, souvenez-vous que vous n’êtes point les
représentants d’une caste privilégiée, mais ceux du peuple français,
n’oubliez pas que la source de l’ordre, c’est la justice, que le plus
sûr garant de la tranquillité publique, c’est le bonheur des
citoyens.»
– Robespierre, Discours à la Convention sur les subsistances, 2
décembre 1792
« Sans l’autorité d’un seul, il y aurait la lumière, il y aurait la
vérité, il y aurait la justice. L’autorité d’un seul, c’est un crime. Ce
que nous voulons, c’est l’autorité de tous. »
– Louise Michel, Plaidoirie devant la cour d’assises de la Seine,
22 juin 1883
La 5e République a fait son temps. L’abstention est devenue
majoritaire dans la plupart des élections. Une démocratie sans le peuple
n’en est plus tout à fait une. Une petite caste de privilégiés,
président-monarque à sa tête, désorganise l’État et dirige à son profit.
Ce système dresse les Français les uns contre les autres. Il efface le
peuple au profit d’une dérive autoritaire toujours plus marquée. La
France d’aujourd’hui n’a plus le visage de 1958. À cette nouvelle France
doit correspondre une nouvelle République. Ce sera le moyen pour le
peuple de se refonder en écrivant lui-même les règles du jeu, la
nouvelle Constitution.
Chapitre 1 : Démocratie
et institutions
1.
Réunir une Assemblée constituante pour passer à la 6e République
Les institutions de la 5e République sont devenues dangereuses. Elles
organisent un pouvoir solitaire. L’irresponsabilité des dirigeants leur
permet de mettre en péril nos biens communs. Les citoyens sont écartés
de la décision politique. La confiance est rompue entre le peuple et ses
institutions représentatives. Nous avons le pouvoir de refonder nos
institutions communes. Nous proposons que les Français se dotent d’une
nouvelle Constitution rédigée par une Assemblée constituante.
Mesure clé
Convoquer une Constituante pour passer à la 6e
République
Convoquer un référendum (article 11) pour engager le processus
constituant et décider des modalités de composition de l’Assemblée
constituante : mode de scrutin, parité, tirage au sort et
incompatibilités ; et des modalités de délibération : comités
constituants et participation citoyenne.
Aucun parlementaire des anciennes assemblées ne pourra siéger dans
cette Assemblée constituante ; les délégués à l’Assemblée constituante
ne pourront être candidats aux élections suivant l’entrée en vigueur de
la Constitution
Le projet de Constitution proposé par l’Assemblée constituante sera
soumis à référendum après deux ans de travaux. En cas de vote négatif,
la Constituante reprendrait ses travaux
À savoir
63% des Français sont favorables à la convocation d’une Assemblée
constituante, chargée de rédiger une nouvelle Constitution pour la
France (Harris Interactive, juillet 2021).
62% des Français sont favorables à la mise en place d’une 6e
République donnant davantage de pouvoir au Parlement et moins de pouvoir
au Président (Odoxa, novembre 2014).
2. Abolir la monarchie
présidentielle
Le président de la République concentre beaucoup trop de pouvoirs :
tout le pays est entraîné par sa seule volonté. Les députés deviennent
plus des témoins que des acteurs de la décision politique : il faut
mettre fin à cette aberration, qui a atteint son paroxysme autoritaire
sous la présidence de Macron.
Mesure clé
Passer à une 6e République qui soit un régime parlementaire
stable
Par la loi : Élire l’Assemblée nationale au scrutin proportionnel
départemental (ou à l’échelle de la collectivité unique dans les
Outre-mer)
Dans le cadre de l’Assemblée constituante, obliger le gouvernement à
rendre réellement des comptes devant le Parlement
Dans le cadre de l’Assemblée constituante, abolir les procédures de
« votes forcés » du Parlement comme l’article 49.3 de la Constitution de
la 5e République
À savoir
68% des Français sont favorables à l’instauration de la
proportionnelle pour les prochaines élections législatives (sur la base
de listes départementales) (Harris Interactive, mai 2021)
3.
Balayer l’oligarchie, abolir les privilèges de la caste
La collusion entre des intérêts privés, financiers ou industriels, et
l’oligarchie qui s’est emparée de nos institutions est devenue criante
sous Emmanuel Macron. Une caste de privilégiés, vouée aux plus riches,
gangrène l’État. Nous voulons défaire ce système injuste, rappeler le
principe fondamental de l’égalité entre tous, organiser la séparation de
l’État et de la finance.
Mesure clé
Mettre en place un plan de séparation de l’argent et de
l’État
Combattre l’influence des lobbys dans le débat parlementaire,
interdire l’entrée du Parlement aux lobbyistes et leurs cadeaux aux
parlementaires, aux membres du gouvernement et à leurs cabinets
Rendre inéligible à vie toute personne condamnée pour
corruption
Durcir les règles contre les conflits d’intérêts et interdire le
pantouflage : tout haut fonctionnaire souhaitant travailler dans le
privé devra démissionner de la fonction publique et rembourser le prix
de sa formation s’il n’a pas servi au moins dix ans
Allonger à dix ans les périodes d’interdiction d’exercice d’une
fonction privée après avoir exercé une activité dans la fonction
publique relative au même secteur
Garantir des recrutements qui reflètent la diversité sociologique de
la société dans les concours de la fonction publique
Supprimer le monopole du déclenchement de poursuites judiciaires par
la seule administration fiscale pour toutes les affaires en cas de
fraude, quelle qu’elle soit : la justice doit pouvoir enquêter
librement, même contre l’avis du ministre
Mettre fin au monopole de la parole des patrons par le Medef et
fonder la représentativité des organisations patronales sur la base
d’élections des chefs d’entreprise, comme c’est le cas pour les
syndicats de salariés
Organiser l’élection des administrateurs de la Sécurité sociale par
les assurés eux-mêmes
Réformer le financement de la vie politique et abaisser à 200 euros
le plafond des dons individuels aux partis politiques
Cesser de sous-traiter et de surfacturer la mise en oeuvre et
l’évaluation des politiques publiques à des cabinets de conseils
privés
Abolir la réforme Macron du corps préfectoral et diplomatique
À savoir
85% des Français sont pour durcir les règles contre les conflits
d’intérêts (Harris Interactive, juillet 2021)
4. Une
République permettant l’intervention populaire
Les citoyens ne doivent pas être tenus à l’écart de la vie publique
en démocratie. C’est pourtant le cas aujourd’hui avec une forte
abstention aux élections. L’intervention citoyenne est le cœur de notre
programme et de notre projet politique pour la France.
Mesure clé
Instaurer le Référendum d’initiative citoyenne (RIC), par
lequel les citoyens qui réunissent suffisamment de signatures peuvent
révoquer des élus, proposer ou abroger une loi et modifier la
Constitution
Donner le droit de vote à 16 ans
Reconnaître le vote blanc, mettre en place le vote obligatoire et
instaurer un seuil de votes exprimés pour valider une élection
Instaurer une procédure de parrainages citoyens pour l’élection
présidentielle en alternative aux 500 parrainages d’élus
Interdire la sous-traitance des opérations de propagande électorale
à des entreprises privées
Présenter systématiquement au bureau de l’Assemblée nationale les
propositions émises par les citoyens dans le cadre de conventions
citoyennes ou d’assemblées créées à cet effet
Rendre obligatoire le recours au référendum en cas de modification
de la Constitution ou d’adoption d’un nouveau traité européen
Affirmer les trois échelons d’organisation décentralisée (communes,
départements, régions) pour mettre fin à la superposition d’échelons
technocratiques (métropoles, intercommunalités géantes…) qui éloigne les
citoyens des prises de décision
Rendre aux communes leur liberté de coopération
Donner à la Corse le statut garanti par l’article 74 de la
Constitution
Rendre effectif le principe du non-cumul des mandats et des
indemnités (un seul au même moment, deux mêmes mandats consécutifs
maximum)
Organiser la sortie du mandat : garantir un droit à la formation
professionnelle pour les élus
Faire voter une loi d’amnistie pour les syndicalistes, militants
écologistes, associatifs et les Gilets jaunes qui ont été condamnés pour
leur participation à la vie publique
À savoir
70% des Français sont favorables à à l’instauration d’une procédure
de parrainage citoyen pour l’élection présidentielle en alternative aux
« 500 parrainages » d’élus actuellement en vigueur (Harris Interactive,
mai 2021)
69% des Français se déclarent favorables à l’instauration du
Référendum d’initiative citoyenne (Ifop, février 2019)
5. Une République laïque
La laïcité est le principe qui garantit la liberté de conscience,
l’égalité entre tous les citoyens et rend ainsi possible notre vie
commune. Elle est indissociable de la souveraineté populaire. Nous
devons la faire respecter et nous en tenir aux principes très clairs
énoncés par la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État. La
laïcité interdit l’ingérence des religions dans les affaires publiques.
Elle ne peut être confondue avec un athéisme d’État ni prétendre
organiser les religions. Elle ne doit jamais servir à montrer du doigt
les croyants d’une religion, comme, dans la période récente, cela a été
fait contre les musulmans.
Mesure clé
Garantir la liberté de conscience et l’application stricte de
la laïcité
Abroger le concordat d’Alsace-Moselle et les divers statuts
spécifiques en vigueur dans les Outre-mer
Interdire aux élus locaux, parlementaires, ministres et préfets
d’assister à des cérémonies religieuses au titre de leurs fonctions ou
de recevoir des titres religieux, refuser l’attribution du titre de
chanoine de Latran au président de la République
Combattre tous les communautarismes et l’usage politique des
religions
Refuser les financements publics pour la construction d’édifices
religieux, d’activités cultuelles et d’établissements
confessionnels
Garantir la présence d’une école publique laïque dans chaque commune
du pays
Rétablir et augmenter les moyens et l’autonomie de la mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires
(Miviludes)
À savoir
70% des Français sont pour la suppression du financement des cultes
par l’argent public en Alsace-Moselle et en Outre-mer (Harris
Interactive, juillet 2021)
6. La Révolution
citoyenne dans les médias
L’information doit être libre et pluraliste ; c’est une exigence
démocratique que nous garantirons. L’argent et les monopoles ne peuvent
dominer le monde de l’information. La Révolution citoyenne concerne
aussi notre droit à être informés honnêtement : l’alignement politique
et la soumission financière des médias nuisent au pluralisme et à la
liberté d’expression.
Mesure clé
Adopter une loi anti-concentration dans les médias et engager
leur démocratisation
Transformer le « Conseil de déontologie des médias » créé en 2019 en
véritable contre-pouvoir citoyen
Protéger le secteur des intérêts financiers et politiques par un
renforcement du statut juridique des rédactions, l’introduction d’une
charte déontologique dans la convention collective et donner un droit
d’agrément aux rédactions face à l’entrée d’un nouvel actionnaire
Réserver les aides publiques à la presse aux seuls médias
d’information, mutualiser les outils de distribution (imprimeries,
serveurs, distribution)
Élire au Parlement les présidents de France Télévisions et de Radio
France
Favoriser les coopératives de journalistes, travailleurs des médias
et de lecteurs/spectateurs/auditeurs, attribuer des fréquences aux
médias locaux et associatifs
Assurer une protection des sources et des lanceurs d’alerte, sans
les obliger à saisir leur employeur en premier lieu
Interdire les sondages dans les jours précédant les élections en
application de la loi adoptée à l’unanimité par le Sénat en 2011 et
enterrée depuis
À savoir
73% des Français sont favorables à la création d’un organisme
citoyen chargé de contrôler la déontologie des médias (Harris
Interactive, juillet 2021)
Chapitre 2 : Sûreté et
justice
7. La justice au nom du peuple
En République, la justice est rendue au nom du peuple. Mais la
justice n’a plus les moyens de ses missions : elle a été laissée à
l’abandon par les gouvernements successifs. Les pressions sur elle se
sont multipliées. Les liaisons dangereuses aussi. Il faut des moyens
humains et financiers pour qu’elle soit bien assurée, et dans des délais
raisonnables.
Mesure clé
Assurer un meilleur accès de toutes et tous à la justice, en
augmentant notamment l’aide juridictionnelle et en veillant au retour
des tribunaux de proximité
Planifier des moyens pour la justice et recruter davantage de
fonctionnaires : magistrats, greffiers, agents de la protection
judiciaire de la jeunesse
Mettre fin à la disparition progressive des jurés populaires,
supprimer les cours criminelles sans jurés et expérimenter les jurés
dans les tribunaux correctionnels
Renforcer les droits de la défense, inscrire le droit à une défense
dans la Constitution, renforcer la place de l’avocat et limiter le
recours à la visioconférence qui déshumanise la justice
Garantir la gratuité des procédures les plus courantes (le divorce,
par exemple)
Garantir des sessions de formation (histoire, géographie et enjeux
locaux) pour les magistrats non originaires dans les Outre-mer
8. Une politique de justice
efficace
La justice inspire de plus en plus la défiance de nos concitoyens.
Elle est perçue comme trop lente, trop déconnectée de la réalité et du
vécu des accusés ou des victimes au pénal, ou des parties au civil. Son
indépendance est mise en cause dans les affaires politicofinancières.
Une réelle réforme de la justice ne pourra se faire que dans un grand
rendez-vous entre le peuple et ses institutions avec la convocation
d’une Assemblée constituante. En attendant, nous proposons d’ores et
déjà de nombreuses réformes.
Mesure clé
Confier au Parlement l’orientation de la politique pénale du
pays par un débat annuel sur un texte avec un vote
Renforcer l’indépendance de la justice vis-à-vis de l’exécutif :
interdire les instructions individuelles et les remontées d’information
individuelles sauf lorsqu’elles appellent à une intervention directe de
l’exécutif en matière d’ordre public (le terrorisme, par exemple)
Poursuivre et punir tous les complices de violation du secret de
l’instruction
Respecter la dignité et les droits des personnes privées de liberté
: en finir avec la surpopulation carcérale et assurer aux personnes
détenues les moyens de se réinsérer dans notre société
Lutter contre la délinquance financière : doubler les effectifs des
services qui luttent contre les infractions financières, supprimer
réellement le verrou de Bercy, donner plus de moyens humains aux
brigades en charge de la délinquance financière, augmenter le nombre de
juges d’instruction et supprimer la convention judiciaire d’intérêt
public
Lutter contre l’impunité des agresseurs sexuels et la
correctionnalisation des viols
Donner les moyens d’une justice pénale environnementale efficace,
punir les pollutions industrielles et appliquer strictement le principe
pollueur-payeur
9. Une politique
antiterroriste rationnelle
Depuis trente ans, une loi contre le terrorisme a été adoptée tous
les deux ans. Ces dernières années, le rythme a été plus proche d’une
loi par an. Toutes ces lois avaient la même stratégie : lutter contre
les attaques terroristes en réduisant les libertés individuelles et en
misant sur la surveillance technologique. C’est un échec. Nous proposons
de miser sur les moyens humains.
Mesure clé
Élaborer une nouvelle stratégie antiterroriste
Faciliter les poursuites contre les entreprises ou associations en
cas d’activités illicites ou de fraude fiscale permettant le financement
du terrorisme, instaurer comme peine principale la déchéance des droits
civiques des personnes physiques qui y participent, et réquisitionner
les entreprises qui collaborent avec les agresseurs
Renforcer les moyens humains du renseignement en revenant sur la
fusion de la direction de la surveillance du territoire (DST) et des
renseignements généraux (RG) et privilégier l’infiltration humaine
plutôt que le mirage du tout-technologique
Procéder à l’évaluation des résultats des lois déjà adoptées
Lutter contre l’embrigadement et soutenir les programmes de prise en
charge des personnes suspectées
Revenir sur toutes les dispositions liberticides qui ont instauré un
état d’urgence permanent
Garantir le contrôle par le juge judiciaire des opérations de lutte
contre le terrorisme
Renforcer les moyens humains de la plateforme PHAROS en charge de la
prévention et de la surveillance des violences sur Internet
10. Refonder une police
républicaine
La République a besoin d’une justice, mais également d’une police qui
lui soit loyale, et qui soit attachée aux principes de l’état de droit.
La police doit agir pour la protection des libertés individuelles et
collectives.
Mesure clé
Refonder les activités de police pour garantir le droit à la
sûreté
Rétablir la police de proximité et démanteler les BAC (brigades
anticriminalité) et les BRAV-M (Brigades de répression des actions
violentes motorisées)
Intégrer les effectifs de police municipale à la nouvelle police de
proximité après une formation de quelques mois, la répartir en fonction
de la taille de la population et des besoins objectifs, et la placer
sous l’autorité fonctionnelle du maire et l’autorité hiérarchique du
préfet
Construire de nouveaux centres d’activités de police de
proximité
Intégrer au service public certaines fonctions de sécurité
aujourd’hui privées
Titulariser et former les policiers adjoints qui le souhaitent
Porter à deux ans la formation des élèves gardiens de la paix,
réviser son contenu, et réouvrir des écoles nationales pour les
activités de police
En finir avec la politique du chiffre et les primes aux
résultats
Augmenter les effectifs en charge de la délinquance financière, du
trafic d’êtres humains et du démantèlement des réseaux mafieux et
doubler les effectifs de la police technique et scientifique
Interdire dans la loi tout usage des technologies de reconnaissance
faciale dans les espaces et établissements publics sur le territoire
français, ainsi que leur expérimentation
Abroger les lois sécuritaires inefficaces et renforcer les logiques
de prévention, notamment les moyens humains de la prévention spécialisée
dans les départements
Interdire les tasers, les grenades de désencerclement, les «
lanceurs de balles de défense 40 » (Flash-Ball) pour favoriser la
désescalade des affrontements
Interdire les techniques d’immobilisation létales : le plaquage
ventral, le pliage ventral et la clé d’étranglement
Interdire la technique de la « nasse » (ou « encerclement ») en
manifestation, sauf en cas de mise en danger pour les personnes
Donner plus de moyens au Défenseur des droits
Rétablir le code de déontologie de la police de 1986
Créer une commission « Vérité et Justice » sur les violences
policières ayant entraîné la mort ou la mutilation de citoyens pour en
établir toutes les responsabilités
Supprimer l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) et
l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN) et les
remplacer par une autorité indépendante incluant des magistrats, des
universitaires, des citoyens, rattachée au Défenseur des droits,
remplaçant le service actuel, et lui octroyant une capacité de sanctions
disciplinaires propre sur les agents fautifs
À savoir
60% des Français sont favorables au remplacement des brigades
anticriminalité (BAC) par une police de proximité (Harris Interactive,
juillet 2021)
70% des Français se disent favorable à une réforme de l’IGPN pour la
rendre indépendante du ministère de l’Intérieur (Yougov, décembre
2020)
11.
Addictions et drogues : il faut changer de stratégie
La politique française en matière de drogues mais aussi d’autres
consommations addictives et néfastes (alcool, tabac, médicaments) se
résume trop souvent à la répression ou à l’hypocrisie. Pourtant les
addictions concernent plusieurs millions de personnes. L’Office français
des dépendances et toxicomanies estime ainsi que 8 % des adultes
présenteraient un risque chronique d’addiction à l’alcool et un quart
(27 %) une addiction au tabac. L’usage problématique ou la dépendance au
cannabis concernerait 7 % des adolescents de 17 ans et 3 % des 18-64
ans. C’est une affaire de santé publique ! L’heure est venue de changer
de stratégie pour lutter plus efficacement et plus humainement contre
les addictions.
Mesure clé
Légaliser et encadrer par un monopole d’État la consommation,
la production et la vente de cannabis à des fins récréatives dans des
conditions permettant de lutter contre l’addiction
Affecter les recettes des taxes sur le cannabis à des programmes de
lutte contre les addictions, notamment en milieu scolaire, et à une
politique de prévention, de réduction des risques et d’aide à la
désintoxication
S’attaquer aux causes des addictions, pour engager une politique de
réduction des risques plutôt que de continuer une politique de
répression des consommateurs
Confier le pilotage de la politique de lutte contre les drogues au
ministère de la Santé et non plus de l’Intérieur
Accroître les forces de police et des douanes à des fins
d’investigation et de remontées des filières
Lutter contre les organisateurs du trafic de cigarettes et viser une
jeunesse « zéro tabac »
À savoir
57% des Français sont pour la légalisation, encadrée par l’État, de
la consommation de cannabis (Harris Interactive, juillet 2021)
12. Protéger les enfants
Appliquons les droits des enfants et offrons des conditions de
travail et de vie décentes pour toutes celles et tous ceux qui sont
chargés de les protéger. Mettons fin aux violences éducatives ordinaires
physiques, verbales et psychologiques, toujours trop répandues.
Mesure clé
Faire respecter la Convention internationale des droits de
l’enfant concernant la protection de l’enfance, les enfants étrangers,
l’interdiction des violences dites éducatives, le soutien à la
parentalité
Garantir le respect des principes de l’ordonnance de février 1945
sur l’enfance en conflit avec la loi et instaurer un code de l’enfance
combinant civil et pénal en concertation avec les professionnels
Recentraliser la protection de l’enfance en augmentant
significativement ses moyens financiers et humains, pour une égalité
entre tous les enfants de la République et un accompagnement éducatif de
qualité
Débloquer des moyens pour construire des foyers supplémentaires qui
permettent de séparer les enfants par tranches d’âge, préserver les
fratries, préserver les jeunes victimes d’agressions sexuelles (centres
de résilience), assurer des accueils d’urgence ponctuels, prendre en
compte une dimension de soin psychiatrique
Rendre obligatoire la prise en charge par un contrat jeune majeur de
tous les enfants issus de l’Aide sociale à l’enfance (ASE)
Engager un plan de rattrapage spécifique pour la protection de
l’enfance dans les Outre-mer : doter chaque collectivité de structures
de protection de l’enfance et de protection maternelle et infantile
adaptées, recruter du personnel et le former aux problématiques
locales
Lutter véritablement contre les violences sexuelles faites aux
enfants en augmentant les effectifs de police spécialisés en lutte
contre la cyberpédopornographie, en formant les professionnels en
contact avec les enfants et en finançant la prise en charge de soins
adaptés, protéger les enfants qui parlent
Renforcer les moyens de l’autorité judiciaire consacrés au
traitement des signalements des contenus illégaux sur des plateformes
privées et au contrôle de leurs retraits effectifs
Interdire la violence physique et psychologique de toutes sortes
(éducative, punitive, ou autre) à l’égard des enfants
S’adapter au système de la
nature
« Sommes-nous donc hypnotisés au point d’accepter le médiocre et le
nocif, comme si nous avions perdu la force ou la pénétration nécessaire
pour exiger le bon ? »
– Rachel Carson, Printemps silencieux, 1962
« Le comportement borné des hommes en face de la nature conditionne
leur comportement borné entre eux »
– Karl Marx, L’idéologie allemande, 1845
Le capitalisme financiarisé épuise les humains et les écosystèmes.
Construire une société de l’harmonie avec la nature suppose donc de
rompre avec ce système. La pandémie de Covid-19 a montré la nocivité de
la course au profit à tout prix et du grand déménagement du monde. Nos
sociétés font face à une réalité : le changement climatique est commencé
et il est irréversible. Il s’agit donc désormais à la fois de le freiner
pour garantir la survie des sociétés humaines et de nous adapter à cette
nouvelle donne climatique. Notre outil sera la planification puisque le
marché et la concurrence ont montré leur incapacité à relever ces
défis.
Chapitre
3 : Planification écologique et organisation du pays
13. La
bifurcation écologique pour une société de l’harmonie
L’urgence écologique et climatique suppose de rompre avec le système
de l’argent-roi. L’exigence d’une société d’harmonie des êtres humains
entre eux et avec la nature doit être inscrite au sommet de la
hiérarchie des normes par la « règle verte » et conditionner l’action de
l’État. L’enjeu est la reconquête collective du temps long. C’est le but
de la planification écologique comme méthode pour gouverner par les
besoins.
Mesure clé
Inscrire dans la Constitution le principe de la « règle verte
», selon laquelle on ne prélève pas davantage à la nature que ce qu’elle
est en état de reconstituer
Adopter des lois cadres instaurant une planification écologique et
démocratique coordonnant les niveaux national et local
Donner les moyens humains et financiers à l’État et ses opérateurs
publics (comme le Cerema, l’Office national des forêts, l’Office
français de la biodiversité ou Météo France) pour mener à bien leur rôle
de planification
Créer un Conseil à la planification écologique
Relever les ambitions climatiques de la France avec pour objectif
une baisse de 65% des émissions en 2030 (au lieu de 40 % actuellement)
et rendre public un bilan annuel
Obliger les entreprises à mettre en œuvre une comptabilité carbone
pour les émissions directes et indirectes certifiée par un organisme
public agréé en commençant par les secteurs les plus émetteurs de gaz à
effet de serre (GES) - énergie, transport, bâtiment, industrie lourde -
puis selon la taille des entreprises, accompagnée d’une trajectoire de
baisse de leurs émissions
Créer une Agence pour les relocalisations dépendant du Conseil à la
planification écologique, chargée de recenser les secteurs industriels
indispensables à la souveraineté nationale et à la bifurcation
écologique, et d’établir un plan de relocalisation pour chaque filière
ou production stratégique identifiée
À savoir
83% des Français sont d’accord pour interdire de prélever chaque
année plus de matières premières que la Terre est capable de
reconstituer en un an (Harris Interactive, juillet 2021)
14.
L’organisation de l’État au service de la planification écologique
Nous devons réorganiser l’État républicain d’après des objectifs
écologiques et démocratiques. La planification écologique devra
s’appuyer sur la commune, échelon vital de la démocratie. L’objectif de
maîtrise du cycle de l’eau doit guider la nouvelle organisation : les
bassins versants et les agences de l’eau en seront le socle, pour
atteindre un grand objectif « zéro pollution et zéro épuisement de la
ressource en eau ».
Mesure clé
Redécouper les Régions à partir des bassins versants et leur
confier l’eau comme première responsabilité
Redonner aux communes le rôle de cellule de base de la démocratie
locale, permettre leur libre association et les impliquer pleinement
dans les décisions et la mise en oeuvre des investissements de la
planification écologique
Supprimer les mégarégions et les métropoles technocratiques, et
revenir sur l’obligation d’appartenance des communes à des
intercommunalités en abrogeant la loi portant sur la Nouvelle
Organisation territoriale de la République (NOTRe)
Supprimer les régions transfrontalières (ou eurorégions)
Interdire le « droit à la différenciation » - qui permettrait que
des règles différentes s’appliquent selon les territoires - afin de
garantir l’égalité entre les citoyens
Réserver le statut de collectivité unique aux territoires insulaires
et des Outre-mer
Recomposer les assemblées régionales à partir des élections des
conseillers départementaux
Mettre en place des défenseurs de la nature chargés de l’eau, l’air,
la forêt, la végétalisation et la perméabilité des sols au niveau
communal
Rééquilibrer la dotation globale de fonctionnement versée aux
communes pour lutter contre les inégalités territoriales
Mettre en place des assemblées citoyennes régionales pour débattre
des projets d’aménagement et d’investissement en lien avec la
planification écologique
Stopper l’étalement urbain : renoncer aux grands projets inutiles et
imposés et rapprocher les bassins de vie et les bassins d’emploi
15.
Les Outre-mer, avant-postes de la planification écologique
Les Outre-mer pourraient être les pilotes de la planification
écologique et du progrès humain. Il existe déjà des « plans pays » bâtis
par les Ultramarins eux-mêmes. Ils doivent servir de grands objectifs
écologiques fixés à partir des besoins essentiels : autonomie
énergétique, relocalisation de la production alimentaire, déploiement
d’une économie de la mer.
Mesure clé
Faire des Outre-mer des territoires pilotes de la
planification écologique et des circuits courts : autonomie énergétique
et 100% renouvelable, autosuffisance alimentaire, politique maritime,
protection de la biodiversité
Instaurer un bouclier douanier via une taxe kilométrique en faveur
des productions locales à faible empreinte écologique
Appliquer une préférence commerciale pour les produits ultramarins
vers l’Hexagone et l’Europe et nouer des partenariats commerciaux
équilibrés avec les voisins régionaux
Tendre vers l’autosuffisance alimentaire grâce à l’agriculture
paysanne écologique et des filières agroalimentaires locales
Protéger la biodiversité exceptionnelle des Outre-mer
Promouvoir des plans d’autonomie énergétique
16.
L’égalité des populations par la démocratie et les services publics
Des territoires ruraux et des petites villes abandonnés, des
métropoles éclatées entre ghettos de riches et quartiers pauvres : les
Gilets jaunes ont jailli de cette démesure inégalitaire. Remettons de
l’ordre et de la justice dans l’organisation du pays. Les services
publics en seront les piliers.
Mesure clé
Défendre et reconstruire le maillage de transports en commun
et de services publics, notamment dans les départements ruraux, les
quartiers populaires et les Outre-mer afin de garantir une distance
maximale (de quinze à trente minutes, en voiture ou en transport
collectif) entre tout lieu d’habitation et les services publics
essentiels (école, gare, hôpital, bureau de poste)
Réaffirmer le rôle du département comme échelle pertinente pour
organiser un maillage équilibré du territoire en services publics
essentiels à la population
Favoriser l’installation d’entreprises, d’artisans, de commerçants
par la mise en place d’aides spécifiques
Soutenir le tissu associatif local en maintenant les subventions, en
généralisant les conventions pluriannuelles et en sortant de la logique
des appels à projets
Organiser des états généraux des quartiers populaires et des états
généraux des espaces ruraux pour construire une véritable égalité
territoriale notamment dans les services publics
Renforcer les dotations de l’État pour les territoires et régions en
retard de développement économique et social
À savoir
93 % des Français sont pour un grand plan d’investissement dans les
services publics, en particulier de santé (Ifop pour L’Humanité, mai
2021).
Chapitre 4
: Les grands défis de la bifurcation écologique
17.
Investir pour lancer la bifurcation de notre économie
C’est à partir de l’urgence écologique et climatique que doit se
penser la politique de la Nation. La bifurcation écologique nécessite
des investissements massifs pour changer les modes de production,
d’échange et de consommation. Il faut créer des millions d’emplois de
qualité pour mettre en œuvre ces changements. L’État républicain en
dialogue avec les communes doit planifier la mobilisation générale.
Mesure clé
Lancer un plan massif de 200 milliards d’euros
d’investissements écologiquement et socialement utiles
Annuler les cadeaux fiscaux accordés sans contrepartie aux plus
grandes entreprises ces dix dernières années
Utiliser cet argent pour investir et rétablir des pôles publics dans
l’énergie, les transports et la santé afin de réindustrialiser le pays
par des plans de filières au service de la bifurcation écologique
18.
Développer les transports publics écologiques, repenser la mobilité
individuelle
Le transport ferroviaire a été abandonné au profit des camions et des
bus Macron. La libéralisation empêche toute politique de bifurcation
écologique. Il est urgent de relocaliser les productions et de réduire
les distances entre bassins de vie et bassins d’emploi.
Mesure clé
Créer un pôle public des transports et de la
mobilité
Renationaliser la SNCF et refuser la mise en concurrence des lignes
de transport
Refuser la suppression des lignes ferroviaires du quotidien et en
réouvrir, augmenter le nombre de trains et garantir des tarifs
accessibles, maintenir des guichets physiques dans les gares
Développer les transports publics à la demande hors des zones denses
de transport public
Supprimer les lignes aériennes quand l’alternative en train est
inférieure à quatre heures
Repenser la mobilité individuelle en développant les usages partagés
de la voiture et les mobilités douces (comme le vélo)
Adopter un plan de développement du ferroutage et de report modal
(cabotage maritime, fluvial et dirigeable)
Renationaliser les autoroutes, en revenant sur les hausses de prix
passées, ainsi que les aéroports stratégiques
Engager un plan spécifique de développement des transports
collectifs en Outre-mer, quasi inexistants aujourd’hui, sur le modèle du
projet de tram-train à La Réunion
À savoir
76% des Français sont pour le retour d’un contrôle public sur le
rail et les trains (Harris Interactive, juillet 2021)
19.
Organiser le 100% d’énergies renouvelables en 2050 et la rénovation
énergétique
Les énergies fossiles sont polluantes et responsables du changement
climatique. Le nucléaire n’est pas non plus une solution d’avenir. Une
bifurcation de notre modèle énergétique s’impose. Pour réduire les
émissions de gaz à effet de serre (GES), nous devons atteindre le 100%
d’énergies renouvelables. L’impératif de sobriété implique un plan
d’envergure pour rénover l’ensemble du parc immobilier.
Mesure clé
Planifier le passage à 100% d’énergies renouvelables avec un
double mot d’ordre : sobriété et efficacité énergétique
Sortir des énergies carbonées : arrêter les subventions aux énergies
fossiles, y compris à l’étranger
Sortir du nucléaire : abandonner les projets d’EPR (European
Pressurized Reactor – Réacteur pressurisé européen), planifier le
démantèlement, la réhabilitation et la reconversion des sites nucléaires
et de l’ensemble de leur bassin de vie
Instaurer une tarification progressive de l’énergie et garantir la
gratuité des premières quantités indispensables à une vie digne
Annuler la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz :
stopper la privatisation des barrages hydroélectriques, créer un pôle
public de l’énergie en lien avec des coopératives locales en
renationalisant EDF et Engie
Annuler les hausses du tarif du gaz depuis 2017
Favoriser partout sur le territoire le recours aux diverses sources
d’énergie les plus adaptées aux conditions météorologiques et
géographiques (pour lutter contre la méthanisation à outrance
notamment)
Refaire l’isolation d’au moins 700 000 logements par an
Mettre fin aux situations de précarité énergétique : privilégier les
rénovations complètes, interdire réellement la location des passoires
thermiques, renforcer les programmes de détection des passoires
énergétiques, cibler les aides à la rénovation en fonction des revenus
des ménages
Conditionner l’obtention de labels écologiques à des résultats
énergétiques concrets et vérifiés pour les bâtiments neufs comme pour
les rénovations thermiques
Se donner les moyens : former les professionnels, mettre en place un
« guichet unique » public pour les propriétaires devant faire cette
rénovation
Réduire l’impact écologique des travaux : développer
l’écoconstruction avec des matériaux bioclimatiques
(bois/terre/paille)
Mettre en place une convention collective unique pour les
travailleurs du nucléaire et arrêter l’utilisation massive de la
sous-traitance, tout en garantissant leur reconversion au fur et à
mesure des fermetures de centrales
À savoir
74% des Français sont favorables à un objectif de 100% d’énergies
renouvelables (Harris Interactive, juillet 2021)
314 530 personnes ont participé à la votation organisée sur la
sortie du nucléaire en 2018 (93,13% des votants y étaient
favorables)
20. Consommer
autrement, une France « zéro déchet »
La planète croule sous les déchets. À l’heure actuelle, nous ne
pénalisons pas le mésusage des ressources mais en privons ceux qui ne
peuvent payer. Nous devons sortir du cercle vicieux « produire plus pour
consommer plus ». En application de la « règle verte », changeons de
logique. Préférons la société du réparable et du durable à celle de
l’obsolescence programmée et du tout-jetable.
Mesure clé
Abolir l’obsolescence programmée et allonger les durées de
garantie légale des produits
Contre la surproduction de déchets : interdire immédiatement les
plastiques à usage unique, remettre en place la consigne pour les
bouteilles et bocaux en verre, rendre obligatoires le recyclage, le
compostage ou l’incinération (dans cet ordre de priorité), généraliser
les consignes, développer les filières de réutilisation des matériaux et
de substitution aux matériaux carbonés
Créer un service public de la réparation et du réemploi, avec la
mise en place de formations pour certains métiers (notamment
électricité, électronique, bâtiment, textile)
Rendre la collecte séparée des déchets organiques effective et
obligatoire à l’horizon 2025, en commençant par les zones rurales
(redistribution du compost aux agriculteurs locaux)
Rendre obligatoire l’écoconception des produits afin de limiter
l’utilisation de ressources non renouvelables
Généraliser au plus vite l’indice de durabilité des produits
(possibilité d’être réparé, durée de vie, etc.), rendre obligatoire la
disponibilité de pièces de rechange et empêcher la mise sur le marché de
celles qui auraient un score de durabilité insuffisant
Faire reculer la publicité dans l’espace public, interdire le dépôt
de prospectus publicitaires commerciaux dans les boîtes aux lettres, les
panneaux publicitaires numériques et le démarchage téléphonique
commercial
Interdire la publicité des produits et services les plus émetteurs
de gaz à effet de serre sur tous les supports publicitaires
Diminuer les possibilités de diffusion de publicité à la
télévision
Créer un réseau national de déchèteries/recyclage
À savoir
78% des Français se déclarent favorables à l’interdiction des
publicités encourageant les pratiques alimentaires dangereuses pour la
santé et celles relatives à des secteurs polluants (Harris Interactive,
mai 2021)
70% des Français se montrent favorables à l’interdiction des
publicités numériques et lumineuses (Harris Interactive, mai 2021)
21.
Souveraineté alimentaire et révolution agricole : pour une agriculture
écologique et paysanne
L’agro-business détruit tout : les écosystèmes, notre santé et celle
des paysans. Les maux sont connus : pesticides, gigantisme agricole,
soumission aux marchés financiers. Ce système met à mal notre capacité à
nourrir l’humanité. L’agriculture écologique et paysanne doit nourrir la
population et ceux qui en vivent.
Mesure clé
Instaurer une agriculture relocalisée, diversifiée et
écologique et créer 300 000 emplois agricoles
Garantir des prix rémunérateurs aux producteurs par des prix
planchers pour les agriculteurs, interdire les ventes à perte et mettre
en place une caisse de défaisance pour reprendre les dettes agricoles
des convertis au 100% bio
Refondre la PAC (politique agricole commune) et orienter les aides
publiques agricoles pour favoriser la production écologiquement
soutenable, l’intensité en main d’oeuvre des exploitations et le
développement des protéines végétales
Faire une réforme agraire pour encourager l’installation de nouveaux
agriculteurs et permettre le développement d’un tissu de nombreuses
exploitations à taille humaine
Lutter contre l’artificialisation des sols pour empêcher la
disparition de surfaces agricoles utiles
Planifier la réduction progressive des doses d’engrais et de
pesticides, interdire immédiatement les plus dangereux (glyphosate,
néonicotinoïdes)
Instaurer un protectionnisme écologique en fonction des conditions
de production et de rémunération du travail agricole
Encadrer les prix alimentaires par des prix maximaux établis par un
coefficient multiplicateur et limiter les marges de la grande
distribution
Développer les circuits courts pour réduire la circulation des
marchandises et l’utilisation d’emballages
À savoir
86% des Français sont favorables à un plan de création de 300 000
emplois dans l’agriculture (Harris Interactive, juillet 2021)
89% des Français sont favorables à une loi pour l’interdiction du
glyphosate (Ifop, février 2019)
22. En finir avec la malbouffe
Nous sommes confrontés à une épidémie de maladies chroniques
(diabète, obésité) et de cancers. L’agroindustrie et ses produits vendus
à grand renfort d’additifs et de publicité en sont une cause majeure.
Les plus pauvres en sont les premières victimes. En finir avec la
malbouffe est un enjeu de santé publique. Nous avons les moyens de
produire autrement pour nous nourrir tous et mieux.
Mesure clé
Créer un ministère de la Production alimentaire
Interdire d’urgence les additifs les plus controversés, limiter la
liste des additifs autorisés à ceux admis dans l’agriculture
biologique
Fixer des taux maximaux de sel, de sucre et d’acide gras saturés
dans les aliments transformés et garantir l’application de la loi y
compris dans les Outre-mer
Rendre le nutri-score (étiquetage nutritionnel) obligatoire pour en
finir avec la désinformation de la grande distribution
Interdire la publicité alimentaire sur tous les supports
(radiophonique, audiovisuel et électronique) à destination des enfants
et adolescents
Créer une heure hebdomadaire d’éducation à la nutrition de la
maternelle au collège
Expérimenter une garantie universelle d’accès à des aliments choisis
comme premier jalon d’une « sécurité sociale de l’alimentation »
Garantir en permanence l’accès à cinq fruits et légumes de saison à
prix bloqués
Porter l’alimentation dans la restauration collective à 100%
biologique et locale, réduire la part des protéines carnées au profit
des protéines végétales et y imposer une option végétarienne
quotidienne
À savoir
91% des Français sont favorables à une loi pour limiter la malbouffe
(Ifop, février 2019)
Chapitre 5 : Protection
des biens communs
23. Collectiviser
les biens communs fondamentaux
Une minorité veut vendre au marché jusqu’aux biens les plus
essentiels à la survie humaine. L’intérêt général humain exige de
protéger dans la loi ces biens communs de l’humanité. C’est au peuple de
contrôler démocratiquement leurs usages et leur protection. L’eau et
l’air, qui permettent la vie, doivent être collectivisés.
Mesure clé
Établir par référendum la liste des biens communs et services
essentiels et les collectiviser
Créer un défenseur des biens communs chargé de produire et publier
un rapport annuel
Empêcher le droit de propriété privée de prévaloir sur la protection
de l’eau, de l’air, de l’alimentation, du vivant, de la santé et de
l’énergie
24. Pollutions :
désempoisonner le monde
L’empoisonnement du monde est global. L’air, l’eau et les sols sont
affectés par toutes sortes de pollutions plastiques, chimiques,
industrielles. Les plus riches polluent le plus. Mais ce sont les plus
pauvres qui en subissent davantage les conséquences. Un plan de
dépollution national et international s’impose.
Mesure clé
Aider les victimes des pollutions et les lanceurs d’alerte
sur la base d’un fonds abondé par les consommations
polluantes
Redonner à l’État et aux collectivités locales les moyens humains et
financiers pour appliquer le triptyque « surveiller, contrôler,
sanctionner » et réguler face au libre marché
Revenir sur les affaiblissements des normes environnementales et des
mécanismes de participation publique décidés lors du précédent
quinquennat (décrets permettant aux préfets de déroger aux normes
environnementales, par exemple)
Établir un plan d’urgence pour la dépollution rapide des régions
durablement polluées en France, dont en priorité la Guadeloupe et la
Martinique victimes du chlordécone
Gérer les risques industriels avec la création d’une autorité de
sûreté indépendante des risques industriels, augmenter le nombre
d’inspecteurs des Installations classées pour la protection de
l’environnement (ICPE) et augmenter le seuil de l’amende maximale pour
les ICPE à 500 000 euros (contre 15 000 euros actuellement)
Arrêter les activités dangereuses pour la santé et l’environnement
(comme les engrais à base de nitrate d’ammonium) et planifier la
reconversion des travailleurs vers des secteurs d’activité utiles
(énergie, assainissement et gestion des déchets)
25. L’eau, enjeu central pour
l’Humanité
L’eau est le grand défi commun de l’humanité. C’est une urgence
écologique : le cycle de l’eau est perturbé par le réchauffement
climatique. C’est aussi une urgence sociale. Des centaines de milliers
de Français, les Ultramarins en première ligne, subissent des coupures
d’eau et leur eau est polluée. Garantir le droit d’accès à l’eau et à
l’assainissement par une gestion publique est une priorité.
Mesure clé
Consacrer une « règle bleue » qui applique le principe de la
« règle verte » (ne pas prendre à la nature davantage qu’elle ne peut
reconstituer) à l’eau pour son usage et pour la protection de sa
qualité
Inscrire l’eau comme bien commun et la protection de l’ensemble de
son cycle, y compris les nappes phréatiques, dans la Constitution
Inscrire l’accès à l’eau, son assainissement et le droit à l’hygiène
comme droit humain fondamental
Réprimer plus durement les coupures d’eau illégales
Créer un haut-commissariat à l’eau pour organiser une gestion 100%
publique de l’eau, articulée autour de régies publiques locales ouvertes
aux citoyens
Lancer un vaste plan d’investissement dans le renouvellement des
canalisations, accélérer les travaux déjà engagés en Outre-mer
Rendre effectif le droit à l’eau et à l’assainissement par la
gratuité des mètres cubes indispensables à la vie digne et par la
suppression de l’abonnement
Instaurer une tarification progressive et différenciée selon les
usages
Mailler le territoire de fontaines à eau, de douches et de
sanitaires publics et gratuits
Renforcer les effectifs de la police de l’eau présente sur tous les
territoires pour contrôler plus strictement le captage par les
industries d’eau en bouteille, et empêcher toute pollution industrielle
ou agricole
Redonner des moyens humains et financiers aux agences de l’eau
Mettre fin au déclassement des cours d’eau et rétablir les cours
d’eau déclassés
Atteindre durant le mandat le très bon état écologique et chimique
de tous les cours d’eau (fleuves, rivières, ruisseaux) et réserves
souterraines
Systématiser le recours au fret fluvial dès que possible
À savoir
80% des Français sont favorables à la gratuité des compteurs d’eau
et des premiers m3 nécessaires à la vie (Harris Interactive, juillet
2021)
26. Le droit à l’eau dans
les Outre-mer
Sécheresses, ouragans, montée des eaux : les Outre-mer sont en
première ligne des bouleversements en cours et à venir. L’accès à l’eau
est plus que jamais vital. Pourtant, la moitié se perd en fuites dans le
réseau et les coupures d’eau sont légion. Un grand plan d’investissement
et d’adaptation des infrastructures s’impose.
Mesure clé
Garantir l’accès à l’eau courante potable à tous les
habitants des Outre-mer, quoi qu’il en coûte
Rétablir une distribution d’eau de bonne qualité et en volume
suffisant dans les territoires d’Outre-mer où le service public de l’eau
est défaillant
Financer par l’État des travaux urgents de remplacement des
canalisations, notamment en Guadeloupe, sur l’adduction d’eau potable et
l’assainissement
Adopter la régie comme mode de gestion de l’eau et de
l’assainissement et prévoir des sanctions conséquentes lorsque les
délégataires, concessionnaires et fermiers ne remplissent pas leurs
obligations contractuelles, notamment en matière d’entretien des
réseaux
Déclencher, en cas de pénurie, un plan visant à la distribution de
bouteilles d’eau (plan ORSEC-eau) et plafonner leur prix dans tous les
endroits où le service public de l’eau potable et de l’assainissement
est défaillant
Annuler la dette citoyenne résultant du problème de facturation des
anciens opérateurs et/ou résultant d’impayés pour service non rendu et
cesser le recouvrement forcé de celle-ci
Garantir que ni la dette existante, ni les investissements à venir
des opérateurs de l’eau, ne seront répercutés sur la facture des usagers
de l’eau
En Guadeloupe et en Martinique, reconnaître le statut de crise
sanitaire et écologique concernant l’eau potable et son assainissement,
la contamination au chlordécone, et les effets cocktails avec d’autres
substances dont les conséquences sont inconnues
27. Défendre la forêt,
poumon de la planète
La forêt est un allié climatique et écologique. Pour qu’elle le
reste, il faut s’opposer à l’industrialisation et à la marchandisation
de la forêt. Nous devons aussi protéger ceux qui s’en occupent au
quotidien, tels les agents de l’Office national des forêts (ONF). Le
développement d’une filière bois française soutenable et créatrice
d’emplois est possible.
Mesure clé
Interdire les coupes rases sauf en cas d’impasse sanitaire
avérée
Augmenter les moyens humains et financiers de l’Office national des
forêts et stopper sa privatisation pour lui permettre d’assurer ses
missions y compris d’accueil du public
Inciter à la création de coopératives de petits producteurs et au
groupement de la gestion de parcelles forestières privées
Améliorer les conditions de travail des forestiers : interdire le
travail détaché, augmenter les salaires des forestiers, préserver le
droit à la retraite anticipée
Augmenter la part des forêts publiques notamment par la création
d’un droit de préemption publique avec des budgets suffisants et la
réquisition des parcelles abandonnées
Favoriser la diversification en essences et en âges pour des forêts
résilientes au changement climatique
Reconstruire tout le secteur de la transformation du bois avec
l’objectif de diversifier les essences et de développer les circuits
courts, en mettant en place une formation professionnelle publique
Rétablir des scieries et encadrer les exportations de bois
Encadrer l’usage du bois dans la production d’énergie et favoriser
son usage durable dans la construction
Laisser au niveau national 25% de la surface de la forêt française
en libre évolution
Rompre avec les accords commerciaux participant de l’augmentation de
la déforestation importée
Assurer une traçabilité complète des importations afin de bannir de
la commande publique celles liées à la déforestation et contraindre les
entreprises à exclure ces produits de leurs approvisionnements
Accroître la coopération internationale afin de lutter contre les
pratiques illégales qui détruisent les forêts (trafic de bois,
orpaillage et mines)
Renforcer les moyens humains et matériels de lutte contre les feux
de forêt
28. Rompre avec la
maltraitance animale
La cruauté infligée aux animaux par notre modèle agricole
productiviste et le retour des grandes pandémies comme le Covid-19 sont
liés. La lutte contre la maltraitance animale est un aspect central de
la quête d’harmonie avec la nature. Rompre avec le système économique
qui abaisse les êtres sensibles au rang de marchandises est un progrès
pour l’humanité.
Mesure clé
Interdire les fermes-usines
Limiter les temps de transport des animaux vivants
Interdire les pratiques cruelles : poules et lapins en batterie,
broyage des poussins, ablation de la queue, etc.
Interdire tous les élevages de production de fourrure, immédiatement
pour les élevages de visons
Déterminer de nouvelles normes pour améliorer les conditions
d’élevage : accès à l’air libre, pâturage, densité, surface
minimale
Orienter la recherche vers des méthodes substitutives et éthiques
qui permettraient de ne plus expérimenter sur les animaux
Interdire les pratiques de chasse et de « loisirs » cruelles pour
les animaux (déterrage, chasses à courre, combats de coqs, spectacles
incluant des animaux sauvages, etc.)
À savoir
59% des Français soutiennent l’interdiction des « fermes-usines » en
France, c’est-à-dire des fermes organisées sur un modèle de production
industrielle, accueillant une concentration élevée d’animaux (Harris
Interactive, mai 2021)
29. Sauver l’écosystème
et la biodiversité
L’activité humaine est à l’origine de la sixième extinction de masse.
La biodiversité recule à cause du changement climatique, des pollutions,
de la déforestation. Sa préservation se joue au niveau international par
la création de normes communes et contraignantes. Elle se joue aussi à
l’échelle nationale : la France doit montrer l’exemple.
Mesure clé
Interdire les dépôts de brevets sur des organismes vivants
pour empêcher l’appropriation d’espèces animales et végétales par des
entreprises privées
À l’échelle globale : refuser les organismes génétiquement modifiés
(OGM), mettre fin aux accords commerciaux internationaux dont les
conséquences affectent le climat et la biodiversité
En France, protéger concrètement les habitats et les espèces :
bannir les pesticides en commençant par les interdire autour des zones
habitées, lutter contre l’artificialisation des sols en empêchant
notamment la multiplication des entrepôts géants, gérer durablement
l’eau (dépollution et régies publiques)
Unir pour bien vivre
« Mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut
détruire la misère. Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas
diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère
est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du
corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu.
Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les
gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant
que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli. »
– Victor Hugo, Discours à l’Assemblée nationale, 9 juillet
1849
« Il ne doit plus y avoir de place, pas plus entre les individus
qu’entre les collectivités, pour des relations de maîtres à serviteurs,
mais il doit s’établir une fraternité agissante aux termes de laquelle
il y aura une France plus que jamais unie et diverse, multiple et
harmonieuse, dont il est permis d’attendre les plus hautes révélations.
»
– Aimé Césaire, discours à l’Assemblée nationale, 12 mars
1946
Dans le contexte nouveau du changement climatique et de l’ère des
grandes pandémies, l’unité de la société devient primordiale. L’unité du
peuple, l’entraide, la fraternité sont les chemins les plus sûrs face
aux dangers et à l’ère de l’incertitude écologique dans laquelle nous
entrons. C’est pourquoi il est urgent d’en finir avec la société des
privilèges, les grandes disparités de richesses et d’éradiquer l’abandon
social.
Chapitre 6 :
La vie en état de pandémie permanente
30. Créer un état d’urgence
sociale
Ces dernières années, les états d’urgence se multiplient :
sécuritaire, sanitaire. Ils vont tous dans le même sens : restreindre
les libertés individuelles et collectives. Pour faire face à
l’insécurité écologique due aux pandémies et aux conséquences du
changement climatique, il faut à l’inverse un état d’urgence sociale
pour garantir la sécurité sociale des personnes et renforcer les liens
d’entraide.
Mesure clé
Bloquer les prix des produits de première
nécessité
Augmenter immédiatement le SMIC et les minima sociaux
Réquisitionner les dividendes distribués pendant une crise
sanitaire, par les entreprises du CAC 40 et créer des emplois utiles
immédiatement pour faire face à l’urgence sociale
Repousser de deux ans le remboursement des prêts garantis par l’État
(PGE)
31. S’organiser pour
faire face aux pandémies
Tant que les causes des pandémies n’auront pas été réglées, nous
devons nous tenir prêts à des répliques de même nature que le Covid-19.
Il nous faudra le faire de la manière la plus efficace et humaine,
c’est-à-dire en choisissant le « tous ensemble » plutôt que le « chacun
pour soi » et en sauvegardant nos libertés. L’État planificateur sera
l’instrument principal de notre adaptation à l’ère des pandémies.
Mesure clé
Adopter un plan d’adaptation aux pandémies non liberticide,
basé sur la société du roulement et la planification
sanitaire
Abroger les lois sur l’état d’urgence sanitaire et le passe
sanitaire
Reconnaître les épidémies et pandémies au titre des catastrophes
naturelles
Interdire le dépôt de brevets sur les médicaments et les équipements
nécessaires à une réponse sanitaire urgente et rendre obligatoire le
partage de connaissances en vue d’une production massive et
équitablement répartie des biens médicaux de première nécessité
Réquisitionner les entreprises indispensables à la production de
matériel sanitaire (masques, tests, purificateurs)
Faire un pôle public du médicament qui devra :
Assurer une relocalisation de la production de médicaments
Garantir l’approvisionnement d’une réserve stratégique
Assurer le contrôle des prix sur l’ensemble des produits de santé et
communiquer sur leurs coûts réels
Permettre la transparence sur le financement de la recherche et du
développement
Mettre en place une conditionnalité des aides perçues par les
entreprises privées pour la recherche de vaccins et médicaments
Produire et diffuser massivement les vaccins et traitements passés
sous licence d’office
À savoir
90% des Français sont pour la création d’un pôle public du
médicament, qui serait un établissement public scientifique et
technique, ayant vocation à s’assurer de l’approvisionnement de la
France en matière de dispositifs médicaux (Harris Interactive, juin
2020)
83% des Français sont favorables à ce que les pandémies soient
reconnues comme des catastrophes naturelles (Harris Interactive, juin
2020)
32.
Faire passer la santé d’abord et reconstruire les établissements de
santé publics, notamment les hôpitaux
Notre système de santé a longtemps été le meilleur au monde. Mais
l’austérité et la marchandisation le disloquent. Il n’est plus en mesure
de faire face à la multiplication des maladies chroniques et aux
épidémies. Nous devons déployer une politique de soins, de prévention et
de santé publique capable de prévenir, de soigner tout le monde et d’en
respecter les acteurs.
Mesure clé
Reconstruire le service public hospitalier et instaurer le «
100 % Sécu » en remboursant à 100 % les soins de santé prescrits et en
intégrant les mutuelles dans la Sécurité sociale
Réouvrir des services d’urgences, de maternités et des EHPAD publics
assurant un service de santé public de proximité à moins de trente
minutes de chaque Français
Supprimer la tarification à l’acte, revenir à la dotation globale de
fonctionnement ainsi que sur les suppressions de lits et de
personnels
Engager un plan pluriannuel de recrutement des professionnels du
soin et du médico-social (médecins, infirmiers, aides-soignants et
personnels administratifs), revaloriser les métiers et les revenus et
augmenter les capacités d’accueil des établissements de santé publics,
notamment les hôpitaux
Actionner tous les leviers pour combattre les déserts médicaux :
recrutement de médecins publics, augmentation des moyens des facultés de
médecine pour permettre une véritable suppression du numerus clausus,
mobilisation de la médecine libérale et hospitalière, coopératives
médicales, etc.
Faire du plan national santé environnement (PNSE) un moyen
d’éradiquer les maladies chroniques liées à la malbouffe et à
l’exposition aux pollutions, notamment dans un cadre professionnel
(pesticides, radioactivité, amiante, produits chimiques)
Mettre fin à l’épidémie de VIH en France par un grand plan national
de dépistage et de traitement
Créer des réseaux de centres de santé pluridisciplinaires publics en
lien avec les hôpitaux publics pour combler les déserts médicaux
Faire un grand plan pour la santé mentale qui renforcera les réseaux
de CMP (centres médico-psychologiques), permettra le suivi psychologique
ambulatoire par le conventionnement de professionnels, augmentera le
nombre de places en faculté de médecine dans la filière psy et, dans un
premier temps, rouvrira des lits de psychiatrie publics
Protéger la recherche de la finance et supprimer l’influence des
entreprises privées dans les activités médicales et hospitalières
À savoir
86% des Français sont favorables à la réouverture des lits
hospitaliers fermés depuis 2010 (Harris Interactive, juillet 2021)
33. En finir avec
l’abandon des Outre-mer
Les Outre-mer sont maintenus dans un système de dépendance économique
et de mal développement, générateur de pauvreté et d’inégalités. Les
habitants subissent le recul des services publics, les retards accumulés
en matière d’investissements publics, le poids des situations
d’oligarchie ou de monopoles dans l’économie, et les effets durables des
pollutions comme celles dues au chlordécone. Nous refusons une telle
rupture d’égalité. Au contraire, la République doit vivre partout et
pour tous !
Mesure clé
Engager un plan pluriannuel d’investissement et de
développement des services publics (transports, éducation, santé,
logement, culture), dont la possibilité a été dessinée dans les
propositions des mouvements sociaux notamment en Guyane et à
Mayotte
Assurer la continuité territoriale (desserte de service public à
tarifs réglementés) et le désenclavement intraterritorial (en Guyane
notamment) et extraterritorial
Garantir l’accueil scolaire et la santé publique gratuite pour
tous
Soutenir l’enseignement des langues et des cultures d’Outre-mer, et
intégrer dans les programmes scolaires nationaux, en France hexagonale
et Outre-mer, l’enseignement de l’histoire des Outre-mer
Mettre en place un encadrement des prix sur les produits de première
nécessité pour lutter contre la vie chère
Instaurer un principe de faveur de manière à garantir 50% de
recrutements locaux dans tous les corps de la fonction publique
34.
Instaurer un protectionnisme écologique et solidaire pour produire en
France et assurer notre indépendance
Des droits sociaux mis en concurrence, un bilan écologique
désastreux, une industrie dévastée, une agriculture désorganisée : le
grand déménagement du monde doit cesser. La France ne doit pas dépendre
d’autres États pour ses productions essentielles : lorsqu’une crise
éclate, il est déjà trop tard pour relocaliser la production.
Mesure clé
Relocaliser les productions essentielles à la vie de notre
pays
Adopter des mesures antidumping d’urgence sur les industries
stratégiques
Engager un plan de reconstruction industrielle pour mettre fin à la
dépendance de la France dans les domaines stratégiques
(semi-conducteurs, médicaments, etc.) et pour soutenir la bifurcation
écologique (recyclage des batteries, aciers nécessaires aux énergies
renouvelables, aluminium, etc.)
Réviser le Code des marchés publics pour favoriser les entreprises
sociales et solidaires, écologiques et locales
Faire l’inventaire et l’évaluation des accords déjà appliqués et
imposer le respect des normes sociales et écologiques pour la
commercialisation des produits importés en France
Instaurer des droits de douane sur des critères écologiques (les
émissions carbone et les pollutions, par exemple)
Instaurer une taxe kilométrique aux frontières de la France pour
dissuader les délocalisations et l’importation de produits trop
éloignés
Exiger un dépôt de garantie préalable auprès de la Banque de France
en contrepartie d’un investissement étranger dans le pays
Supprimer les avantages fiscaux sur l’épargne française investie à
l’étranger, notamment pour l’assurance-vie
Établir des critères de localisation de l’activité pour la commande
publique nationale et locale et pour l’accord des aides aux
entreprises
Conditionner toute aide d’État aux grandes entreprises à des
objectifs sociaux, écologiques et fiscaux contraignants et exiger le
remboursement des aides en cas de non respect des contreparties
Rendre effectives les peines de réquisition d’intérêt général pour
toute délocalisation ou fermeture d’activité
Renégocier le cadre de l’Organisation mondiale du commerce
(OMC)
À savoir
90% des Français sont pour conditionner les aides publiques aux
entreprises à des contreparties sociales et environnementales (Ifop pour
l’Humanité, septembre 2020)
Chapitre 7 : Plein emploi
35. Établir la garantie
d’emploi
Le chômage est un fléau pour les individus, pour les familles et pour
la société tout entière. La collectivité doit intervenir et proposer à
tous de prendre la part du travail qui est nécessaire. Pour cela, tout
chômeur de longue durée se verra proposer un emploi utile à la
transition écologique ou à l’action sociale (les secteurs d’urgence), en
lien avec ses qualifications et sur la base du volontariat.
Mesure clé
Créer une garantie d’emploi : tout chômeur de longue durée
pourra se voir proposer d’être embauché au moins au SMIC revalorisé dans
un secteur d’urgence
À savoir
87% des Français se déclarent favorables à ce que l’État garantisse
un emploi à tout chômeur de longue durée qui souhaite travailler (Harris
Interactive, mai 2021)
36.
Réduire le temps de travail et faire naître une société du temps
choisi
Le temps de travail des salariés français n’a pas diminué depuis
2002. La dernière fois qu’ils ont obtenu une semaine de congés payés
supplémentaire remonte à quarante ans, avec l’arrivée au pouvoir de
François Mitterrand. La réduction du temps de travail est un progrès
social et humain, pour reposer le corps et l’esprit. C’est aussi une
nécessité quand les emplois manquent : pour une offre d’emploi vacante,
il y a 13 chômeurs dans notre pays ! La réduction du temps de travail
est à la fois un objectif historique et la politique la plus juste, la
plus efficace et la moins coûteuse contre l’usure des salariés et le
sous-emploi. C’est aussi un enjeu de planification écologique : il est
urgent de réduire le nombre de trajets vers son lieu de travail et
d’augmenter le temps individuel dédié à d’autres activités.
Mesure clé
Rétablir immédiatement la durée légale hebdomadaire à 35
heures (en majorant les heures supplémentaires, cotisations incluses, à
25 % pour les 4 premières et 50 % au-delà), passer aux 32 heures dans
les métiers pénibles ou de nuit, et favoriser leur généralisation par la
négociation collective
Rétablir la retraite à 60 ans après quarante années de
cotisation
Généraliser une sixième semaine de congés payés pour tous les
salariés
Convoquer une conférence nationale sur le partage du temps de
travail et l’impact du progrès technologique
Remettre en cause les autorisations de travail le dimanche
En finir avec la flexibilisation, l’annualisation contrainte,
l’intensification et les horaires fractionnés
À savoir
60% des Français sont pour la semaine de 4 jours (éditeur de paie
ADP, mai 2019)
37.
Lancer des grands chantiers écologiques, créateurs d’emplois
Le changement climatique est commencé. Les mandats Sarkozy, Hollande
et Macron nous ont fait prendre du retard dans les batailles pour y
faire face et s’y adapter. Il y a urgence à planifier la bifurcation
écologique de notre économie en lançant de grands chantiers pour relever
ce défi. Ce plan peut créer plusieurs centaines de milliers d’emplois et
réduire massivement le chômage.
Mesure clé
Engager un plan global de rénovation de nos infrastructures
pour les adapter au changement climatique
Lancer un plan de dépollution de la Méditerranée et de nos façades
maritimes et fonds marins dans l’océan Atlantique, la mer du Nord,
l’océan Indien, et l’océan Pacifique
Rénover l’intégralité des réseaux d’eau et d’assainissement pour
limiter les fuites
Lancer des grands travaux de rénovation des voies ferrées et de
réouverture des lignes et gares fermées dans les trente dernières
années
Investir dans l’efficacité et la sobriété énergétiques, ainsi que
dans les projets énergétiques innovants comme les énergies marines
renouvelables
Accélérer la modernisation du réseau de lignes à haute tension et
leur enfouissement
Réaliser un diagnostic national des ouvrages d’art (ponts, viaducs,
digues, barrages) et les consolider
Reconstituer de manière durable nos capacités productives de bois et
les fixer au plus près des massifs forestiers : sciage, menuiserie
(meubles, charpentes, constructions écologiques), production de
panneaux, cartons et pâtes à papier
Développer une filière d’écoconstruction en matériaux biosourcés
(dont bois, terre, paille)
38. Un emploi stable pour
chacun
Près de 4 millions de personnes travaillent en emploi précaire. 87 %
des embauches ont lieu en contrats courts. La précarité représente un
tunnel sans fin. Si un précaire sur deux obtenait un CDI au bout d’un an
en 1982, aujourd’hui c’est seulement un sur cinq ! Et ce, sans compter
les temps partiels contraints, quasi-exclusivement occupés par des
femmes. Dans la France de Macron, 1,5 million de personnes cumulent même
deux emplois pour s’en sortir. Cette vision « jetable » des salariés
dévalorise le travail, nie les métiers et les savoir-faire. Elle empêche
de lancer de vrais projets, de se former ou de s’intéresser à ses
clients et ses usagers.
Mesure clé
Instaurer un quota maximal de contrats précaires dans les
entreprises : 10 % pour les petites et moyennes entreprises (PME), 5 %
pour les grandes entreprises
Abroger les ordonnances Pénicaud et la loi El Khomri et rétablir le
« principe de faveur » : un accord d’entreprise doit être plus favorable
qu’un accord de branche, lui-même plus favorable que la loi
Requalifier les travailleurs des plateformes numériques (Uber,
Deliveroo…) et tous les salariés faussement considérés comme
indépendants en contrat de travail salarié
Titulariser les précaires des trois fonctions publiques
Encadrer la sous-traitance en garantissant par la loi la
responsabilité des donneurs d’ordre vis-à-vis de leurs sous-traitants et
en la limitant à un seul niveau
39.
Augmenter les salaires et réduire les inégalités salariales dans
l’entreprise
Un salarié au SMIC gagne à peine plus que le seuil de pauvreté. 60 %
de ces salariés sont des femmes souvent employées à temps partiel. À
l’autre bout de la hiérarchie, les revenus de certains PDG sont
indécents. À poste et qualification équivalents, les femmes sont
toujours moins payées que les hommes. Et la maternité reste le plus
souvent un « risque » pour leur carrière. Dans ces conditions, plus de
700 000 femmes sont empêchées d’accéder à l’emploi, alors qu’elles le
souhaiteraient. C’est une injustice pour elles et une atteinte au
principe d’égalité.
Mesure clé
Porter immédiatement le SMIC mensuel à 1 400 euros
nets
Punir sévèrement le non-respect de l’égalité de rémunération entre
les femmes et les hommes
Créer dans l’entreprise une commission de contrôle salarié sur
l’égalité entre les femmes et les hommes
Organiser une conférence sociale pour revaloriser en matière de
salaires, de conditions de travail et de parcours professionnels les
métiers occupés majoritairement par des femmes dans les secteurs du
soin, du lien et du contact
Revaloriser le traitement des fonctionnaires
Fixer un salaire maximal autorisé pour limiter l’écart de 1 à 20
entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut dans une
entreprise
Interdire les parachutes dorés et les retraites chapeaux
Supprimer les stock-options
Plafonner les versements de dividendes aux actionnaires en limitant
la part des bénéfices qui leur est distribuée à la part versée aux
employés
Augmenter la représentation des salariés dans les conseils
d’administration
À savoir
76% des Français sont pour l’augmentation du SMIC à 1400 euros net
par mois (Harris Interactive, juillet 2021)
40. Rétablir une
assurance-chômage protectrice
Le gouvernement Macron prépare de longue main le démantèlement de
l’assurance-chômage. Allongement de la durée minimale de cotisation,
réforme du mode de calcul : au total, ce sont 1,5 million de perdants.
Le gouvernement n’a qu’une seule obsession : servir les riches et
humilier les pauvres. Pourtant le chômage tue : 14 000 personnes en
meurent par an, à cause du stress, de la dépression, du manque de
sommeil. L’assurance-chômage doit les protéger et nous devons créer des
emplois en nombre.
Mesure clé
Refuser la réforme Macron : indemniser les chômeurs en
fonction de leurs derniers salaires grâce à une assurance calculée à
partir du premier jour de travail
Élargir la médecine du travail aux chômeurs, avec visite obligatoire
au-delà de six mois
Indemniser les chômeurs dès le premier jour de la fin de
contrat
Supprimer l’obligation d’accepter une soi-disant « offre raisonnable
d’emploi »
Cesser la radiation des chômeurs à la première absence à un
rendez-vous et en finir avec la logique de radiation au moindre prétexte
pour faire baisser artificiellement les chiffres du chômage
Rétablir un régime d’assurance-chômage spécifique pour les
intermittents de l’emploi et les intérimaires permettant de leur assurer
une meilleure couverture chômage entre deux périodes d’emploi
41. Une sécurité sociale
professionnelle
Le monde du travail est si instable et précaire qu’il est difficile
de progresser dans son métier. Comment se former aux nouveaux outils ou
aux dernières inventions, lorsqu’on change d’entreprise ou de secteur
régulièrement ? Pour remédier à ce problème, nous proposons d’établir
une sécurité sociale professionnelle. À côté de la maladie, des
accidents ou du chômage, elle couvrira un nouveau risque : celui de la
carrière. La sécurité sociale professionnelle maintiendra les droits des
travailleurs tout au long de la vie, y compris hors du contrat de
travail, en les liant à la personne – comme la carte Vitale garantit la
continuité du droit à la santé. Cette sécurité sociale professionnelle
rendra le travail indépendant du capital. Les travailleurs pourront
choisir librement leur domaine de formation et élever leurs
qualifications. Nous inventerons les nouvelles manières de travailler au
XXIe siècle.
Mesure clé
Assurer la continuité des droits personnels (à la formation,
aux congés, à l’ancienneté…), hors du contrat de travail, et les
transférer d’un contrat à l’autre
Garantir le maintien du revenu en cas de reconversion ou de
formation
Donner à chaque salarié le droit à 36 heures de formation par an,
librement utilisables dans le domaine de son choix
Intégrer les périodes de stages et d’apprentissage dans la sécurité
sociale professionnelle (ancienneté, congés, formation)
42. En finir avec la
souffrance au travail
Qui n’a pas entendu parler du burn-out ou de surmenage dû au travail
? Ces maux sont devenus fréquents, plus reconnus aussi. Dans certaines
professions ou entreprises, le mal est si grave que des employés en
viennent à se suicider. Souffrir au travail n’est pas naturel et encore
moins nécessaire. Le progrès social et humain, c’est même tout
l’inverse. Chaque année, on déplore 1000 morts au travail : accidentés
sur des sites dangereux, atteints de maladies professionnelles
incurables, résolus au suicide face à des situations insupportables.
Chaque année, des millions de personnes sont marquées par leurs
conditions de travail : cela va des douleurs physiques dues à des
charges ou postures à des souffrances morales. Pour nous, le travail
doit être une activité sans danger évitable : utile, émancipatrice et
respectueuse de la personne.
Mesure clé
Reconnaître le burn-out comme maladie
professionnelle
Doubler les effectifs de l’inspection du travail
Renforcer la médecine du travail, en l’intégrant au service public
de santé, en restaurant la visite médicale obligatoire à l’embauche et
les visites périodiques dans la carrière, y compris durant les périodes
de chômage
Restaurer les Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de
travail (CHSCT), augmenter leurs moyens et rendre leurs avis
contraignants
Inscrire tous les produits cancérogènes pointés par le Centre
international de recherche sur le cancer dans les facteurs de maladies
professionnelles, dont les pesticides
Faire du nombre d’accidents du travail un critère de sélection dans
l’accès aux marchés publics
Rendre effectif le droit à la déconnexion et encadrer le
télétravail
À savoir
63% des Français sont pour l’abrogation des lois travail initiées
par François Hollande et Emmanuel Macron (Harris Interactive, juillet
2021)
81% des Français s’expriment en faveur de la reconnaissance du
burn-out comme une maladie professionnelle (Harris Interactive, janvier
2018)
43.
Reconnaître la citoyenneté dans l’entreprise et des droits nouveaux aux
salariés
La démocratie ne doit pas s’arrêter aux seules institutions. L’esprit
démocratique doit régner également dans l’économie, et nous ferons tout
pour que les citoyens, maîtres dans la cité, soient reconnus comme des
citoyens aussi dans l’entreprise.
Mesure clé
Créer un droit de préemption pour permettre aux salariés de
reprendre leur entreprise sous la forme d’une coopérative
Accorder aux comités d’entreprise un droit de veto suspensif sur les
plans de licenciements et de nouveaux droits de contrôle sur les
finances de leur entreprise
Donner plus de pouvoir aux salariés lors des procédures de
redressement et de liquidation d’entreprise et instaurer le droit à un
vote de défiance à l’égard des dirigeants d’entreprise ou des projets
stratégiques
Augmenter la représentation des salariés dans les instances de
décision des grandes entreprises à au moins un tiers et inclure d’autres
parties prenantes comme les associations environnementales ou de
consommateurs
44. Garantir une retraite
digne
En décembre 2019, notre pays a connu une des grèves les plus longues
de son histoire contre la réforme des retraites d’Emmanuel Macron. Pour
l’affronter, le gouvernement a même choisi de détourner le Conseil des
ministres dédié au Covid-19 pour annoncer l’utilisation de l’article
49.3 et l’adoption de la réforme sans vote. Malgré les mensonges
proférés dans les médias, les Français ont compris que la retraite à
points signifie « travailler toujours plus longtemps et subir une baisse
des pensions ». Rien ne justifie de renoncer au système actuel, de
solidarité intergénérationnelle avec garantie du niveau des pensions.
Pour vivre plus longtemps, dans des conditions dignes et en bonne santé,
il faut pouvoir s’arrêter de travailler suffisamment tôt.
Mesure clé
Restaurer le droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour
40 annuités de cotisations
Porter a minima au niveau du SMIC revalorisé toutes les pensions
pour une carrière complète, et le minimum vieillesse au niveau du seuil
de pauvreté
Prendre en compte le revenu de solidarité active (RSA) pour valider
des trimestres en vue de la retraite
Augmenter de 0,25 point par an durant le quinquennat le taux de
cotisation vieillesse et soumettre à cotisation les revenus
d’intéressement, de participation, d’épargne salariale, ainsi que les
revenus financiers des entreprises
Indexer le montant des retraites sur les salaires
Interdire au Fonds de réserve pour les retraites d’investir dans des
secteurs polluants
À savoir
83% des Français sont pour que chaque retraité touche au minimum une
pension égale au SMIC (Harris Interactive, juillet 2021)
68% des Français sont pour la retraite à 60 ans ou moins (Harris
Interactive, mars 2019)
Chapitre 8 : Partage des
richesses
45. Mettre fin au
pillage économique de la Nation
Infrastructures, services publics, fleurons industriels ou
technologiques, industries de souveraineté : combien de privatisations à
vil prix, de partenariats abusifs, d’ouvriers au savoir-faire
inestimable jetés dans la précarité ? Ces biens publics nous
appartiennent à tous. Pour l’intérêt général, ils doivent être protégés
par la loi.
Mesure clé
Revenir sur les privatisations (aéroports, autoroutes,
Française des Jeux, etc.)
Rendre effectif le droit de réquisition des usines et entreprises
d’intérêt général par l’État
Décréter un moratoire sur les partenariats publics-privés (PPP),
auditer ceux en cours et abroger les dispositions législatives les
permettant
Créer une mission spéciale dressant le bilan des faveurs fiscales,
des privatisations et des abandons de fleurons comme Alstom, Alcatel,
EADS depuis trois décennies, permettre la mise en examen et la détention
préventive des suspects
Poursuivre les atteintes au patrimoine industriel français faisant
partie des « intérêts fondamentaux de la Nation », comme le prévoit le
Code pénal
Interdire les licenciements boursiers et économiques par les
entreprises qui versent des dividendes ou bénéficient des aides de
l’État
46. Mettre au pas la finance
La finance a mis à terre l’économie réelle en 2008. Sauvées par les
États, et donc les contribuables, les banques n’ont pas changé leurs
mauvaises habitudes. Pire, la crise du Covid-19 a servi de prétexte pour
assouplir le peu de régulations européennes qui existait.
Mesure clé
Instaurer une taxe réelle sur les transactions
financières
Séparer les banques d’affaires et de détail
Contrôler les mouvements de capitaux
Identifier et interdire les produits dérivés de la finance toxiques
et inutiles, limiter les effets de levier et les rendements
actionnariaux exorbitants
Limiter les LBO (rachat d’une entreprise par une société qui recourt
à l’emprunt) aux seules procédures de reprise des entreprises par les
salariés
47. Pour des
banques au service de l’intérêt général
Le crédit est essentiel à l’économie : il est à la base de l’activité
future. Les banques doivent donc avoir une mission d’intérêt général. Il
est crucial d’orienter l’argent en direction des projets socialement et
écologiquement utiles. La monnaie doit aussi être un bien commun créé et
géré démocratiquement.
Mesure clé
Créer un pôle public bancaire
Socialiser des banques généralistes, en vue de financer les très
petites entreprises (TPE) sur des critères sociaux et écologiques et
d’alimenter le budget public
Accorder une licence bancaire à la Banque publique d’investissement
pour lui permettre de se financer auprès de la Banque centrale
Réaliser un audit du coût économique, social et écologique des
banques sur la société
Dépolluer les flux financiers, aujourd’hui largement tournés vers
les investissements en direction des fossiles
Créer une caisse de péréquation interentreprises financée grâce à un
barème progressif pour mutualiser la contribution sociale entre petites
et grandes entreprises
48. Définanciariser l’économie
réelle
Les actionnaires exigent des taux de rendement intenables, obtenus au
détriment des droits sociaux et des conditions, notamment
environnementales, de production. Ils imposent la tyrannie du temps
court sur le temps long de l’activité humaine et de l’impératif
écologique. Il faut protéger l’économie réelle des agissements de ces
spéculateurs en reprenant le pouvoir sur la finance.
Mesure clé
Établir de nouveaux indicateurs de progrès humain pour mettre
l’économie au service des objectifs et des critères de bien-vivre
(santé, éducation, etc.)
Moduler l’impôt sur les sociétés selon l’usage des bénéfices pour
encourager l’investissement en France et pénaliser le versement de
dividendes
Interdire aux entreprises de distribuer un montant de dividendes
supérieur à leurs bénéfices
Mettre fin à la cotation continue des entreprises en Bourse et
moduler les droits de vote des actionnaires selon la durée d’engagement
dans l’entreprise
49. Refuser le
chantage : annuler la dette publique
La dette publique est instrumentalisée pour justifier l’austérité et
les privatisations. Mais l’État détient plus de patrimoine que de dette
: chaque enfant naît avec plus de 10 000 euros d’actif public ! L’argent
pour vivre mieux existe et l’action de la Banque centrale européenne
(BCE) pourrait nous libérer de ce chantage des libéraux. Il faut aussi
traiter la question des dettes privées qui est le véritable danger à
court terme.
Mesure clé
Exiger de l’Union européenne que la Banque centrale
européenne (BCE) transforme la part de dette des États qu’elle possède
en dettes perpétuelles à taux nul
Faire racheter par la BCE la dette publique qui circule sur les
marchés financiers
Réinstaurer un circuit du Trésor pour sortir la dette publique de la
main des marchés financiers
Réaliser un audit citoyen de la dette publique pour déterminer la
part illégitime et préparer un réaménagement négocié de la dette
publique
Retirer la dette Covid des comptes de la Sécurité sociale
Mettre en place une caisse de défaisance pour reprendre les dettes
privées asphyxiantes des TPE/PME contractées pendant la pandémie et les
dettes agricoles des convertis au 100% bio
50. Faire la révolution
fiscale
Le président des riches n’a fait qu’aggraver les injustices de notre
système fiscal et créer de nouveaux privilèges fiscaux pour les riches.
Le mouvement des Gilets jaunes est une alerte. Notre fiscalité doit être
entièrement refondée sur des bases claires et justes, en appliquant le
principe de progressivité : plus on gagne d’argent, plus on contribue au
bien public !
Mesure clé
Rendre l’impôt sur le revenu plus progressif avec un barème à
14 tranches contre 5 aujourd’hui
Refonder l’impôt sur les sociétés pour établir l’égalité devant
l’impôt entre PME et grands groupes, instaurer un barème progressif en
fonction des bénéfices réalisés et selon leur usage et favoriser
l’investissement plutôt que la distribution de dividendes
Rétablir et renforcer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF),
incluant un volet climatique visant à taxer les gros pollueurs
Supprimer la flat tax et imposer les revenus du capital comme ceux
du travail
Rendre la CSG progressive avec 14 tranches
Augmenter les droits de succession sur les plus hauts patrimoines en
comptabilisant l’ensemble des dons et héritages reçus tout au long de la
vie et créer un héritage maximal de 12 millions d’euros (soit 100 fois
le patrimoine net médian)
Réduire la TVA sur les produits de première nécessité et réinstaurer
une « TVA grand luxe » pour la financer
Évaluer chacune des niches fiscales et supprimer les niches
injustes, inefficaces socialement ou nuisibles écologiquement ; pour les
niches restantes, transformer les « réductions d’impôts » en « crédits
d’impôts » afin que chacun puisse bénéficier de ces incitations
financières à égalité, quels que soient ses revenus
Instaurer un impôt universel sur les entreprises (basant leur
taxation sur l’activité effectivement réalisée en France) et sur les
revenus des particuliers pour lutter contre l’évasion fiscale
Rétablir l’exit tax supprimée par Emmanuel Macron
Taxer les entreprises ayant profité de la crise sanitaire pour
financer les investissements nécessaires à la reprise et à la
bifurcation écologique
Refonder la taxe foncière pour la rendre progressive et que chacun
paie à hauteur de son patrimoine total réel
Mettre fin au quotient conjugal, système patriarcal favorisant les
inégalités salariales entre les femmes et les hommes, remplacer
l’injuste quotient familial fiscal actuel par un crédit d’impôt par
enfant que pourraient toucher toutes les familles
Faire de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales une
priorité : tous les moyens humains et financiers nécessaires doivent
être débloqués et la France prendra des décisions unilatérales en cas de
blocage des négociations européennes ou internationales
Mettre fin à la convention judiciaire d’intérêt public qui permet
aux entreprises de négocier leur sanction financière en cas de fraude
fiscale
Augmenter les poursuites judiciaires et durcir les sanctions à
l’encontre des criminels en col blanc, reconnus coupables de fraude
fiscale
À savoir
68% des Français sont pour que l’impôt sur le revenu augmente pour
les personnes qui gagnent plus de 4000 euros net par mois et baisse pour
les autres (Harris Interactive, juillet 2021)
86% des Français sont pour faire payer plus d’impôts à Google,
Amazon, Facebook et Apple qu’ils n’en payent aujourd’hui (Harris
Interactive, juillet 2021)
79% des Français se déclarent favorables à une taxe exceptionnelle
sur les « surprofits », c’est-à-dire les profits exceptionnels par
rapport aux années précédentes que les grandes entreprises ont réalisé
pendant la crise sanitaire (Harris Interactive, mai 2021)
78% des Français sont pour le rétablissement de l’ISF (Ifop pour
l’Humanité, mai 2021)
51.
Faire la société de l’entraide : généraliser l’économie sociale,
solidaire et coopérative
Face à la prédation de la finance et à la dictature des actionnaires,
une autre économie est possible. Elle existe déjà, avec des centaines de
milliers d’entreprises et des millions d’emplois. Nous proposons des
mesures pour qu’elle devienne l’alternative à l’économie libérale. Il
s’agit de remplacer l’autoritarisme individuel par la délibération
collective, le travail imposé par le travail émancipateur, la production
aveugle par la production utile. Puisque le capitalisme ne supporte pas
la démocratie, remplaçons-le.
Mesure clé
Généraliser l’économie sociale et solidaire
(ESS)
Garantir l’accès de l’ESS au financement et aux marchés publics
Favoriser le développement des sociétés coopératives d’intérêt
collectif (SCIC) et les sociétés coopératives et participatives (SCOP)
de façon à développer des services communs dont la responsabilité est
partagée entre citoyens et usagers, salariés, partenaires publics et
privés
Redonner du pouvoir et des moyens aux associations citoyennes et aux
acteurs de l’éducation populaire
Développer les coopératives d’activités et d’emploi (CAE) afin de
lutter contre le statut d’autoentrepreneur et de développer des formes
de travail en commun
52. Éradiquer la pauvreté
10 millions de pauvres, 300 000 personnes sans domicile, des files
d’attente alimentaires à perte de vue et une explosion du nombre
d’allocataires du RSA. Cela ne peut plus durer. Notre société sera celle
du plein emploi, où chacun perçoit un salaire pour son travail. Mais dès
les premiers jours, un plan d’urgence sera mis en œuvre pour éradiquer
la grande pauvreté.
Mesure clé
Créer une garantie d’autonomie qui permettra que nul ne soit
privé de sa dignité pour vivre : le revenu mensuel de chaque personne
atteindra le seuil de pauvreté (1 063 euros pour une personne
seule)
Atteindre l’objectif de zéro sans-abri : doublement des places
d’accueil (estimées aujourd’hui à 100 000) et simplification des
dispositifs
Encadrer le prix des produits alimentaires de première
nécessité
Restructurer les emprunts des ménages surendettés et garantir à tous
l’accès effectif aux services bancaires de base
Plafonner les frais bancaires
Lutter contre le non-recours aux droits sociaux et civiques par la
simplification des démarches
Assurer la gratuité des protections périodiques
À savoir
86% des Français favorables au plafonnement des frais bancaires
(Harris Interactive, juin 2020)
53. Construire l’autonomie des
jeunes
Les jeunes sont les premières victimes de la crise sanitaire : les
immenses files d’attente pour obtenir de l’aide alimentaire n’ont pas eu
raison d’un gouvernement qui leur a refusé le revenu de solidarité
active (RSA) alors qu’ils avaient faim. La solidarité familiale a
remplacé des aides publiques largement insuffisantes et les inégalités
en fonction du milieu d’origine ont été exacerbées que ce soit dans
l’accès à l’emploi ou la poursuite d’études. Il est temps de rattraper
notre retard et de garantir aux jeunes les conditions de leur
autonomie.
Mesure clé
Financer l’autonomie des jeunes détachés du foyer fiscal
parental grâce à la garantie d’autonomie, qui les portera au-dessus du
seuil de pauvreté (1 063 euros pour une personne seule)
Instaurer un « emploi spécifique jeune » d’une durée de cinq ans,
dans le secteur non marchand et public, pour éliminer le chômage des
jeunes (trois fois supérieur à celui de leurs aînés à diplôme égal)
Mettre fin à la précarité des étudiants, notamment en augmentant les
indemnités de stage et en négociant avec les branches patronales les
postes ouverts à stages, pour en finir avec la pratique des CDD
déguisés
Offrir un bilan de santé et une évaluation des capacités d’écriture,
lecture et calcul, avec mise à niveau si nécessaire ainsi qu’une
formation gratuite à la conduite et le passage du permis de conduire à
chaque jeune dans le cadre du service citoyen obligatoire
54. Garantir le droit au
logement
Comment notre pays se trouve-t-il avec près d’un million de personnes
privées de logement personnel, 4 millions mal logées, 12 millions
menacées d’un problème lié à leur logement ? Le libre-marché ne permet
pas de répondre à la demande du peuple. Le droit au logement est bafoué.
À nous d’agir concrètement pour le rendre effectif, notamment en
construisant des logements accessibles.
Mesure clé
Interdire les expulsions locatives sans relogement
public
Mettre en place une garantie universelle des loyers créant un filet
de sécurité contre les impayés de loyers pour les locataires, comme pour
les propriétaires
Construire 200 000 logements publics par an pendant cinq ans aux
normes écologiques les plus ambitieuses (RE2020, bâtiments à énergie
positive)
Encadrer les loyers partout sur le territoire et à la baisse dans
les grandes villes
Rehausser le quota de logements sociaux dans les villes (loi SRU) à
30% et aggraver les sanctions contre les communes hors la loi
Imposer les hautes transactions immobilières par une taxe
progressive pour financer la lutte contre le logement indigne
Rendre la rénovation des logements « passoires thermiques »
obligatoire avant toute mise en location
Lutter contre l’habitat indigne et insalubre : rendre obligatoire un
“permis de louer” dans toute la France (autorisation préalable délivrée
par les pouvoirs publics) et lancer un grand plan de rénovation des
logements
Rétablir les aides publiques pour les HLM et éviter les hausses de
loyers à la relocation en logement social
Réquisitionner les logements vides et les remettre sur le marché
dans des conditions qui respectent les critères du logement décent
Lutter contre la spéculation sur le logement en limitant les
locations de courte durée (de type AirBnB) aux propriétaires-occupants
et pendant une période limitée
Lancer un plan d’urgence de prévention et d’éradication des punaises
de lits, avec la création de services publics locaux dédiés
Réviser les Plans de prévention des risques d’inondations à la
hauteur des nouvelles menaces et créer un Fonds d’aide à la
relocalisation des constructions menacées par les inondations et la
montée des mers
À savoir
75% des Français sont favorables à la fixation d’un loyer maximum
par m2 (Harris Interactive, juillet 2021)
87% des Français sont favorables à un plan national d’isolation des
bâtiments pour lutter contre la précarité énergétique (Harris
Interactive, juillet 2021)
Humaniser les personnes
et la société
« Je suis ambitieuse pour l’humanité ; moi je voudrais que tout le
monde fût assez artiste, assez poète pour que la vanité humaine
disparût. »
– Louise Michel, Plaidoirie devant la cour d’assises de la Seine,
22 juin 1883
« Si nous ne t’avons fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni
immortel, c’est pour que doté pour ainsi dire du pouvoir d’arbitrer et
de l’honneur de pouvoir te modeler et te façonner toi-même, tu te donnes
la forme qui aura eu ta préférence »
– Jean Pic de la Mirandole, De la Dignité de l’Homme,
1486
La liberté de choisir sa vie est une aspiration universelle. Cette
dignité doit être restaurée pour toutes les personnes. Chaque être
humain doit se voir offrir la possibilité de façonner son existence à
travers l’accès au savoir, au sport, à la culture. L’humain d’abord doit
être notre boussole. C’est la condition de l’émancipation de chacun.
Chapitre 9 : Égalité
55. Réaliser
l’égalité entre les femmes et les hommes
La plus ancienne et cruelle inégalité remonte à l’aube de l’humanité,
lorsque notre espèce a développé des croyances concernant le rôle des
femmes et des hommes. Le plus souvent, ce partage s’est fait au
détriment des femmes. Partout, des autorités autoproclamées ont voulu
les obliger à s’y conformer par la violence, dans l’espace public comme
au domicile. Ce système patriarcal est un obstacle au développement de
l’humanité, qui brime les rêves, les aspirations et les activités de la
moitié de la population, et ses bienfaits pour tous.
Mesure clé
Adopter une loi de lutte contre le sexisme et les violences
faites aux femmes, et allouer le milliard de budget demandé par les
associations, notamment en matière de formation et de places
d’hébergement
Imposer la parité entre les femmes et les hommes dans les
institutions politiques, administratives, économiques, syndicales et
associatives
Augmenter les sanctions financières et pénales à l’encontre des
entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale femmes/hommes
(amendes et refus d’attribution de marchés publics)
Créer dans l’entreprise une commission de contrôle salarié sur
l’égalité entre les femmes et les hommes
Renforcer le planning familial
Ouvrir l’adoption plénière à tous les couples, mariés ou pacsés
Lutter contre le temps partiel contraint qui à 80 % touche des
femmes
Allonger la durée des congés parentaux, et les rendre identiques
pour les deux parents
Rembourser le traitement hormonal de la ménopause
Mettre en oeuvre un plan de lutte contre le harcèlement sexiste et
les agressions sexuelles dans les transports collectifs
Allonger à quatorze semaines le délai légal pour pratiquer une
interruption volontaire de grossesse (IVG) et supprimer la double clause
de conscience des médecins
Abolir la prostitution et garantir la dignité de la personne
À savoir
77% des Français sont favorables à un plan d’un milliard d’euros
afin d’en finir avec les violences sexuelles et sexistes (Harris
Interactive, juillet 2021)
56.
Une nouvelle étape des libertés et de l’émancipation individuelle
La liberté de choisir sa vie est un droit fondamental de tous les
êtres humains. Nos lois doivent garantir ce droit. La 6e République, et
sa Constitution, seront l’occasion de consacrer de nouveaux droits
civils et collectifs mais aussi individuels, pour une nouvelle étape de
l’émancipation humaine.
Mesure clé
Constitutionnaliser la non-marchandisation du corps humain et
le droit fondamental de disposer de soi en toutes
circonstances
Ajouter dans la Constitution le droit à la contraception et à
l’interruption volontaire de grossesse (IVG), le droit de mourir dans la
dignité (y compris avec assistance) et l’accès garanti à des soins
palliatifs
Autoriser le changement d’état-civil libre et gratuit devant un
officier d’état civil
Établir la filiation par reconnaissance comme principe par défaut,
rembourser la procréation médicalement assistée (PMA), la rendre
accessible aux personnes trans, et refuser la gestation pour autrui
(GPA), faire prévaloir l’intérêt supérieur de l’enfant comme principe
premier, en toutes circonstances
Mettre en oeuvre un plan d’éradication des violences à l’encontre
des personnes LGBTI
Interdire les thérapies de conversion et réprimer ces pratiques
À savoir
66% des Français sont pour l’interdiction des thérapies de
conversion visant à convaincre les personnes homosexuelles de devenir
hétérosexuelles (Harris Interactive, juillet 2021)
78% des Français sont favorables à la légalisation de l’euthanasie
en France (acte déclenché par le corps médical) (Harris Interactive,
janvier 2018)
69% des Français sont favorables à la légalisation du suicide
assisté en France (acte déclenché par le patient lui-même) (Harris
Interactive, janvier 2018)
57.
Une République universaliste contre le racisme et les
discriminations
L’universalité des droits n’est pas négociable en République : tous
ceux qui adhèrent au programme « liberté, égalité, fraternité » sont
français, citoyens, et donc égaux. C’est ce qui permet à la France
d’être un pays créolisé, où chaque être humain s’enrichit dans sa
relation aux autres. De ce principe en droit, il faut faire une réalité
de fait. L’égalité en droit et en fait doit progresser dans tous les
domaines.
Mesure clé
Mettre en œuvre un plan d’action global contre les
discriminations (emploi, logement, éducation, santé…)
Garantir le droit du sol intégral à tous les enfants nés en France
et faciliter l’accès à la nationalité française
Créer un Commissariat à l’égalité doté d’un Observatoire des
discriminations et de pôles spécialisés au sein des services publics et
des cours d’appel
Mettre en place le récépissé de contrôle d’identité par les forces
de l’ordre pour lutter contre le contrôle au faciès, accompagné de
dispositifs de formation, de contrôle et de sanctions
Instaurer le 4 février comme jour férié national en mémoire des
victimes de l’esclavage et de leurs luttes s’ajoutant au jour de
commémoration spécifique à chaque territoire d’Outre-mer
Ouvrir les archives sur les guerres de décolonisation
Abroger la loi dite contre le “séparatisme”
Instituer le droit de vote des étrangers aux élections locales
À savoir
61% des Français sont en faveur de l’instauration d’un récépissé
fourni par les forces de l’ordre aux citoyens à l’issue d’un contrôle
d’identité (Harris Interactive, janvier 2018)
58.
Faire face collectivement à la perte d’autonomie individuelle
Chacun a droit à des conditions de vieillesse dignes : c’est un enjeu
de civilisation humaine. Il faut sortir d’un modèle actuel de
maltraitance institutionnelle — pour ne pas dire gouvernementale — de
nos aînés et des travailleurs qui s’en occupent, en grande majorité des
femmes. Des milliers d’emplois, 210 000 au minimum rien que pour les
EHPAD, doivent être créés. Les salaires, le statut et les conditions de
travail doivent être revalorisés. Les conditions de travail doivent
répondre aux protocoles de soins et aux protocoles sanitaires : dans la
sixième puissance économique mondiale le terme « maltraitance
institutionnelle » ne devrait pas exister !
Mesure clé
Construire un service public de la dépendance, pour aider les
seniors à rester à domicile
Développer un réseau public de maisons de retraite aux tarifs
harmonisés et accessibles
Créer 10 000 places par an en EHPAD publics pendant cinq ans,
refonder le modèle de financement, l’augmentation des moyens matériels
et humains
Former, qualifier et recruter en nombre suffisant le personnel
nécessaire : au moins 210 000 personnes pour pouvoir respecter un ratio
minimal d’encadrement « au chevet » des résidents
Revaloriser les métiers et revenus de l’ensemble des professionnels
du grand âge à domicile comme en institution en refondant les grilles de
rémunération et de qualifications
À savoir
86% des Français sont pour la création d’un service public dédié au
maintien à domicile des seniors (Harris Interactive, juillet 2021)
59.
Lever les obstacles à l’autonomie des personnes en situation de
handicap
Que ce soit à l’école, pour accéder aux services publics ou dans
toutes les situations de la vie quotidienne, les personnes en situation
de handicap doivent toujours faire face à de nombreux obstacles plus de
quinze ans après la loi pour l’égalité des droits et des chances, la
participation et la citoyenneté des personnes handicapées du 11 février
2005. Le refus du gouvernement de déconjugaliser l’allocation aux
adultes handicapés (AAH), c’est le refus de garantir leur autonomie.
Stop aux beaux discours sans lendemain et passons aux actes.
Mesure clé
Assurer l’autonomie financière des personnes en situation de
handicap, en revalorisant et en versant l’AAH indépendamment des revenus
du conjoint
Multiplier les cursus complets (de la maternelle au lycée) bilingues
français/langue des signes française (LSF) pour permettre un réel accès
au savoir et à la formation pour les enfants sourds et
malentendants
Pérenniser le financement de l’insertion professionnelle des
personnes en situation de handicap
Titulariser les personnels d’accompagnement des élèves en situation
de handicap et recruter pour renforcer les capacités d’accueil et
d’accompagnement
Objectif zéro obstacle : tolérance zéro contre les entraves,
c’est-à-dire les obstacles au déplacement ou à la vie quotidienne,
permettre aux préfets de se substituer aux maires pour imposer les
travaux et fermer les bâtiments privés ne respectant pas la loi, et
imposer un plan de mise en accessibilité des transports
À savoir
76% des Français sont pour le versement de l’AAH à chaque personne
indépendamment des revenus du conjoint (Harris Interactive, juillet
2021)
Chapitre 10 : Émancipation
60.
La bifurcation dans les arts et la culture : pour un service public du
progrès humain
Relégués à un statut « non essentiel » pendant la crise sanitaire, la
culture, les arts et les travailleurs de l’art ont été méprisés par le
gouvernement pendant des mois. Unique mesure du quinquennat, le « Pass
Culture » symbolise la vision purement marchande d’Emmanuel Macron.
L’accès à la culture pour toutes et tous, ce n’est pas un bon d’achat !
Nous défendons au contraire une politique publique des arts et de la
culture forte, où chacune et chacun d’entre nous est en capacité de
s’exprimer, de s’impliquer, et de développer un rapport sensible et
critique au monde, sur l’ensemble du territoire national. Il y a
nécessité de faire confiance aux travailleurs de l’art. Vecteurs
d’altérité et d’émancipation, les arts et la culture sont le cœur du
progrès humain.
Mesure clé
Porter le budget consacré à l’art, à la culture et à la
création à 1 % du PIB par an
Restaurer un service public de la culture ambitieux pour les acteurs
culturels et le public
Reprendre les grands travaux culturels pour abroger les inégalités
territoriales en matière de structures de création, d’enseignement, de
diffusion et de mémoire artistique et culturelle
Accompagner les collectivités territoriales pour la création d’une
dynamique culturelle locale
Étendre la gratuité dans tous les musées, garantir une tarification
abordable dans les institutions publiques et encadrer les tarifs abusifs
des lieux privés
Créer une médiathèque publique en ligne gratuite regroupant les
oeuvres tombées dans le domaine public et une proposition d’œuvres
récentes programmées temporairement sur la base de Gallica
Soutenir la création et l’appropriation par tous des œuvres et
pratiques culturelles, en revalorisant l’éducation artistique à l’école,
les conservatoires, l’éducation populaire et la place de la culture dans
les comités d’entreprise
Redonner la priorité à la solidarité et à la diversité dans les
dispositifs d’aides publiques existants
Instituer un « domaine public commun » pour financer la création
nouvelle, constitué d’une redevance sur les droits patrimoniaux des
créateurs à partir de leur décès et d’une taxe sur les usages
exclusivement commerciaux des oeuvres qui ne sont plus soumises à droits
d’auteur
Abolir tous les privilèges fiscaux liés au mécénat culturel
Créer un fonds pour la création en faveur des communes qui
transforment les panneaux publicitaires en espaces d’affichage pour les
artistes et l’expression libre
Améliorer le régime des intermittents du spectacle sur la base du
socle commun de revendications du mouvement des occupations de théâtres
de 2021 et l’étendre aux autres professions culturelles et
événementielles discontinues, comme les « extras » de
l’hôtellerie-restauration et les guides-conférenciers
Créer un Centre national des artistes-auteurs qui organisera des
élections professionnelles afin de concevoir un régime de protection
sociale adapté à ces professions
Harmoniser les statuts des personnels enseignants artistiques et
réorganiser la filière de la recherche artistique au travers de
l’enseignement supérieur
Lancer un plan de formation et de recrutement d’emplois culturels de
proximité, notamment à destination des jeunes
À savoir
76% des Français sont d’accord pour que les droits d’auteur
financent les artistes de demain (Harris Interactive, juillet 2021)
76% des Français se déclarent favorables à l’instauration d’un
nouveau régime de protection sociale spécifique aux auteurs et autrices
leurs donnant des droits identiques à ceux des salariés (Harris
Interactive, mai 2021)
61. Être une grande nation
scientifique
Le développement et le rayonnement scientifiques sont un pilier de
notre indépendance et de notre épanouissement à l’ère des incertitudes
écologiques. La France doit demeurer une nation du savoir scientifique.
L’internationalisme humaniste auquel nous aspirons s’écrit aussi dans
des coopérations scientifiques.
Mesure clé
Financer des plans généraux de thèmes de recherche sur des
secteurs d’avenir
Rehausser le niveau d’investissement public dans la recherche
Bâtir un statut protecteur pour les jeunes chercheurs
Développer des universités plus ouvertes sur la société avec des
services dédiés chargés d’organiser le lien entre les chercheurs et la
population, dans un esprit de diffusion des savoirs et de réflexion
citoyenne sur leur usage
Abroger l’augmentation des frais d’inscription décidée par Macron
pour les étudiants étrangers
Créer un service public de la publication scientifique pour
permettre aux citoyens et universités d’accéder gratuitement aux
articles des chercheurs sans enrichir les revues et bases de données
privées
Renforcer les grands instituts publics de recherche (CNRS, Inserm,
Inra, etc.), garants des recherches d’intérêt général et supprimer
l’Agence nationale de la recherche
Participer à l’émergence de revues scientifiques francophones en
accès libre
Supprimer le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de
l’enseignement supérieur, refonder une vraie démocratie
universitaire
Promouvoir une charte éthique internationale de l’usage des
technosciences
62. Le sport et les
corps libérés de l’argent
Alors que quelques sports professionnels sont devenus des business
florissants, des clubs de sport amateurs sont obligés de mettre la clé
sous la porte. Les adhérents peinent en effet à renouveler leur
cotisation alors que le sport est une question de santé publique face à
l’explosion de l’obésité. L’inactivité physique tue dix fois plus que
les accidents de la route chaque année. Mettons fin au sport business et
développons le service public du sport : il est urgent de mettre des
moyens au service de l’intérêt général pour un sport émancipateur et
libéré de l’argent.
Mesure clé
Créer une association sportive dans tous les établissements
scolaires du premier degré pour rendre gratuite et accessible la
pratique d’une activité physique encadrée par des
professionnels
Augmenter la taxation sur les retransmissions sportives à la
télévision pour financer le sport amateur
Démocratiser la gestion des fédérations sportives et assurer la
souveraineté des licenciés sur leur fédération
Rembourser le sport santé, ou « sport sur ordonnance », grâce à la
Sécurité sociale
Consacrer l’apprentissage de la natation dans le cadre scolaire en
le rendant obligatoire
Promouvoir le sport féminin, instaurer la parité dans la
retransmission télévisuelle des grands événements sportifs et les rendre
accessibles sur des chaînes publiques
Renforcer l’accessibilité aux équipements sportifs des personnes en
situation de handicap
Reconnaître la spécificité des sourds et malentendants dans les
compétitions sportives olympiques
Redéployer et renforcer les conseillers techniques et sportifs (CTS)
sur tout le territoire
Mettre en place un plan national d’urgence pour la construction et
la rénovation des équipements sportifs
Favoriser la gratuité des activités sportives pour les populations
les plus pauvres
Organiser la mise en place réelle, à la fois contrôlée et évaluée,
d’un plan d’action, de formation et de sensibilisation sur les
LGBT-phobies dans le sport
Chapitre 11 : Éducation et
formation
63.
Éradiquer l’illettrisme et développer l’alphabétisation
L’illettrisme touche plus de 2,5 millions de Français dans
l’Hexagone. 40 % de la population est concernée à Mayotte, 20 % en
Martinique, Guadeloupe ou Guyane. De plus en plus de démarches
s’effectuant uniquement en ligne, les personnes illettrées perdent peu à
peu l’accès à leurs droits et ne parviennent même plus à régler leurs
factures ou à se déplacer. Nous voulons éradiquer enfin
l’illettrisme.
Mesure clé
Éradiquer l’illettrisme pour les jeunes sortis du système
scolaire et les adultes à l’horizon 2027
Développer les structures d’alphabétisation et les cours de langue
française pour les personnes non francophones
Financer des programmes associatifs d’accompagnement
Repérer les personnes en situation d’illettrisme par des actions
nationales et annuelles, et leur proposer une remise à niveau
gratuite
64. Faire le
service public de la petite enfance
Tant que la charge totale du travail des femmes, activité domestique
comprise, demeurera supérieure à celle des hommes, elles n’auront pas
leur juste part de liberté, de loisirs et de repos. La question des
modes de garde joue ici un rôle déterminant : c’est aux femmes
qu’incombe encore trop, et parfois exclusivement, la prise en charge des
enfants. L’établissement d’un vaste système de garde d’enfants est donc
impératif, pour la liberté des parents, les mères en particulier, et
l’apprentissage de l’autonomie des enfants.
Mesure clé
Créer un service public de la petite enfance et ouvrir 500
000 places en crèche et modes de garde adaptés sur cinq ans
Planifier la création de crèches (publiques et d’entreprises
publiques) et de jardins d’enfants à effectifs réduits et garantissant
un accès à un espace extérieur contenant une vraie végétation
Augmenter les moyens humains et matériels pour améliorer les
conditions de travail dans les structures existantes
Garantir la gratuité des crèches publiques
65.
Reconstruire une école globale pour l’égalité et l’émancipation
Une des grandes conquêtes sociales du siècle passé consiste à avoir
arraché les enfants aux violences de l’usine pour les accueillir à
l’école publique. Mais l’école publique, laïque et gratuite, qui est une
des clés du progrès social et humain, sort terriblement affaiblie de
quinze années marquées par des politiques destructrices. Depuis cinq ans
en particulier, Jean-Michel Blanquer a profondément désorganisé et
sabordé le service public d’éducation, en s’attaquant à ses fondements
et en le livrant au marché. Il faut reconstruire l’école de l’égalité et
de l’émancipation, une école qui participe à la prise en charge des
grands défis de demain : la bifurcation écologique et la 6e
République.
Mesure clé
Assurer la gratuité réelle de l’éducation publique, y compris
les cantines, le transport et les activités périscolaires, fournir
gratuitement aux élèves les manuels scolaires, ainsi que des fournitures
sans marque, pour assurer une réelle égalité des conditions entre élèves
et lutter contre l’intrusion marchande à l’école
Mettre en place une véritable politique d’éducation prioritaire sur
la base des bilans déjà effectués des différents dispositifs (zone
d’éducation prioritaire [ZEP],réseau d’aides spécialisées aux élèves en
difficulté [RASED], etc.)
Réduire partout les effectifs par classe pour faire mieux que la
moyenne en Europe, qui est actuellement à 19 élèves par classe, en
priorisant les maternelles et les classes des actuelles ZEP
Renforcer les dispositifs de rattrapage scolaire
Instaurer une nouvelle carte scolaire mettant fin à la ségrégation
scolaire
Étendre la scolarité obligatoire à 18 ans, en proposant, si
nécessaire, une garantie d’autonomie à partir de 16 ans
Garantir la variété des langues vivantes enseignées et leur
apprentissage dès le CP
Augmenter le nombre de classes pour les élèves primo-arrivants
Rattraper le gel du point d’indice depuis 2010 et revaloriser les
grilles salariales en engageant une négociation avec les organisations
syndicales
Adopter un plan pluriannuel de recrutement pour l’ensemble des
concours, avec un dispositif de prérecrutement au métier d’enseignant
favorisant l’accès des jeunes de tous les milieux sociaux
Créer des écoles professionnelles de l’enseignement, renforcer la
formation initiale et continue des personnels, en intégrant notamment
une solide formation à la sociologie de l’éducation, à la pédagogie, à
la psychologie de l’enfant et de l’adolescent, et à la lutte contre les
discriminations ; soutenir la recherche en éducation et développer des
partenariats entre l’Éducation nationale et des mouvements pédagogiques
agréés
Renforcer partout les effectifs de la vie scolaire (assistants
d’éducation, assistants pédagogiques)
Reconnaître le travail et l’engagement des personnels en mettant fin
aux dispositifs d’évaluation et de contrôle permanent ainsi qu’en
réaffirmant la liberté pédagogique, notamment dans le primaire
Créer un véritable service public d’accompagnement du handicap, avec
un nouveau corps de personnels
Mettre en place une aide administrative et éducative aux directeurs
d’école et améliorer le mode de décharge d’enseignement pour tous les
directeurs d’écoles maternelle et élémentaire
Associer aux décisions des établissements les personnels, les
parents et les élèves
Renforcer la médecine scolaire en garantissant le nombre de
personnels par établissement
Rétablir le diplôme national du baccalauréat, abroger les
contreréformes du lycée, de la voie professionnelle et du collège
Abolir les privilèges de l’enseignement privé (abroger la loi Carle,
interdire les subventions extralégales des collectivités
territoriales)
Intégrer l’enjeu écologique dans les programmes de la maternelle au
lycée et introduire de nouveaux enseignements pratiques
Porter l’alimentation dans les cantines scolaires à 100% biologique
et locale, réduire la part des protéines carnées au profit des protéines
végétales et imposer une option végétarienne quotidienne
Construire de nouveaux établissements à taille humaine et rénover le
bâti existant afin de prendre en compte les enjeux sanitaires et
environnementaux (désamiantage notamment)
Étendre le droit de réunion et d’association pour les lycéennes et
lycéens
Renforcer l’éducation à l’égalité, contre le sexisme et les
discriminations, dans les programmes scolaires
Formuler un projet « d’école globale » : rendre cohérent scolaire et
périscolaire
À savoir
67% des Français sont favorables à la gratuité intégrale de l’école,
cantine et matériel scolaire compris (Harris Interactive, juillet
2021)
66. Qualifier tout le monde
L’élévation continue du niveau de qualification des travailleurs est
essentielle. La bifurcation écologique nécessite des qualifications de
pointe à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Il est donc
impératif de penser ensemble les offres de formation initiale et la
formation tout au long de la carrière en cohérence avec les objectifs
écologiques du pays. Nous voulons reconstruire les filières publiques
d’enseignement professionnel, aujourd’hui dévastées. Elles sont une voie
d’excellence dans laquelle étudie la moitié de la jeunesse du pays. Les
savoir-faire qui y sont appris et transmis sont indispensables face aux
défis écologiques qui nous attendent.
Mesure clé
Augmenter le nombre de classes et de lycées professionnels et
agricoles publics
Créer des centres polytechniques professionnels
Rétablir l’encadrement de la création de centres de formation des
apprentis (CFA) sous l’autorité des régions
Interdire les diplômes privés professionnels
Rétablir le baccalauréat professionnel en quatre ans et y renforcer
les enseignements généraux
Protéger les cursus courts dans l’enseignement supérieur et
encourager la poursuite d’études après un bac professionnel ou
technologique (BTS, DUT, licences professionnelles…)
Structurer les filières professionnelles qui répondent aux besoins
en main-d’œuvre de la bifurcation écologique
Redonner et développer les moyens humains et financiers de formation
aux lycées agricoles publics
Permettre l’accès et la gratuité des places d’internat aux étudiants
et apprentis mineurs sous condition de ressources et pour les plus
éloignés des lieux d’apprentissage
Réinstaurer un service public national de l’orientation
Réserver la taxe d’apprentissage aux établissements publics
67. Refonder l’enseignement
supérieur
Précarité des étudiants, doctorants et jeunes diplômés, manque de
places, sélection à l’entrée, concurrence entre établissements et entre
chercheurs pour des financements insuffisants et aléatoires : c’est dans
l’enseignement supérieur que les conséquences de la marchandisation et
du démantèlement du service public sont les plus avancées. Tout est à
reconstruire dans une logique de coopération.
Mesure clé
Garantir à tous les bacheliers l’accès sans sélection à la
formation de leur choix en démantelant le système
Parcoursup
Instaurer la gratuité de l’enseignement supérieur, de la licence au
doctorat
Mettre fin à la précarité des doctorants et jeunes chercheurs par la
titularisation des personnels effectuant des missions pérennes et en
abrogeant la loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à
2030
Redonner à l’enseignement supérieur et à la recherche les moyens
nécessaires en les fondant sur des financements pérennes et en
augmentant le budget des universités et des centres de recherche
Interdire le caractère lucratif des écoles privées de l’enseignement
supérieur (actionnariat, cotation en bourse)
Lancer un grand plan pour l’immobilier universitaire, incluant la
construction et la rénovation de laboratoires, d’amphithéâtres et lieux
de vie sociale, citoyenne et étudiante
Construire 15 000 logements supplémentaires par an, rénover et
remettre aux normes de sécurité et environnementales les logements
existants
Abroger les lois relatives aux libertés et responsabilités des
universités (LRU) et Fioraso
Augmenter le nombre de psychologues au sein des universités
À savoir
76% des Français sont pour rétablir le libre choix de sa filière
d’inscription à l’université en supprimant Parcoursup (Harris
Interactive, juillet 2021)
68.
Un temps de jeunesse au service de l’intérêt général et de la sûreté de
la Nation
Le Service national universel (SNU), promesse d’Emmanuel Macron, est
aussi coûteux qu’inutile. Nous proposons un service citoyen obligatoire
avant l’âge de 25 ans, rémunéré au SMIC revalorisé pendant neuf mois et
ouvrant de nouveaux droits : formation, bilan de santé, permis de
conduire. Ces jeunes pourront s’ils le souhaitent intégrer la garde
nationale placée sous commandement civil. Elle regroupera également la
réserve de sécurité nationale, la réserve de sécurité civile et la
réserve citoyenne.
Mesure clé
Instaurer une conscription citoyenne et créer une garde
civile nationale
Mettre en place une conscription citoyenne de neuf mois, pour les
femmes et les hommes de moins de 25 ans, rémunérée au SMIC - revalorisé
- ; elle comprend une formation militaire initiale (avec droit
d’objection de conscience) et des tâches d’utilité publique (secours aux
personnes, sécurité civile, protection et réparation de l’environnement,
appui à des associations labellisées d’intérêt général, appui à la
population en cas de crise sanitaire)
Intégrer dans cette conscription un bilan de santé et une évaluation
des capacités d’écriture, lecture et calcul, avec mise à niveau si
nécessaire. Elle comprendra aussi une formation gratuite à la conduite
et le passage de l’examen du permis de conduire
Créer une garde nationale sous commandement civil, composée de la
réserve de sécurité nationale, de la réserve de sécurité civile, de la
réserve citoyenne et des jeunes en service citoyen obligatoire ayant
souhaité intégrer l’une de ces réserves
À savoir
74% des Français sont favorables à un service citoyen mixte, d’une
durée de 9 mois, payé au SMIC (Harris Interactive, juillet 2021)
Ordonner le monde
« Chaque période du développement humain suscite son genre
particulier de conflits humains, son type propre de problèmes, que la
force seule serait apparemment capable de résoudre. Et, chose
paradoxale, en chaque occurrence la force s’est révélée incapable de
résoudre réellement le problème. »
– Isaac Asimov, Les Robots, 1950
Les guerres aux quatre coins du monde nous rappellent chaque jour
l’urgence de la paix. Il nous faut bâtir une France indépendante,
insoumise aux dogmes de la Commission européenne et à l’hégémonie des
États-Unis d’Amérique. C’est le préalable incontournable pour que notre
pays participe de sa contribution positive au peuple humain. Nous avons
à construire de nouveaux horizons de progrès écologique pour protéger
les biens communs de l’humanité et nous porter aux nouvelles frontières
que sont l’espace, les mers et le virtuel.
Chapitre 12 : Europe
2022 est l’occasion de changer de trajectoire en Europe : en 2022, la
France exercera la présidence de l’Union européenne au moment où se
négocieront les nouvelles politiques climatiques et la réintroduction
des règles budgétaires européennes. Les traités actuels seront donc
inévitablement remis en cause pour répondre à l’ampleur des défis. Notre
règle : en toute hypothèse, nous appliquerons les engagements de notre
programme.
En effet, certaines règles européennes sont aujourd’hui incompatibles
avec la mise en œuvre de notre programme :
Les traités de libre-échange s’opposent au protectionnisme
écologique
La concurrence libre et non-faussée empêche la constitution de pôles
publics et la sortie des biens communs du marché
Le carcan budgétaire nous enferme dans l’austérité et réduit notre
capacité à investir dans la bifurcation écologique et sociale
La libre-circulation des capitaux nous empêche de reprendre le
pouvoir sur le secteur financier
La politique agricole commune promeut un modèle contraire à une
agriculture paysanne, biologique et respectueuse du bien-être
animal
L’absence d’harmonisation sociale et la directive sur le travail
détaché mettent en concurrence les travailleurs
L’impunité des paradis fiscaux européens menace nos recettes
fiscales et le consentement à l’impôt
L’Europe de la défense nous enferme dans les velléités belliqueuses
de l’OTAN
Le statut de la Banque centrale européenne (BCE) nous oblige à
mettre l’État dans la main des marchés financiers pour nous
financer
Nous avons une stratégie complète pour lever ces blocages avec une
méthode de gouvernement fondée sur le respect de la volonté populaire et
l’esprit de coopération internationale.
D’une part, nous proposons aux États et aux peuples européens la
rupture concertée avec les traités actuels (plan A). Cela passera par la
négociation de nouveaux textes compatibles avec les urgences climatiques
et sociales et soumis à un référendum du peuple français pour
approbation. Nous proposerons notamment :
la récupération par les États de leur souveraineté budgétaire ;
la modification du statut de la BCE ;
la mise en place de règles d’harmonisation sociale et écologique à
l’intérieur de l’Union ;
la mise en place d’un protectionnisme écologique ;
le droit pour les États de venir en aide à des entreprises ou à
créer des monopoles publics dans des secteurs stratégiques ;
le droit à l’eau comme droit fondamental pour tous les
Européens.
D’autre part, nous appliquerons dans tous les cas immédiatement notre
programme au niveau national en assumant la confrontation avec les
institutions européennes (plan B). Nous utiliserons pour cela tous les
leviers pour faire valoir notre position au Conseil européen et
désobéirons aux règles bloquantes à chaque fois que c’est
nécessaire.
Ces deux stratégies s’alimentent mutuellement : c’est en agissant en
éclaireur que nous pourrons entraîner les autres peuples européens !
69.
Utiliser tous les leviers d’action face aux institutions
européennes
La France est loin d’être démunie. Nous n’hésiterons pas à mobiliser
si nécessaire tous nos leviers d’action :
Mesure clé
Utiliser le droit de veto de la France, par exemple pour refuser
tout nouvel accord de libre-échange et tout nouvel élargissement sans
harmonisation sociale, fiscale et environnementale préalable
Conditionner la contribution française au budget de l’Union
européenne
Construire de nouvelles coopérations approfondies avec les États qui
le souhaitent en matière sociale, écologique, culturelle, éducative,
scientifique, etc.
Déclencher la mobilisation citoyenne avec nos alliés politiques et
la société civile en Europe pour augmenter l’autorité de nos points de
vue.
70.
Désobéir à chaque fois que c’est nécessaire pour mettre en œuvre notre
programme
Dans le même temps, nous désobéirons aux règles européennes
incompatibles avec l’application de l’Avenir en commun. Et nous avons
des outils pour le faire :
Mesure clé
Cesser d’appliquer unilatéralement les normes incompatibles avec nos
engagements écologiques et sociaux telles que la directive sur le
détachement des travailleurs, les règles budgétaires, les règles de la
concurrence, la libre circulation des capitaux
Suspendre la participation (opt-out) de la France à certains
programmes comme l’Europe de la défense
Utiliser les contradictions entre les règles européennes et nos
engagements internationaux sur le climat ou le travail pour faire primer
les normes les plus exigeantes
Réaffirmer la supériorité des principes fondamentaux inscrits dans
la Constitution de la 6e République sur le droit européen et instaurer
un principe de non-régression écologique et sociale : aucune norme
européenne ne peut s’appliquer si elle est moins ambitieuse qu’une norme
nationale sur le plan social ou écologique
À savoir
68% des Français sont favorables à l’interdiction du travail détaché
qui permet à des salariés d’un pays de l’Union européenne de venir
travailler en France sans payer les mêmes cotisations sociales que les
salariés et dirigeants français (Ifop, février 2019)
Chapitre
13 : Une diplomatie altermondialiste pour la paix
71. Assumer
l’indépendance de la France dans le monde
Les quinquennats Sarkozy, Hollande et Macron ont enfermé la France
dans l’OTAN dans une vision étroitement « occidentale » du monde qui
aggrave les tensions mondiales. Pour promouvoir la paix et la
coopération, retrouver une voix indépendante est une nécessité.
Mesure clé
Se retirer immédiatement du commandement intégré de l’OTAN
puis, par étapes, de l’organisation elle-même
Refuser le « choc des civilisations », porter une action
internationale non alignée, au service de la paix, promouvoir une
conception universelle et non dévoyée des droits humains
Refuser toute inscription de notre pays dans une alliance militaire
permanente dans la région indo-pacifique et ailleurs
Engager la formation d’une nouvelle entente altermondialiste
Réinvestir pleinement l’Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe (OSCE) pour un dialogue non-atlantiste avec la
Russie
Stopper l’érosion du réseau diplomatique français et son alignement
sur la diplomatie de l’Union européenne
Offrir l’asile aux lanceurs d’alerte, nouveaux combattants de la
liberté au service de l’intérêt général humain, comme Edward Snowden et
Julian Assange
72.
Construire une défense indépendante, républicaine et populaire
Les alliances militaires permanentes, comme l’OTAN construite par et
pour les États-Unis, sont contraires aux intérêts et aux principes de
notre pays. Elles réduisent la portée de sa diplomatie et aliènent son
message. La France peut et doit se défendre elle-même, en dehors de
toute alliance militaire permanente quelle qu’elle soit. Pour cela, la
défense doit être l’affaire de la Nation tout entière.
Mesure clé
Rédiger un livre blanc et adopter une loi de programmation
militaire visant à restaurer notre indépendance et mettre en oeuvre
notre adaptation au changement climatique
Stopper les privatisations des industries d’armement et des missions
de défense nationale, puis les réintroduire dans le secteur public
Prioriser l’acquisition de matériel militaire français dans
l’armée
Ouvrir la possibilité d’un service militaire comme composante
optionnelle du service citoyen obligatoire
Mobiliser l’espace numérique et la réalité spatiale pour installer
des systèmes défensifs et non létaux contre les agressions et pour la
paix
Donner à nos services de renseignement la capacité d’anticiper les
risques, y compris sanitaires, liés aux bouleversements climatiques
Adapter le matériel militaire et l’équipement de nos soldats à la
nouvelle donne climatique
Lancer un plan d’adaptation des infrastructures militaires
vulnérables
Simplifier l’indemnisation et la reconnaissance de la blessure
psychique au sein de l’armée française
À savoir
96% des Français sont favorables à ce que les procédures
administratives pour les blessés psychiques de guerre soient simplifiées
(Harris Interactive, mai 2021)
73. Renforcer
l’ONU pour faire vivre un monde ordonné
En dépit de ses insuffisances, l’Organisation des Nations unies reste
le seul organe légitime, car universel, pour assurer la sécurité
collective. Elle est pourtant sapée de l’intérieur, par des manques
financiers qui la rendent dépendante du bon vouloir de sociétés privées
« partenaires », et de l’extérieur, par les puissances impérialistes qui
s’affranchissent du droit international et développent au profit de
leurs seuls intérêts une conception particulière du « multilatéralisme
». La France doit œuvrer sans aucune arrière pensée au retour en force
de cette institution face aux déséquilibres et menaces pour la stabilité
et la paix.
Mesure clé
Réaffirmer que l’ONU est le seul organe légitime pour la
sécurité collective
Refuser toute intervention militaire sans mandat de l’ONU, rétablir
l’autorité du comité d’état-major des Nations unies
Créer une Organisation mondiale de l’environnement et défendre
l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la
culture (UNESCO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) libérée
des intérêts de l’industrie pharmaceutique
Réformer l’Organisation de l’ONU pour l’agriculture et
l’alimentation (FAO) pour favoriser la souveraineté alimentaire, la
régulation des marchés et la conversion écologique de l’agriculture
Construire avec les États et les sociétés concernées, sous l’égide
de l’ONU, des solutions politiques partout où la paix n’est pas garantie
(Proche-Orient, Moyen-Orient, Afrique sahélienne, Cachemire, Caucase,
golfe Arabo-Persique, Corne de l’Afrique, etc.)
Porter l’idée de la création d’une force d’intervention et de
sécurité écologique sous l’égide de l’ONU et d’un traité de
non-prolifération des énergies carbonées
À savoir
83% des Français sont favorables à ce que l’ONU joue un rôle plus
important pour assurer la paix sur Terre (Harris Interactive, juillet
2021)
74.
Refuser le libre-échange, instaurer un protectionnisme écologique et la
coopération économique
La mondialisation néolibérale est d’abord la globalisation de la
finance, la concentration des pollutions, la propagation des épidémies
et le déménagement permanent du monde pour le seul profit des
multinationales au détriment des peuples et de l’environnement. La
compétition de tous contre tous qu’elle instaure signifie
désindustrialisation, chômage de masse, émigration forcée, destruction
des productions vivrières, etc. Le protectionnisme écologique est la
seule réponse rendant possibles un codéveloppement au service des
peuples et la préservation d’un écosystème compatible avec une vie
humaine digne.
Mesure clé
Porter au sein du Fonds monétaire international (FMI), de la
Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) des
propositions de rupture avec le néolibéralisme international, et
réinvestir la Conférence des Nations unies sur le commerce et le
développement (CNUCED)
Intégrer le respect des règles fondamentales de l’Organisation
internationale du travail dans les accords commerciaux
Agir pour l’adoption à l’ONU d’un règlement contraignant les
multinationales à respecter des normes sociales et
environnementales
Œuvrer à un règlement collectif des dettes publiques, indépendamment
des mécanismes du marché, dans le cadre de la résolution votée par
l’Assemblée générale de l’ONU en 2015
75.
Étendre les protections du droit international aux biens communs
planétaires
La crise écologique ne connaît pas les frontières administratives. Ce
qu’un pays rejette dans l’air sera aussi respiré par ses voisins. Ce
qu’il déverse dans l’eau échouera sur la côte à l’autre bout du monde.
Les responsabilités sont forcément collectives. Les entreprises
criminelles et les pollueurs de masse doivent répondre de leurs actes.
Il est donc temps d’élargir le droit international à l’impératif
climatique et écologique.
Mesure clé
Reconnaître un crime d’écocide
Soutenir la création d’un tribunal international de justice
climatique et environnementale
Créer un tribunal international de justice économique pour juger les
crimes financiers transnationaux
Élargir le dispositif de la licence d’office et lever les brevets
sur les vaccins et autres moyens médicaux de lutte contre les
pandémies
Soutenir activement les négociations en cours d’un traité
contraignant les multinationales à respecter les droits humains et
l’environnement
Soutenir activement les négociations en cours d’un traité
international de lutte contre les plastiques
Faire de la question de l’eau, de sa protection et de son accès pour
tous un enjeu prioritaire de la politique internationale et de
coopération de la France
Jouer un rôle actif dans les négociations pour un traité
international de protection des grands fonds marins
Défendre la gestion des pôles Arctique et antarctique comme des
biens communs de l’humanité, protégés des activités économiques qui
pourraient détruire leurs écosystèmes par le pillage de leurs ressources
sous-marines tels les minerais ou les hydrocarbures
76. Pour
une politique migratoire humaniste et réaliste
L’émigration forcée est toujours une double souffrance : ne pas être
chez soi où l’on vit, et ne plus être chez soi d’où l’on vient. Les
migrations sont un sujet trop sérieux pour les réduire à des
surenchères. La première tâche est de permettre à chacun de vivre chez
soi, auprès de ses proches et de ses amis. Pour cela, il faut arrêter
les guerres, les accords commerciaux qui détruisent les économies et
affronter le changement climatique.
Mesure clé
Renforcer l’Organisation internationale pour les migrations
(OIM) et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés
(UNHCR) et organiser une conférence annuelle sur les
migrations
S’opposer aux accords commerciaux inégaux afin d’éviter aux migrants
de devoir fuir leur pays
Agir contre les conséquences des bouleversements climatiques par des
transferts de technologies et de l’aide financière et matérielle
Sortir de l’impasse de la politique de Schengen et Frontex
Assumer notre devoir d’humanité envers les réfugiés
Faciliter l’accès aux visas, régulariser les travailleurs,
étudiants, parents d’enfants scolarisés et instituer la carte de séjour
de dix ans comme titre de séjour de référence
Créer un statut de « détresse environnementale » apportant une
protection temporaire pouvant devenir durable en fonction de la gravité
de la catastrophe ayant entraîné la migration
Suspendre le règlement Dublin, renégocier les accords du
Touquet
Prendre en charge les personnes migrantes grâce à des structures
d’accueil et d’hébergement en nombre suffisant sur tout le territoire,
en finir avec le délit de solidarité, créer un guichet unique
d’accueil
Garantir pleinement le droit d’asile notamment en prenant le temps
d’étudier chaque dossier
Abroger la loi asile et immigration
À savoir
83% des Français sont favorables à un plan de co-développement
initié par la France pour prévenir les migrations forcées (Harris
Interactive, juillet 2021)
77.
Les Outre-mer, fer de lance d’une diplomatie écologique
altermondialiste
Grâce aux Outre-mer, la France est présente à tous les points clés de
l’écosystème. Elle possède le deuxième domaine maritime au monde. La
Guyane française abrite près de 80% de la biodiversité nationale et
partage avec le Brésil la plus longue frontière terrestre de notre pays.
Le devoir de la France est fixé par ses responsabilités. Elle doit être
le fer de lance d’une diplomatie universaliste. Les Outre-mer en seront
les points d’appui.
Mesure clé
Construire des politiques internationales à partir des
Outre-mer : préservation de l’Amazonie, aide aux peuples autochtones
menacés par la montée des eaux
Faire des Outre-mer des pôles régionaux de codéveloppement :
transfert de technologies auprès des pays voisins, aide logistique et
scientifique, établissement de formations de haut niveau bénéficiant à
la fois aux étudiants ultramarins et à ceux des pays voisins,
coopération militaire de maintien de la paix
Rejoindre les coopérations régionales : la Communauté d’États
latino-américains et caraïbes (CELAC) pour les Antilles et la Guyane
française, l’Union africaine pour Mayotte, rejoindre la Communauté de
développement de l’Afrique australe (CDAA) et participer activement à
l’Association des États riverains de l’océan Indien (IORA) pour La
Réunion
Annuler définitivement le projet Montagne d’or en Guyane
Construire l’avenir de la Nouvelle-Calédonie dans le respect des
référendums, en lien avec les territoires voisins
78.
Construire des coopérations altermondialistes et internationalistes
Un autre monde est possible, plus juste, plus ordonné, plus
écologique. Pour cela, de nouvelles coopérations doivent être engagées
et d’autres renforcées. La France doit œuvrer, sans exclusive, à tous
les projets sortant d’une conception néolibérale et occidentaliste de la
mondialisation, promouvant des biens publics mondiaux exempts des
mécanismes du marché et luttant contre les inégalités et la crise
écologique.
Mesure clé
Consacrer 0,7% du revenu national brut à une aide publique au
développement débarrassée du carcan néolibéral
Agir pour la paix et respecter l’indépendance des États et la
souveraineté des peuples
Relancer le codéveloppement et la coopération notamment dans la
lutte contre le changement climatique
Adhérer à la Nouvelle Banque de Développement des BRICS (Brésil,
Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud)
Soutenir le projet de monnaie commune mondiale face au dollar
Appuyer la restructuration des dettes souveraines
Réformer « l’aide au développement » apportée par l’Agence française
de développement (AFD) pour qu’elle ne serve pas les intérêts des
régimes oligarchiques et d’entreprises intéressées aux « partenariats
publics privés ». Décider de son allocation avec les sociétés civiles
sur place, dans un objectif de renforcement des droits humains et des
souverainetés populaires, et non de mise en dépendance néocoloniale
79.
Unir le petit bassin méditerranéen autour d’objectifs communs de
progrès
Ne nous résignons pas à voir la mer Méditerranée devenir un cimetière
pour migrants. La France doit assumer en Méditerranée la responsabilité
particulière créée par son histoire, sa géographie, sa langue, la
richesse et la diversité de son peuple.
Mesure clé
Créer un réseau d’universités méditerranéennes et organiser
un réseau méditerranéen de l’enseignement professionnel
Créer une force méditerranéenne d’intervention et de sécurité civile
pour lutter contre les incendies et pour le secours en mer en cas de
catastrophes naturelles
Mettre en place une structure commune de lutte contre les pollutions
et de gestion de la dépollution de l’écosystème de la mer
Méditerranée
Organiser les moyens d’intervention sous-marins
Étendre à la Méditerranée les normes écologiques applicables dans la
mer Baltique, notamment en matière de limitation des émissions liées au
trafic maritime
Créer une chaîne de télévision méditerranéenne émettant en plusieurs
langues et diffusant sur les deux rives de la Méditerranée, et sur
Internet (sur le modèle de la chaîne franco-allemande Arte)
80.
Construire une relation avec l’Afrique basée sur la souveraineté des
peuples
Des dynamiques de révolutions citoyennes se sont déclenchées à
travers toute l’Afrique ces dernières années. Le gouvernement français
est resté sourd à ces aspirations populaires. Sa politique est pourrie
par une vision affairiste répondant aux seuls intérêts bornés des
oligarchies. Il est dans l’intérêt des peuples que la France adopte une
politique africaine guidée par l’intérêt général humain. La coopération
entre les peuples est la méthode qui permettra d’avancer en ce sens.
Mesure clé
Organiser un débat suivi d’un vote au Parlement sur les
objectifs et l’action de l’armée française au Sahel et au Mali, et
décider d’un calendrier de retrait des opérations militaires au
Sahel
Renforcer l’aide au développement au Sahel et la conditionner au
respect des droits humains, démocratiques, sociaux et écologiques
Réviser les accords de défense passés avec les pays africains, pour
qu’ils soient conclus dans l’intérêt des peuples et empêchent toute
ingérence dans les affaires intérieures des pays africains
Permettre aux pays africains des zones CFA (dont la partie ouest est
devenue zone ECO) d’avoir une monnaie dont ils soient les seuls maîtres,
et dont ils puissent définir les contours
Annuler les dettes « odieuses » de certains pays africains,
c’est-à-dire les dettes contractées par des dictatures dans le seul but
d’enrichir le clan au pouvoir, ou d’engager des actions qui vont à
l’encontre de l’intérêt général
Créer une commission d’enquête indépendante afin de faire toute la
lumière sur les accusations de bavures à l’égard de l’armée
française
81. Passer à la
francophonie des peuples
La langue française est la troisième langue la plus parlée au monde.
Mais, sur le terrain, le nombre de locuteurs réels diminue. Cette langue
en partage est pourtant un lien à faire vivre et à développer dans sa
dimension politique. La francophonie est malgré cela trop souvent
ignorée, ou confisquée par un cadre officiel inaccessible à la majorité
des populations francophones.
Mesure clé
Défendre l’usage du français dans les institutions
internationales
Faire vivre une francophonie des peuples
Créer un Erasmus francophone
Élaborer des contenus éducatifs et des diplômes communs entre pays
francophones
Renforcer les médias audiovisuels francophones
Renforcer l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF)
Participer à la création d’une revue scientifique francophone de
premier plan au niveau mondial
Créer une université francophone de l’espace proposant un cursus
universitaire commun d’accès à tous les métiers relatifs au secteur
aérospatial
Recréer des espaces d’expressions culturelles francophones (les
scènes nationales par exemple)
Renforcer le réseau des Instituts et Alliances français
Chapitre 14 :
Nouvelles frontières de l’humanité
82. Protéger les mers et
océans
Les océans sont aujourd’hui en danger. La biodiversité marine se
dégrade, du fait de la surpêche et de la pollution plastique. Il est
urgent de protéger les mers et océans du pillage de leurs ressources et
des tensions militaires. Il est nécessaire de sanctuariser les
écosystèmes marins.
Mesure clé
Œuvrer à la création d’un droit international de la
biodiversité marine, notamment dans les grands fonds
Faire de la France le leader mondial de la recherche et de
l’éducation dans le secteur maritime
Créer un lycée de la mer dans chaque département maritime
Développer la formation professionnelle dans le domaine des
nouvelles techniques de pêche écologiques
Proposer la construction de la première station sous-marine
permanente sur le modèle de la station spatiale internationale
Gérer durablement la ressource via la pêche artisanale, lutter
contre les pratiques de pêche illégales et refuser la marchandisation de
la politique commune des pêches au niveau européen
Éradiquer les pratiques de pêche dangereuses comme la pêche
électrique
Créer des aires marines protégées en haute-mer et augmenter leur
niveau de protection
Défendre un moratoire sur les forages en Méditerranée et sur
l’extraction minière en eaux profondes comme demandé par l’Union
internationale pour la conservation de la nature (UICN)
Encadrer le prélèvement de sable marin pour le secteur de la
construction et lutter contre l’extraction illicite à l’échelle
nationale et internationale
Lutter contre l’acidification des océans et la multiplication des «
zones mortes » dépourvues d’oxygène
Obtenir la reconnaissance internationale de l’espace maritime
français
Augmenter les moyens de surveillance de notre domaine maritime
83.
Être à la hauteur de la responsabilité maritime française
La France est une puissance maritime qui s’ignore. La mer est
pourtant une source formidable d’activité dans la bifurcation
écologique. 400 000 emplois existent déjà dans ce domaine. On pourrait
atteindre un million très rapidement. Mais les technologies marines sont
délaissées des pouvoirs publics.
Mesure clé
Développer les énergies marines renouvelables (EMR) dans le
cadre du plan de transition énergétique et d’une maîtrise publique des
installations et réseaux
Refuser l’abandon de la filière d’énergies marines et assurer son
développement industriel par la nationalisation de la branche énergies
marines d’Alstom cédée à General Electric et de la branche éolienne
offshore d’Areva cédée à Siemens
Renforcer la recherche en matière de navigation de commerce à la
voile
Garantir la pérennité de la marine marchande française par le
protectionnisme et la moderniser, notamment pour développer des
propulsions moins polluantes
Relancer les ports français et moderniser les infrastructures
portuaires dans une logique multimodale mer-rail-fluvial
Engager la construction de navires de souveraineté scientifique,
militaire et d’approvisionnement stratégique
Demeurer une puissance polaire : augmenter les moyens de l’Institut
polaire Paul-Émile Victor, engager un plan de rénovation et de
modernisation des stations de recherche en Antarctique, se doter d’un
brise-glace en soutien à la recherche océanographique
84. Relancer la découverte de
l’espace
L’indépendance de la France et notre contribution à la connaissance
sont liées à l’espace. Ce domaine ne doit pas être abandonné aux
marchands, ni être militarisé par les grandes puissances : c’est
l’intérêt général qui est en jeu. La France doit garantir sa
souveraineté et contribuer à de nouvelles coopérations
internationales.
Mesure clé
Lutter contre la course à l’armement spatial tout en
garantissant la souveraineté de la France face aux nouvelles
menaces
Proposer un programme international de dépollution de l’orbite
géostationnaire et de nouvelles règles internationales d’occupation des
orbites basses.
Revenir sur la privatisation d’Arianespace et protéger la filière de
lancement de satellites, renforcer les moyens du Centre national
d’études spatiales
Doter la France des moyens de neutralisation des actions hostiles
menées contre elle depuis l’espace
Fédérer les différentes missions vers Mars et assurer la
participation française à ces missions
Renforcer la contribution française à la présence humaine permanente
dans l’espace en lien notamment avec la Russie, les États-Unis, la Chine
et l’Inde
Proposer un nouveau traité international pour la non-appropriation
des ressources spatiales et la démilitarisation de l’espace
Interdire les voyages commerciaux et privés dans l’espace, luxe
ultra polluant réservé à une minorité
Garantir l’utilisation de Galileo par le grand public en rendant
obligatoire la double compatibilité Galileo GPS
85.
Affirmer le caractère d’intérêt général de la révolution numérique
La révolution numérique est une chance immense pour l’humanité. Elle
peut permettre un développement humain, scientifique et démocratique
inédit à condition de ne pas laisser faire les multinationales qui
veulent se l’accaparer pour leurs seuls profits. Faire du numérique un
bien commun mondial est un enjeu démocratique, économique et social de
premier plan : la technologie doit servir le progrès humain, et non
créer de nouvelles inégalités ou restreindre les libertés.
Mesure clé
Garantir le droit à un accès minimal gratuit à
Internet
Garantir la couverture numérique de tout le pays en fibre d’ici
2025
Aller plus loin que le règlement européen de protection des données
pour agir contre les discriminations entraînées par le traitement
algorithmique des données personnelles, en dotant la Commission
nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) de moyens de contrôle
efficaces
Constitutionnaliser le droit au chiffrement des données et des
communications
Systématiser la publication en données ouvertes des informations
publiques détenues par les collectivités
Garantir le maintien de guichets et de formulaires papier malgré la
dématérialisation des services publics et la transformation numérique
des administrations, déployer un service public de proximité pour
accompagner les 20 % de Français en difficulté avec le numérique
(illectronisme)
86. Garantir la
souveraineté numérique de la France
La mise en réseau mondiale permet de nouvelles coopérations à travers
la circulation des idées, des paroles et des écrits. Elle doit se faire
dans un cadre international garantissant la maîtrise publique et
démocratique d’Internet : la France ne doit pas dépendre d’autres pays
et des multinationales comme les Google, Amazon, Facebook, Apple et
Microsoft (GAFAM). Elle doit pouvoir prendre ses propres décisions.
Mesure clé
Garantir la neutralité du Net, c’est à dire l’accès égal de
chacun et l’égalité de traitement
Passer sous contrôle public les infrastructures du numérique et des
télécommunications
Créer une agence publique des logiciels libres chargée de planifier
leur développement stratégique domaine par domaine en identifiant les
manques et en finançant les projets-clés
Généraliser l’usage des logiciels libres dans les administrations
publiques et l’Éducation nationale
Permettre à tous les citoyens et à toutes les entreprises l’accès à
des services et logiciels en ligne hébergés sur des serveurs français de
droit français
Refuser la censure privée sur les réseaux sociaux opérée par les
GAFAM
Garantir l’hébergement des données des services publics français et
des entreprises essentielles sur des serveurs de droit français situés
en France
Défendre une gouvernance mondiale d’Internet en établissant une
agence consacrée à l’ONU
Renforcer l’excellence française dans le virtuel, soutenir les
créations françaises dans un but émancipateur
Créer un centre national du jeu vidéo et développer une filière
publique de formation dans ce domaine
Créer la mission nationale de maîtrise de l’intelligence
artificielle
Créer une fonderie française pour microprocesseurs
Rétablir la propriété française publique sur Alcatel Submarine
Networks
Réduire l’impact écologique du numérique (réglementations sur
l’obsolescence programmée, politiques incitatives sur le low-code,
indice carbone sur le Web…)
Baisser la production de chaleur et la consommation électrique des
data centers et soumettre ceux-ci à une autorisation de
construction