L’Avenir en commun

Le programme pour l’Union Populaire présenté par Jean-Luc Mélenchon

L’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature comme vision du monde

« L’Avenir en commun »

Introduction de Jean-Luc Mélenchon

Le programme « L’Avenir en commun » est davantage qu’un ensemble de mesures concrètes. Il apporte surtout une vision du monde pour le futur. C’est un besoin fondamental de notre temps quand le monde entre dans une telle ère de changements écologiques et de destructions sociales, de mutations irréversibles et d’incertitudes totales. Les candidatures qui se limitent à quelques propositions, si séduisantes qu’elles soient, n’y répondent pas. Je me fais donc un devoir de résumer notre projet : construire une société d’entraide ayant pour but l’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature. Tel sera le but visé en toutes circonstances, même très imprévues.

J’ai résumé ici la philosophie qui m’anime au moment où je suis le candidat du programme que vous allez lire. Si je suis élu, je m’y tiendrai sans transiger. Car le capitalisme financiarisé de notre temps provoque une violence sociale et un saccage de la nature sans précédent dans l’histoire de la civilisation humaine. Tout, même les pandémies, lui permet de se gaver. Pour finir, à cette heure, 26 personnes possèdent autant que la moitié de la population mondiale. Et le patrimoine des ultra-riches en France a augmenté d’un tiers pendant l’épidémie de Covid-19. Puisqu’il se nourrit de ses propres désastres, ce système est incapable de se corriger lui-même. Les raisons de le rejeter sont donc sérieuses et urgentes. C’est le but de notre programme. Nous ne voulons ni le cacher ni le flouter : « L’Avenir en commun », c’est l’insoumission devant l’ordre actuel du monde.

Ce programme a une histoire. « L’Avenir en commun » n’est pas un assemblage de trouvailles de technocrates et de publicitaires. Il est issu de notre société. Sa mise au point s’est faite après des centaines d’heures d’audition des syndicats, des associations, des intellectuels du pays. Il reprend très largement leurs propositions, parfois au mot près. Et il donne à tout cela une cohérence globale applicable par un gouvernement. C’est pourquoi, en 2017, sa qualité a déjà été saluée par de très nombreuses ONG, par des organisations de défense des droits humains et de l’environnement ou par des groupements professionnels. Cette année-là, 7 millions de personnes l’ont adopté en votant pour lui avec le bulletin de vote à mon nom. Puis il a été une référence permanente pour l’action des 17 députés nationaux et 6 députés européens insoumis, pourtant venus parfois d’horizons politiques assez divers. Tout au long du quinquennat, ses mesures ont été traduites en propositions de loi concrètes ou en amendements aux lois des gouvernements de Macron. Pendant la crise du Covid, il a servi de base pour produire dans l’urgence 4 plans d’action et 11 lois afin de répondre aux exigences de la crise sanitaire. Depuis, nous avons soigneusement actualisé pendant un an la version présentée ici. Elle servira à la mise au point de plans d’action de notre gouvernement dans chacun de ses domaines essentiels. Bien sûr, il faudra d’abord abroger les lois des gouvernements d’Emmanuel Macron. Mais notre style c’est plutôt : « Nous sommes pour… ». Nous faisons surtout des propositions positives. Elles ont été élaborées en relation avec l’action des mouvements de la société française depuis cinq ans. Pour cela, nous avons organisé à nouveau pendant des mois des forums où sont intervenues toutes sortes de personnes expertes d’un domaine particulier. Enfin, une consultation populaire a eu lieu. Tout cela pour améliorer et compléter notre travail. Le texte que vous avez entre les mains est donc un résultat qui vient de loin. « L’Avenir en commun » est désormais un programme « prêt à l’emploi ». Une équipe expérimentée de parlementaires et de personnalités engagées dans les causes d’intérêt général pourra former un gouvernement compétent pour l’appliquer. À cette heure, il est le seul à rendre crédible en France un changement radical de cap.

Car on ne peut en rester au débat public manipulateur sur la sécurité, les religions et l’immigration. L’urgence est vraiment ailleurs. Le pays est socialement en ruine au moment où nous entrons dans une ère d’incertitude quasi totale sur tous les cycles naturels fondamentaux pourtant indispensables à la vie humaine. Le système ne s’en soucie pas. Son obsession reste de maintenir au profit des privilégiés une super-concentration de la richesse produite par le travail de tous. Mais il y a une condition à cette incroyable accumulation ! Il faut sans cesse produire, acheter et vendre, n’importe quoi, n’importe comment, sans limites, toujours plus vite, moins cher, en transformant toute chose en marchandise et en créant des besoins artificiels. Le saccage de la beauté et de la sensibilité du vivant ne l’arrête pas. La planète, les êtres humains et les animaux s’y épuisent en souffrances. La société et l’État se disloquent, minés par les inégalités et l’abandon des populations. Du coup, partout dans le monde éclatent d’amples révolutions citoyennes contre le délabrement insupportable des conditions de la vie quotidienne. Pourquoi en France tant de gens vivent-ils si mal dans un pays si riche ? Pourquoi les gens n’ont-ils pas tous droit à une vie digne dans un environnement sain ? Il n’y a là aucune fatalité. Nous pouvons réagir avec succès.

Alors oui, prenons vraiment la mesure de notre responsabilité personnelle. Je le fais en présentant ma candidature au nom des 250 000 parrainages individuels que j’ai reçus. Je me sens mandaté par les 7 millions de personnes qui ont déjà choisi une fois ce programme en 2017. Tous, vous ferez votre devoir, je le souhaite, en allant voter. L’abstention serait un renoncement. Car cette élection présidentielle de 2022 sera un moment décisif pour le peuple français. Ce programme peut réunir une union populaire large et puissante sur des solutions plutôt que sur des détestations et des exclusions. Nous voulons réussir une mobilisation positive, une adhésion à des projets clairs et audacieux. Une enquête d’opinion a montré que les principales idées de ce programme sont très largement majoritaires dans le pays et recueillent entre 60 et 90 % d’opinions positives.

Nous avons besoin de cette large adhésion. C’est une leçon de l’histoire profonde : les sociétés solidaires sont les plus capables de faire face aux grands bouleversements et aux tourmentes. À l’inverse, la restriction des libertés, par des méthodes archaïques et brutales, divise nos sociétés. Tout le monde en a assez des décisions incongrues prises par un homme seul, mises en œuvre par la contrainte au milieu de caricatures de débats absurdes. En donnant à chaque personne le droit de participer aux décisions, on facilite leur mise en application. C’est pourquoi il nous faut réorganiser en profondeur la vie démocratique de notre pays. Notre peuple doit vivre libre et pleinement citoyen. Le droit de décider ne doit pas être réservé à une caste de privilégiés. Le peuple, et lui seul, doit être souverain. Abolir la monarchie présidentielle, donner au peuple d’amples pouvoirs d’initiative des lois et de révocation des élus est une urgence pour cela. C’est pourquoi, si l’on veut refonder la démocratie française, il faudra convoquer une Assemblée constituante. À cette occasion, les citoyens écriront eux-mêmes la Constitution de la 6e République. À eux de tenir la plume pour définir les règles de notre vie commune. La dérive autoritaire et brutale mise en place par Emmanuel Macron doit être effacée. Disons-le sans détour : le retour à la raison, à la paix civile et à la dignité dans une société vraiment républicaine passe aussi par une refonte de fond en comble de la police. Et également, bien sûr, par une sérieuse révision générale des conditions dans lesquelles s’exerce la justice. Ces ruptures sont essentielles. Encore une fois : les peuples les plus libres de leurs décisions seront les plus unis. Il le faut pour faire face au plus important des défis jamais vécus : la menace d’effondrement de l’écosystème compatible avec la vie humaine. Et c’est bien ce que propose notre programme.

C’est la leçon de notre temps : nous devons nous adapter au système de la nature. Nous croire capables de nous en séparer est absurde. L’avenir de l’espèce humaine est radicalement inclus dans celui de la nature. Viser l’harmonie des êtres humains avec elle est un plan d’action urgent. Il est temps d’organiser un monde où coïncident les cycles de la vie individuelle et collective et ceux de la régénération de la nature. Telle est la « règle verte » que nous voulons appliquer. Avec le changement climatique s’ouvre une ère de très grandes incertitudes. Par exemple, le cycle vital de l’eau est entièrement perturbé. Déjà nous faisons face à davantage d’événements extrêmes, à la modification du régime des pluies et à l’élévation du niveau des océans. Ces changements vont bouleverser tout ce que nous avons connu pendant des générations. Ils sont quasi imprévisibles. Nous devons donc choisir notre façon de réagir : « tous ensemble » ou « chacun pour soi » ? Pour nous, il est vain de vouloir régler quoi que ce soit dans un illusoire « chacun pour soi », ni en comptant sur le marché et sa sacro-sainte « concurrence libre et non faussée » chère aux traités européens. Car c’est déjà cela qui a conduit l’humanité au précipice. Pour renverser cette tendance, il nous faut un État stratège, organisateur de la mobilisation écologique et sociale dans tous les secteurs de la société. Il peut donner les grands objectifs, anticiper les filières et les métiers dont nous avons besoin, coordonner les producteurs entre eux. En un mot, il doit planifier. La planification est désormais une idée qui a fait son chemin. Vous verrez, en nous lisant, que nous avons bien avancé sur la façon d’agir en nous appuyant essentiellement sur les communes, avec le concours des branches professionnelles et de leurs représentants. Car oui, il faut tout changer : nos modes de production, de consommation et d’échange sous l’égide de la « règle verte ». C’est-à-dire ne plus prélever à la nature davantage qu’elle peut reconstituer dans un délai supportable. La façon dont nous regardons notre environnement doit changer. L’eau, l’air, la biodiversité, les forêts sont des biens communs. Sans eux, la vie des personnes et des sociétés n’est pas possible. Cessons de n’y voir que des matières premières inertes. Décrétons leur propriété collective ! Alors bien sûr, il faut transformer beaucoup d’activités ! Par exemple l’agriculture. Nous lui donnerons un objectif : d’abord la production alimentaire pour notre population par un approvisionnement bio local. Et en finir avec la malbouffe et les maladies qu’elle déclenche. Dans le même temps, notre industrie aussi est à reconstruire. Mais que ce soit d’abord pour nous approvisionner ! Et bien sûr en changeant ses méthodes, ses matières premières et la durée de vie de ses productions. Voilà pourquoi l’enseignement professionnel doit être réorganisé entièrement dans ses programmes comme dans son maillage, ses recrutements et son financement. Au total, on voit ici que des chantiers globaux doivent être lancés dans de nombreux domaines : transports, énergie, logement, déchets. Tout le monde sera appelé à la rescousse.

Mais la difficulté d’agir est accrue par l’état social du pays. Comment travailler au futur quand vous êtes cloué au présent pour survivre ? C’est le lot quotidien de tant de monde. Dix millions de pauvres en attestent. Nous sommes donc en état d’urgence sociale. Détresse alimentaire, logements insalubres ou surpeuplés, pauvreté galopante : tous les indicateurs sont au rouge, attestant d’un délabrement général de la société française. C’est devenu un rêve pour beaucoup de monde de pouvoir bénéficier d’une situation stable, sans peur permanente du lendemain. Il faut en faire une réalité. Cela passe avant tout par l’emploi pour tous. D’ailleurs, c’est ce dont le pays a besoin pour réussir la bifurcation écologique. Car le règne de la finance a créé une situation aberrante. Que voyons-nous ? Les besoins en travail humain n’ont jamais été aussi importants et simultanément le chômage de masse s’étend. Pourtant, il y a tant à faire. On ne manque pas de travail mais d’emplois. Le secteur privé ne sait pas en créer en tant que de besoin. « L’Avenir en commun » propose d’inverser cette situation absurde. Plutôt que d’accuser les pauvres d’être coupables de leur misère, mieux vaudra garantir à chacun un emploi. Nous ne pouvons être un peuple pleinement uni tant que dure la société des privilèges. Car elle divise la population et la fragmente devant les dangers. C’est un poison mortel. Réduire les inégalités des revenus et des conditions de vie, comme entre femmes et hommes, est devenu un objectif de salubrité publique. L’heure de l’entraide et du partage est arrivée. C’est concret. Les services publics doivent vraiment garantir à chaque personne l’égalité d’accès aux droits et aux réseaux essentiels à la vie actuelle. Et cela, quels que soient son statut personnel, ses revenus, son patrimoine, son lieu d’habitation. Il s’agit de l’école, de la santé, des transports, des moyens de communication, du logement, de la culture. Là encore, il faudra réparer le maillage fin détruit par plusieurs quinquennats de gestion néolibérale. Et pour cela, il faut en répartir le coût avec justice. Alors l’impôt sera rebâti avec un principe simple : ceux qui ont le plus cotisent plus et ceux qui ont le moins cotisent moins. En dessous de 4 000 euros de revenus mensuels, tout le monde paie moins ! Et la dernière tranche du revenu des super-riches doit revenir au niveau d’après-guerre. Le libéralisme autoritaire déploie dans toute la société sa culture de la violence, de la médiocrité et de la soumission. Mais la liberté de choisir sa vie est une aspiration ancrée dans chaque être humain. Elle doit être respectée et encouragée. Dans notre projet d’égalité pour tous, le premier moyen est la liberté pour chacun d’être maître de soi et de sa vie, libéré des discriminations sociales et culturelles qui emprisonnent les personnes. Aujourd’hui se répandent partout des méthodes autoritaires pour tenir en laisse les peuples. Ainsi s’impose progressivement une société de contrôle généralisé. Et ce n’est pas tout ! Le contrôle des esprits est aussi à l’ordre du jour. Ce système déclenche partout des disputes mortelles qui déchirent en profondeur les peuples ! Ainsi, sous prétexte de « choc des civilisations », il entretient des guerres religieuses, des angoisses identitaires obsessionnelles et souvent même un racisme de plus en plus dégradant. Dès lors, pour nous, c’est un même combat, celui pour la maîtrise souveraine de sa propre personne jusque dans le droit à mourir dans la dignité, l’égalité en droits, le libre choix sur les engagements fondamentaux de son existence et la lutte implacable contre toutes les discriminations racistes, sexistes ou homophobes ! Notre programme ne l’oublie ni ne le cache jamais. Dans le monde actuel, pour s’émanciper de toute mainmise sur notre vie personnelle, il faut être unique maître de soi. Pour cela, il est nécessaire de dominer les innombrables liens qui nous connectent à la société. Et pas seulement en limitant et contrôlant les fichages numériques. Il s’agit du développement de l’émancipation personnelle par l’éducation, la connaissance, la diffusion du savoir scientifique et de l’impérieuse nécessité de la pratique des arts et du sport. C’est cela “humaniser la société” en rendant meilleurs les membres qui la composent.

Je ne peux finir ces lignes sans vous dire combien je crois que la France est une Nation importante pour le monde. Qui passe le nez à la fenêtre sait combien nous sommes attendus et entendus. C’est notre responsabilité d’être à la hauteur de cela. C’est pourquoi notre pays mérite mieux que d’être ainsi rabaissé quand nous humilient nos soi-disant alliés des États-Unis, de la Turquie ou d’Australie. Avant tout, l’indépendance de la France est d’abord une garantie de notre propre liberté en tant que peuple. L’indépendance n’est pas le repli sur soi. C’est la maîtrise de nos interdépendances dans le monde. Aucune ne doit aliéner notre liberté en nous obligeant à des engagements désastreux comme ceux auxquels nous contraint l’OTAN par exemple. Prenons de la distance pour pouvoir nous occuper de l’essentiel : construire un monde ordonné tout autrement. Partout nous devons mettre la logique de l’intérêt général à la place de la loi du plus fort. Libre, la France peut consacrer toute sa puissance au service des biens communs mondiaux. Aujourd’hui, aucune loi commune ne les régit. Les biens vitaux sont concernés : l’eau, le climat, les océans, l’espace et la Toile numérique. Dans chacun de ces domaines, nous avons un savoir-faire et des moyens techniques de premier plan. Nous pouvons donc animer une diplomatie altermondialiste entendue et respectée. Ce sera la meilleure contribution de la France à la paix et au codéveloppement. Elle ne sera pas isolée, au contraire. Et elle ne sera plus embarquée dans des conflits menés au profit des seuls États-Unis en déclin. Quand ils sont interrogés sur chacune de nos propositions, les Français expriment un très large soutien. Un tel programme peut donc rassembler une majorité du peuple français. J’ai confiance. Ma candidature est celle de l’expérience acquise et de la détermination à agir. J’ai la force d’un programme et d’une équipe « prête à gouverner ». Le bulletin de vote à mon nom est le moyen concret pour entrer dans la société de l’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature. Il annonce à la fois le chemin et l’objectif : l’union populaire pour l’Avenir en commun. La nouvelle France issue des bouleversements de son histoire depuis le milieu du siècle précédent a besoin de cette ample refondation commune de son destin. Je crois qu’elle parlera au monde.

Jean-Luc Mélenchon

Vivre libres et citoyens

« Et vous, législateurs, souvenez-vous que vous n’êtes point les représentants d’une caste privilégiée, mais ceux du peuple français, n’oubliez pas que la source de l’ordre, c’est la justice, que le plus sûr garant de la tranquillité publique, c’est le bonheur des citoyens.»

Robespierre, Discours à la Convention sur les subsistances, 2 décembre 1792

« Sans l’autorité d’un seul, il y aurait la lumière, il y aurait la vérité, il y aurait la justice. L’autorité d’un seul, c’est un crime. Ce que nous voulons, c’est l’autorité de tous. »

Louise Michel, Plaidoirie devant la cour d’assises de la Seine, 22 juin 1883

La 5e République a fait son temps. L’abstention est devenue majoritaire dans la plupart des élections. Une démocratie sans le peuple n’en est plus tout à fait une. Une petite caste de privilégiés, président-monarque à sa tête, désorganise l’État et dirige à son profit. Ce système dresse les Français les uns contre les autres. Il efface le peuple au profit d’une dérive autoritaire toujours plus marquée. La France d’aujourd’hui n’a plus le visage de 1958. À cette nouvelle France doit correspondre une nouvelle République. Ce sera le moyen pour le peuple de se refonder en écrivant lui-même les règles du jeu, la nouvelle Constitution.

Chapitre 1 : Démocratie et institutions

1. Réunir une Assemblée constituante pour passer à la 6e République

Les institutions de la 5e République sont devenues dangereuses. Elles organisent un pouvoir solitaire. L’irresponsabilité des dirigeants leur permet de mettre en péril nos biens communs. Les citoyens sont écartés de la décision politique. La confiance est rompue entre le peuple et ses institutions représentatives. Nous avons le pouvoir de refonder nos institutions communes. Nous proposons que les Français se dotent d’une nouvelle Constitution rédigée par une Assemblée constituante.

Mesure clé

Convoquer une Constituante pour passer à la 6e République

À savoir

2. Abolir la monarchie présidentielle

Le président de la République concentre beaucoup trop de pouvoirs : tout le pays est entraîné par sa seule volonté. Les députés deviennent plus des témoins que des acteurs de la décision politique : il faut mettre fin à cette aberration, qui a atteint son paroxysme autoritaire sous la présidence de Macron.

Mesure clé

Passer à une 6e République qui soit un régime parlementaire stable

À savoir

3. Balayer l’oligarchie, abolir les privilèges de la caste

La collusion entre des intérêts privés, financiers ou industriels, et l’oligarchie qui s’est emparée de nos institutions est devenue criante sous Emmanuel Macron. Une caste de privilégiés, vouée aux plus riches, gangrène l’État. Nous voulons défaire ce système injuste, rappeler le principe fondamental de l’égalité entre tous, organiser la séparation de l’État et de la finance.

Mesure clé

Mettre en place un plan de séparation de l’argent et de l’État

À savoir

4. Une République permettant l’intervention populaire

Les citoyens ne doivent pas être tenus à l’écart de la vie publique en démocratie. C’est pourtant le cas aujourd’hui avec une forte abstention aux élections. L’intervention citoyenne est le cœur de notre programme et de notre projet politique pour la France.

Mesure clé

Instaurer le Référendum d’initiative citoyenne (RIC), par lequel les citoyens qui réunissent suffisamment de signatures peuvent révoquer des élus, proposer ou abroger une loi et modifier la Constitution

À savoir

5. Une République laïque

La laïcité est le principe qui garantit la liberté de conscience, l’égalité entre tous les citoyens et rend ainsi possible notre vie commune. Elle est indissociable de la souveraineté populaire. Nous devons la faire respecter et nous en tenir aux principes très clairs énoncés par la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État. La laïcité interdit l’ingérence des religions dans les affaires publiques. Elle ne peut être confondue avec un athéisme d’État ni prétendre organiser les religions. Elle ne doit jamais servir à montrer du doigt les croyants d’une religion, comme, dans la période récente, cela a été fait contre les musulmans.

Mesure clé

Garantir la liberté de conscience et l’application stricte de la laïcité

À savoir

6. La Révolution citoyenne dans les médias

L’information doit être libre et pluraliste ; c’est une exigence démocratique que nous garantirons. L’argent et les monopoles ne peuvent dominer le monde de l’information. La Révolution citoyenne concerne aussi notre droit à être informés honnêtement : l’alignement politique et la soumission financière des médias nuisent au pluralisme et à la liberté d’expression.

Mesure clé

Adopter une loi anti-concentration dans les médias et engager leur démocratisation

À savoir

Chapitre 2 : Sûreté et justice

7. La justice au nom du peuple

En République, la justice est rendue au nom du peuple. Mais la justice n’a plus les moyens de ses missions : elle a été laissée à l’abandon par les gouvernements successifs. Les pressions sur elle se sont multipliées. Les liaisons dangereuses aussi. Il faut des moyens humains et financiers pour qu’elle soit bien assurée, et dans des délais raisonnables.

Mesure clé

Assurer un meilleur accès de toutes et tous à la justice, en augmentant notamment l’aide juridictionnelle et en veillant au retour des tribunaux de proximité

8. Une politique de justice efficace

La justice inspire de plus en plus la défiance de nos concitoyens. Elle est perçue comme trop lente, trop déconnectée de la réalité et du vécu des accusés ou des victimes au pénal, ou des parties au civil. Son indépendance est mise en cause dans les affaires politicofinancières. Une réelle réforme de la justice ne pourra se faire que dans un grand rendez-vous entre le peuple et ses institutions avec la convocation d’une Assemblée constituante. En attendant, nous proposons d’ores et déjà de nombreuses réformes.

Mesure clé

Confier au Parlement l’orientation de la politique pénale du pays par un débat annuel sur un texte avec un vote

9. Une politique antiterroriste rationnelle

Depuis trente ans, une loi contre le terrorisme a été adoptée tous les deux ans. Ces dernières années, le rythme a été plus proche d’une loi par an. Toutes ces lois avaient la même stratégie : lutter contre les attaques terroristes en réduisant les libertés individuelles et en misant sur la surveillance technologique. C’est un échec. Nous proposons de miser sur les moyens humains.

Mesure clé

Élaborer une nouvelle stratégie antiterroriste

10. Refonder une police républicaine

La République a besoin d’une justice, mais également d’une police qui lui soit loyale, et qui soit attachée aux principes de l’état de droit. La police doit agir pour la protection des libertés individuelles et collectives.

Mesure clé

Refonder les activités de police pour garantir le droit à la sûreté

À savoir

11. Addictions et drogues : il faut changer de stratégie

La politique française en matière de drogues mais aussi d’autres consommations addictives et néfastes (alcool, tabac, médicaments) se résume trop souvent à la répression ou à l’hypocrisie. Pourtant les addictions concernent plusieurs millions de personnes. L’Office français des dépendances et toxicomanies estime ainsi que 8 % des adultes présenteraient un risque chronique d’addiction à l’alcool et un quart (27 %) une addiction au tabac. L’usage problématique ou la dépendance au cannabis concernerait 7 % des adolescents de 17 ans et 3 % des 18-64 ans. C’est une affaire de santé publique ! L’heure est venue de changer de stratégie pour lutter plus efficacement et plus humainement contre les addictions.

Mesure clé

Légaliser et encadrer par un monopole d’État la consommation, la production et la vente de cannabis à des fins récréatives dans des conditions permettant de lutter contre l’addiction

À savoir

12. Protéger les enfants

Appliquons les droits des enfants et offrons des conditions de travail et de vie décentes pour toutes celles et tous ceux qui sont chargés de les protéger. Mettons fin aux violences éducatives ordinaires physiques, verbales et psychologiques, toujours trop répandues.

Mesure clé

Faire respecter la Convention internationale des droits de l’enfant concernant la protection de l’enfance, les enfants étrangers, l’interdiction des violences dites éducatives, le soutien à la parentalité

S’adapter au système de la nature

« Sommes-nous donc hypnotisés au point d’accepter le médiocre et le nocif, comme si nous avions perdu la force ou la pénétration nécessaire pour exiger le bon ? »

Rachel Carson, Printemps silencieux, 1962

« Le comportement borné des hommes en face de la nature conditionne leur comportement borné entre eux »

Karl Marx, L’idéologie allemande, 1845

Le capitalisme financiarisé épuise les humains et les écosystèmes. Construire une société de l’harmonie avec la nature suppose donc de rompre avec ce système. La pandémie de Covid-19 a montré la nocivité de la course au profit à tout prix et du grand déménagement du monde. Nos sociétés font face à une réalité : le changement climatique est commencé et il est irréversible. Il s’agit donc désormais à la fois de le freiner pour garantir la survie des sociétés humaines et de nous adapter à cette nouvelle donne climatique. Notre outil sera la planification puisque le marché et la concurrence ont montré leur incapacité à relever ces défis.

Chapitre 3 : Planification écologique et organisation du pays

13. La bifurcation écologique pour une société de l’harmonie

L’urgence écologique et climatique suppose de rompre avec le système de l’argent-roi. L’exigence d’une société d’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature doit être inscrite au sommet de la hiérarchie des normes par la « règle verte » et conditionner l’action de l’État. L’enjeu est la reconquête collective du temps long. C’est le but de la planification écologique comme méthode pour gouverner par les besoins.

Mesure clé

Inscrire dans la Constitution le principe de la « règle verte », selon laquelle on ne prélève pas davantage à la nature que ce qu’elle est en état de reconstituer

À savoir

14. L’organisation de l’État au service de la planification écologique

Nous devons réorganiser l’État républicain d’après des objectifs écologiques et démocratiques. La planification écologique devra s’appuyer sur la commune, échelon vital de la démocratie. L’objectif de maîtrise du cycle de l’eau doit guider la nouvelle organisation : les bassins versants et les agences de l’eau en seront le socle, pour atteindre un grand objectif « zéro pollution et zéro épuisement de la ressource en eau ».

Mesure clé

Redécouper les Régions à partir des bassins versants et leur confier l’eau comme première responsabilité

15. Les Outre-mer, avant-postes de la planification écologique

Les Outre-mer pourraient être les pilotes de la planification écologique et du progrès humain. Il existe déjà des « plans pays » bâtis par les Ultramarins eux-mêmes. Ils doivent servir de grands objectifs écologiques fixés à partir des besoins essentiels : autonomie énergétique, relocalisation de la production alimentaire, déploiement d’une économie de la mer.

Mesure clé

Faire des Outre-mer des territoires pilotes de la planification écologique et des circuits courts : autonomie énergétique et 100% renouvelable, autosuffisance alimentaire, politique maritime, protection de la biodiversité

16. L’égalité des populations par la démocratie et les services publics

Des territoires ruraux et des petites villes abandonnés, des métropoles éclatées entre ghettos de riches et quartiers pauvres : les Gilets jaunes ont jailli de cette démesure inégalitaire. Remettons de l’ordre et de la justice dans l’organisation du pays. Les services publics en seront les piliers.

Mesure clé

Défendre et reconstruire le maillage de transports en commun et de services publics, notamment dans les départements ruraux, les quartiers populaires et les Outre-mer afin de garantir une distance maximale (de quinze à trente minutes, en voiture ou en transport collectif) entre tout lieu d’habitation et les services publics essentiels (école, gare, hôpital, bureau de poste)

À savoir

Chapitre 4 : Les grands défis de la bifurcation écologique

17. Investir pour lancer la bifurcation de notre économie

C’est à partir de l’urgence écologique et climatique que doit se penser la politique de la Nation. La bifurcation écologique nécessite des investissements massifs pour changer les modes de production, d’échange et de consommation. Il faut créer des millions d’emplois de qualité pour mettre en œuvre ces changements. L’État républicain en dialogue avec les communes doit planifier la mobilisation générale.

Mesure clé

Lancer un plan massif de 200 milliards d’euros d’investissements écologiquement et socialement utiles

18. Développer les transports publics écologiques, repenser la mobilité individuelle

Le transport ferroviaire a été abandonné au profit des camions et des bus Macron. La libéralisation empêche toute politique de bifurcation écologique. Il est urgent de relocaliser les productions et de réduire les distances entre bassins de vie et bassins d’emploi.

Mesure clé

Créer un pôle public des transports et de la mobilité

À savoir

19. Organiser le 100% d’énergies renouvelables en 2050 et la rénovation énergétique

Les énergies fossiles sont polluantes et responsables du changement climatique. Le nucléaire n’est pas non plus une solution d’avenir. Une bifurcation de notre modèle énergétique s’impose. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), nous devons atteindre le 100% d’énergies renouvelables. L’impératif de sobriété implique un plan d’envergure pour rénover l’ensemble du parc immobilier.

Mesure clé

Planifier le passage à 100% d’énergies renouvelables avec un double mot d’ordre : sobriété et efficacité énergétique

À savoir

20. Consommer autrement, une France « zéro déchet »

La planète croule sous les déchets. À l’heure actuelle, nous ne pénalisons pas le mésusage des ressources mais en privons ceux qui ne peuvent payer. Nous devons sortir du cercle vicieux « produire plus pour consommer plus ». En application de la « règle verte », changeons de logique. Préférons la société du réparable et du durable à celle de l’obsolescence programmée et du tout-jetable.

Mesure clé

Abolir l’obsolescence programmée et allonger les durées de garantie légale des produits

À savoir

21. Souveraineté alimentaire et révolution agricole : pour une agriculture écologique et paysanne

L’agro-business détruit tout : les écosystèmes, notre santé et celle des paysans. Les maux sont connus : pesticides, gigantisme agricole, soumission aux marchés financiers. Ce système met à mal notre capacité à nourrir l’humanité. L’agriculture écologique et paysanne doit nourrir la population et ceux qui en vivent.

Mesure clé

Instaurer une agriculture relocalisée, diversifiée et écologique et créer 300 000 emplois agricoles

À savoir

22. En finir avec la malbouffe

Nous sommes confrontés à une épidémie de maladies chroniques (diabète, obésité) et de cancers. L’agroindustrie et ses produits vendus à grand renfort d’additifs et de publicité en sont une cause majeure. Les plus pauvres en sont les premières victimes. En finir avec la malbouffe est un enjeu de santé publique. Nous avons les moyens de produire autrement pour nous nourrir tous et mieux.

Mesure clé

Créer un ministère de la Production alimentaire

À savoir

Chapitre 5 : Protection des biens communs

23. Collectiviser les biens communs fondamentaux

Une minorité veut vendre au marché jusqu’aux biens les plus essentiels à la survie humaine. L’intérêt général humain exige de protéger dans la loi ces biens communs de l’humanité. C’est au peuple de contrôler démocratiquement leurs usages et leur protection. L’eau et l’air, qui permettent la vie, doivent être collectivisés.

Mesure clé

Établir par référendum la liste des biens communs et services essentiels et les collectiviser

24. Pollutions : désempoisonner le monde

L’empoisonnement du monde est global. L’air, l’eau et les sols sont affectés par toutes sortes de pollutions plastiques, chimiques, industrielles. Les plus riches polluent le plus. Mais ce sont les plus pauvres qui en subissent davantage les conséquences. Un plan de dépollution national et international s’impose.

Mesure clé

Aider les victimes des pollutions et les lanceurs d’alerte sur la base d’un fonds abondé par les consommations polluantes

25. L’eau, enjeu central pour l’Humanité

L’eau est le grand défi commun de l’humanité. C’est une urgence écologique : le cycle de l’eau est perturbé par le réchauffement climatique. C’est aussi une urgence sociale. Des centaines de milliers de Français, les Ultramarins en première ligne, subissent des coupures d’eau et leur eau est polluée. Garantir le droit d’accès à l’eau et à l’assainissement par une gestion publique est une priorité.

Mesure clé

Consacrer une « règle bleue » qui applique le principe de la « règle verte » (ne pas prendre à la nature davantage qu’elle ne peut reconstituer) à l’eau pour son usage et pour la protection de sa qualité

À savoir

26. Le droit à l’eau dans les Outre-mer

Sécheresses, ouragans, montée des eaux : les Outre-mer sont en première ligne des bouleversements en cours et à venir. L’accès à l’eau est plus que jamais vital. Pourtant, la moitié se perd en fuites dans le réseau et les coupures d’eau sont légion. Un grand plan d’investissement et d’adaptation des infrastructures s’impose.

Mesure clé

Garantir l’accès à l’eau courante potable à tous les habitants des Outre-mer, quoi qu’il en coûte

27. Défendre la forêt, poumon de la planète

La forêt est un allié climatique et écologique. Pour qu’elle le reste, il faut s’opposer à l’industrialisation et à la marchandisation de la forêt. Nous devons aussi protéger ceux qui s’en occupent au quotidien, tels les agents de l’Office national des forêts (ONF). Le développement d’une filière bois française soutenable et créatrice d’emplois est possible.

Mesure clé

Interdire les coupes rases sauf en cas d’impasse sanitaire avérée

28. Rompre avec la maltraitance animale

La cruauté infligée aux animaux par notre modèle agricole productiviste et le retour des grandes pandémies comme le Covid-19 sont liés. La lutte contre la maltraitance animale est un aspect central de la quête d’harmonie avec la nature. Rompre avec le système économique qui abaisse les êtres sensibles au rang de marchandises est un progrès pour l’humanité.

Mesure clé

Interdire les fermes-usines

À savoir

29. Sauver l’écosystème et la biodiversité

L’activité humaine est à l’origine de la sixième extinction de masse. La biodiversité recule à cause du changement climatique, des pollutions, de la déforestation. Sa préservation se joue au niveau international par la création de normes communes et contraignantes. Elle se joue aussi à l’échelle nationale : la France doit montrer l’exemple.

Mesure clé

Interdire les dépôts de brevets sur des organismes vivants pour empêcher l’appropriation d’espèces animales et végétales par des entreprises privées

Unir pour bien vivre

« Mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli. »

Victor Hugo, Discours à l’Assemblée nationale, 9 juillet 1849

« Il ne doit plus y avoir de place, pas plus entre les individus qu’entre les collectivités, pour des relations de maîtres à serviteurs, mais il doit s’établir une fraternité agissante aux termes de laquelle il y aura une France plus que jamais unie et diverse, multiple et harmonieuse, dont il est permis d’attendre les plus hautes révélations. »

Aimé Césaire, discours à l’Assemblée nationale, 12 mars 1946

Dans le contexte nouveau du changement climatique et de l’ère des grandes pandémies, l’unité de la société devient primordiale. L’unité du peuple, l’entraide, la fraternité sont les chemins les plus sûrs face aux dangers et à l’ère de l’incertitude écologique dans laquelle nous entrons. C’est pourquoi il est urgent d’en finir avec la société des privilèges, les grandes disparités de richesses et d’éradiquer l’abandon social.

Chapitre 6 : La vie en état de pandémie permanente

30. Créer un état d’urgence sociale

Ces dernières années, les états d’urgence se multiplient : sécuritaire, sanitaire. Ils vont tous dans le même sens : restreindre les libertés individuelles et collectives. Pour faire face à l’insécurité écologique due aux pandémies et aux conséquences du changement climatique, il faut à l’inverse un état d’urgence sociale pour garantir la sécurité sociale des personnes et renforcer les liens d’entraide.

Mesure clé

Bloquer les prix des produits de première nécessité

31. S’organiser pour faire face aux pandémies

Tant que les causes des pandémies n’auront pas été réglées, nous devons nous tenir prêts à des répliques de même nature que le Covid-19. Il nous faudra le faire de la manière la plus efficace et humaine, c’est-à-dire en choisissant le « tous ensemble » plutôt que le « chacun pour soi » et en sauvegardant nos libertés. L’État planificateur sera l’instrument principal de notre adaptation à l’ère des pandémies.

Mesure clé

Adopter un plan d’adaptation aux pandémies non liberticide, basé sur la société du roulement et la planification sanitaire

À savoir

32. Faire passer la santé d’abord et reconstruire les établissements de santé publics, notamment les hôpitaux

Notre système de santé a longtemps été le meilleur au monde. Mais l’austérité et la marchandisation le disloquent. Il n’est plus en mesure de faire face à la multiplication des maladies chroniques et aux épidémies. Nous devons déployer une politique de soins, de prévention et de santé publique capable de prévenir, de soigner tout le monde et d’en respecter les acteurs.

Mesure clé

Reconstruire le service public hospitalier et instaurer le « 100 % Sécu » en remboursant à 100 % les soins de santé prescrits et en intégrant les mutuelles dans la Sécurité sociale

À savoir

33. En finir avec l’abandon des Outre-mer

Les Outre-mer sont maintenus dans un système de dépendance économique et de mal développement, générateur de pauvreté et d’inégalités. Les habitants subissent le recul des services publics, les retards accumulés en matière d’investissements publics, le poids des situations d’oligarchie ou de monopoles dans l’économie, et les effets durables des pollutions comme celles dues au chlordécone. Nous refusons une telle rupture d’égalité. Au contraire, la République doit vivre partout et pour tous !

Mesure clé

Engager un plan pluriannuel d’investissement et de développement des services publics (transports, éducation, santé, logement, culture), dont la possibilité a été dessinée dans les propositions des mouvements sociaux notamment en Guyane et à Mayotte

34. Instaurer un protectionnisme écologique et solidaire pour produire en France et assurer notre indépendance

Des droits sociaux mis en concurrence, un bilan écologique désastreux, une industrie dévastée, une agriculture désorganisée : le grand déménagement du monde doit cesser. La France ne doit pas dépendre d’autres États pour ses productions essentielles : lorsqu’une crise éclate, il est déjà trop tard pour relocaliser la production.

Mesure clé

Relocaliser les productions essentielles à la vie de notre pays

À savoir

Chapitre 7 : Plein emploi

35. Établir la garantie d’emploi

Le chômage est un fléau pour les individus, pour les familles et pour la société tout entière. La collectivité doit intervenir et proposer à tous de prendre la part du travail qui est nécessaire. Pour cela, tout chômeur de longue durée se verra proposer un emploi utile à la transition écologique ou à l’action sociale (les secteurs d’urgence), en lien avec ses qualifications et sur la base du volontariat.

Mesure clé

Créer une garantie d’emploi : tout chômeur de longue durée pourra se voir proposer d’être embauché au moins au SMIC revalorisé dans un secteur d’urgence

À savoir

36. Réduire le temps de travail et faire naître une société du temps choisi

Le temps de travail des salariés français n’a pas diminué depuis 2002. La dernière fois qu’ils ont obtenu une semaine de congés payés supplémentaire remonte à quarante ans, avec l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. La réduction du temps de travail est un progrès social et humain, pour reposer le corps et l’esprit. C’est aussi une nécessité quand les emplois manquent : pour une offre d’emploi vacante, il y a 13 chômeurs dans notre pays ! La réduction du temps de travail est à la fois un objectif historique et la politique la plus juste, la plus efficace et la moins coûteuse contre l’usure des salariés et le sous-emploi. C’est aussi un enjeu de planification écologique : il est urgent de réduire le nombre de trajets vers son lieu de travail et d’augmenter le temps individuel dédié à d’autres activités.

Mesure clé

Rétablir immédiatement la durée légale hebdomadaire à 35 heures (en majorant les heures supplémentaires, cotisations incluses, à 25 % pour les 4 premières et 50 % au-delà), passer aux 32 heures dans les métiers pénibles ou de nuit, et favoriser leur généralisation par la négociation collective

À savoir

37. Lancer des grands chantiers écologiques, créateurs d’emplois

Le changement climatique est commencé. Les mandats Sarkozy, Hollande et Macron nous ont fait prendre du retard dans les batailles pour y faire face et s’y adapter. Il y a urgence à planifier la bifurcation écologique de notre économie en lançant de grands chantiers pour relever ce défi. Ce plan peut créer plusieurs centaines de milliers d’emplois et réduire massivement le chômage.

Mesure clé

Engager un plan global de rénovation de nos infrastructures pour les adapter au changement climatique

38. Un emploi stable pour chacun

Près de 4 millions de personnes travaillent en emploi précaire. 87 % des embauches ont lieu en contrats courts. La précarité représente un tunnel sans fin. Si un précaire sur deux obtenait un CDI au bout d’un an en 1982, aujourd’hui c’est seulement un sur cinq ! Et ce, sans compter les temps partiels contraints, quasi-exclusivement occupés par des femmes. Dans la France de Macron, 1,5 million de personnes cumulent même deux emplois pour s’en sortir. Cette vision « jetable » des salariés dévalorise le travail, nie les métiers et les savoir-faire. Elle empêche de lancer de vrais projets, de se former ou de s’intéresser à ses clients et ses usagers.

Mesure clé

Instaurer un quota maximal de contrats précaires dans les entreprises : 10 % pour les petites et moyennes entreprises (PME), 5 % pour les grandes entreprises

39. Augmenter les salaires et réduire les inégalités salariales dans l’entreprise

Un salarié au SMIC gagne à peine plus que le seuil de pauvreté. 60 % de ces salariés sont des femmes souvent employées à temps partiel. À l’autre bout de la hiérarchie, les revenus de certains PDG sont indécents. À poste et qualification équivalents, les femmes sont toujours moins payées que les hommes. Et la maternité reste le plus souvent un « risque » pour leur carrière. Dans ces conditions, plus de 700 000 femmes sont empêchées d’accéder à l’emploi, alors qu’elles le souhaiteraient. C’est une injustice pour elles et une atteinte au principe d’égalité.

Mesure clé

Porter immédiatement le SMIC mensuel à 1 400 euros nets

À savoir

40. Rétablir une assurance-chômage protectrice

Le gouvernement Macron prépare de longue main le démantèlement de l’assurance-chômage. Allongement de la durée minimale de cotisation, réforme du mode de calcul : au total, ce sont 1,5 million de perdants. Le gouvernement n’a qu’une seule obsession : servir les riches et humilier les pauvres. Pourtant le chômage tue : 14 000 personnes en meurent par an, à cause du stress, de la dépression, du manque de sommeil. L’assurance-chômage doit les protéger et nous devons créer des emplois en nombre.

Mesure clé

Refuser la réforme Macron : indemniser les chômeurs en fonction de leurs derniers salaires grâce à une assurance calculée à partir du premier jour de travail

41. Une sécurité sociale professionnelle

Le monde du travail est si instable et précaire qu’il est difficile de progresser dans son métier. Comment se former aux nouveaux outils ou aux dernières inventions, lorsqu’on change d’entreprise ou de secteur régulièrement ? Pour remédier à ce problème, nous proposons d’établir une sécurité sociale professionnelle. À côté de la maladie, des accidents ou du chômage, elle couvrira un nouveau risque : celui de la carrière. La sécurité sociale professionnelle maintiendra les droits des travailleurs tout au long de la vie, y compris hors du contrat de travail, en les liant à la personne – comme la carte Vitale garantit la continuité du droit à la santé. Cette sécurité sociale professionnelle rendra le travail indépendant du capital. Les travailleurs pourront choisir librement leur domaine de formation et élever leurs qualifications. Nous inventerons les nouvelles manières de travailler au XXIe siècle.

Mesure clé

Assurer la continuité des droits personnels (à la formation, aux congés, à l’ancienneté…), hors du contrat de travail, et les transférer d’un contrat à l’autre

42. En finir avec la souffrance au travail

Qui n’a pas entendu parler du burn-out ou de surmenage dû au travail ? Ces maux sont devenus fréquents, plus reconnus aussi. Dans certaines professions ou entreprises, le mal est si grave que des employés en viennent à se suicider. Souffrir au travail n’est pas naturel et encore moins nécessaire. Le progrès social et humain, c’est même tout l’inverse. Chaque année, on déplore 1000 morts au travail : accidentés sur des sites dangereux, atteints de maladies professionnelles incurables, résolus au suicide face à des situations insupportables. Chaque année, des millions de personnes sont marquées par leurs conditions de travail : cela va des douleurs physiques dues à des charges ou postures à des souffrances morales. Pour nous, le travail doit être une activité sans danger évitable : utile, émancipatrice et respectueuse de la personne.

Mesure clé

Reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle

À savoir

43. Reconnaître la citoyenneté dans l’entreprise et des droits nouveaux aux salariés

La démocratie ne doit pas s’arrêter aux seules institutions. L’esprit démocratique doit régner également dans l’économie, et nous ferons tout pour que les citoyens, maîtres dans la cité, soient reconnus comme des citoyens aussi dans l’entreprise.

Mesure clé

Créer un droit de préemption pour permettre aux salariés de reprendre leur entreprise sous la forme d’une coopérative

44. Garantir une retraite digne

En décembre 2019, notre pays a connu une des grèves les plus longues de son histoire contre la réforme des retraites d’Emmanuel Macron. Pour l’affronter, le gouvernement a même choisi de détourner le Conseil des ministres dédié au Covid-19 pour annoncer l’utilisation de l’article 49.3 et l’adoption de la réforme sans vote. Malgré les mensonges proférés dans les médias, les Français ont compris que la retraite à points signifie « travailler toujours plus longtemps et subir une baisse des pensions ». Rien ne justifie de renoncer au système actuel, de solidarité intergénérationnelle avec garantie du niveau des pensions. Pour vivre plus longtemps, dans des conditions dignes et en bonne santé, il faut pouvoir s’arrêter de travailler suffisamment tôt.

Mesure clé

Restaurer le droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour 40 annuités de cotisations

À savoir

Chapitre 8 : Partage des richesses

45. Mettre fin au pillage économique de la Nation

Infrastructures, services publics, fleurons industriels ou technologiques, industries de souveraineté : combien de privatisations à vil prix, de partenariats abusifs, d’ouvriers au savoir-faire inestimable jetés dans la précarité ? Ces biens publics nous appartiennent à tous. Pour l’intérêt général, ils doivent être protégés par la loi.

Mesure clé

Revenir sur les privatisations (aéroports, autoroutes, Française des Jeux, etc.)

46. Mettre au pas la finance

La finance a mis à terre l’économie réelle en 2008. Sauvées par les États, et donc les contribuables, les banques n’ont pas changé leurs mauvaises habitudes. Pire, la crise du Covid-19 a servi de prétexte pour assouplir le peu de régulations européennes qui existait.

Mesure clé

Instaurer une taxe réelle sur les transactions financières

47. Pour des banques au service de l’intérêt général

Le crédit est essentiel à l’économie : il est à la base de l’activité future. Les banques doivent donc avoir une mission d’intérêt général. Il est crucial d’orienter l’argent en direction des projets socialement et écologiquement utiles. La monnaie doit aussi être un bien commun créé et géré démocratiquement.

Mesure clé

Créer un pôle public bancaire

48. Définanciariser l’économie réelle

Les actionnaires exigent des taux de rendement intenables, obtenus au détriment des droits sociaux et des conditions, notamment environnementales, de production. Ils imposent la tyrannie du temps court sur le temps long de l’activité humaine et de l’impératif écologique. Il faut protéger l’économie réelle des agissements de ces spéculateurs en reprenant le pouvoir sur la finance.

Mesure clé

Établir de nouveaux indicateurs de progrès humain pour mettre l’économie au service des objectifs et des critères de bien-vivre (santé, éducation, etc.)

49. Refuser le chantage : annuler la dette publique

La dette publique est instrumentalisée pour justifier l’austérité et les privatisations. Mais l’État détient plus de patrimoine que de dette : chaque enfant naît avec plus de 10 000 euros d’actif public ! L’argent pour vivre mieux existe et l’action de la Banque centrale européenne (BCE) pourrait nous libérer de ce chantage des libéraux. Il faut aussi traiter la question des dettes privées qui est le véritable danger à court terme.

Mesure clé

Exiger de l’Union européenne que la Banque centrale européenne (BCE) transforme la part de dette des États qu’elle possède en dettes perpétuelles à taux nul

50. Faire la révolution fiscale

Le président des riches n’a fait qu’aggraver les injustices de notre système fiscal et créer de nouveaux privilèges fiscaux pour les riches. Le mouvement des Gilets jaunes est une alerte. Notre fiscalité doit être entièrement refondée sur des bases claires et justes, en appliquant le principe de progressivité : plus on gagne d’argent, plus on contribue au bien public !

Mesure clé

Rendre l’impôt sur le revenu plus progressif avec un barème à 14 tranches contre 5 aujourd’hui

À savoir

51. Faire la société de l’entraide : généraliser l’économie sociale, solidaire et coopérative

Face à la prédation de la finance et à la dictature des actionnaires, une autre économie est possible. Elle existe déjà, avec des centaines de milliers d’entreprises et des millions d’emplois. Nous proposons des mesures pour qu’elle devienne l’alternative à l’économie libérale. Il s’agit de remplacer l’autoritarisme individuel par la délibération collective, le travail imposé par le travail émancipateur, la production aveugle par la production utile. Puisque le capitalisme ne supporte pas la démocratie, remplaçons-le.

Mesure clé

Généraliser l’économie sociale et solidaire (ESS)

52. Éradiquer la pauvreté

10 millions de pauvres, 300 000 personnes sans domicile, des files d’attente alimentaires à perte de vue et une explosion du nombre d’allocataires du RSA. Cela ne peut plus durer. Notre société sera celle du plein emploi, où chacun perçoit un salaire pour son travail. Mais dès les premiers jours, un plan d’urgence sera mis en œuvre pour éradiquer la grande pauvreté.

Mesure clé

Créer une garantie d’autonomie qui permettra que nul ne soit privé de sa dignité pour vivre : le revenu mensuel de chaque personne atteindra le seuil de pauvreté (1 063 euros pour une personne seule)

À savoir

53. Construire l’autonomie des jeunes

Les jeunes sont les premières victimes de la crise sanitaire : les immenses files d’attente pour obtenir de l’aide alimentaire n’ont pas eu raison d’un gouvernement qui leur a refusé le revenu de solidarité active (RSA) alors qu’ils avaient faim. La solidarité familiale a remplacé des aides publiques largement insuffisantes et les inégalités en fonction du milieu d’origine ont été exacerbées que ce soit dans l’accès à l’emploi ou la poursuite d’études. Il est temps de rattraper notre retard et de garantir aux jeunes les conditions de leur autonomie.

Mesure clé

Financer l’autonomie des jeunes détachés du foyer fiscal parental grâce à la garantie d’autonomie, qui les portera au-dessus du seuil de pauvreté (1 063 euros pour une personne seule)

54. Garantir le droit au logement

Comment notre pays se trouve-t-il avec près d’un million de personnes privées de logement personnel, 4 millions mal logées, 12 millions menacées d’un problème lié à leur logement ? Le libre-marché ne permet pas de répondre à la demande du peuple. Le droit au logement est bafoué. À nous d’agir concrètement pour le rendre effectif, notamment en construisant des logements accessibles.

Mesure clé

Interdire les expulsions locatives sans relogement public

À savoir

Humaniser les personnes et la société

« Je suis ambitieuse pour l’humanité ; moi je voudrais que tout le monde fût assez artiste, assez poète pour que la vanité humaine disparût. »

Louise Michel, Plaidoirie devant la cour d’assises de la Seine, 22 juin 1883

« Si nous ne t’avons fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni immortel, c’est pour que doté pour ainsi dire du pouvoir d’arbitrer et de l’honneur de pouvoir te modeler et te façonner toi-même, tu te donnes la forme qui aura eu ta préférence »

Jean Pic de la Mirandole, De la Dignité de l’Homme, 1486

La liberté de choisir sa vie est une aspiration universelle. Cette dignité doit être restaurée pour toutes les personnes. Chaque être humain doit se voir offrir la possibilité de façonner son existence à travers l’accès au savoir, au sport, à la culture. L’humain d’abord doit être notre boussole. C’est la condition de l’émancipation de chacun.

Chapitre 9 : Égalité

55. Réaliser l’égalité entre les femmes et les hommes

La plus ancienne et cruelle inégalité remonte à l’aube de l’humanité, lorsque notre espèce a développé des croyances concernant le rôle des femmes et des hommes. Le plus souvent, ce partage s’est fait au détriment des femmes. Partout, des autorités autoproclamées ont voulu les obliger à s’y conformer par la violence, dans l’espace public comme au domicile. Ce système patriarcal est un obstacle au développement de l’humanité, qui brime les rêves, les aspirations et les activités de la moitié de la population, et ses bienfaits pour tous.

Mesure clé

Adopter une loi de lutte contre le sexisme et les violences faites aux femmes, et allouer le milliard de budget demandé par les associations, notamment en matière de formation et de places d’hébergement

À savoir

56. Une nouvelle étape des libertés et de l’émancipation individuelle

La liberté de choisir sa vie est un droit fondamental de tous les êtres humains. Nos lois doivent garantir ce droit. La 6e République, et sa Constitution, seront l’occasion de consacrer de nouveaux droits civils et collectifs mais aussi individuels, pour une nouvelle étape de l’émancipation humaine.

Mesure clé

Constitutionnaliser la non-marchandisation du corps humain et le droit fondamental de disposer de soi en toutes circonstances

À savoir

57. Une République universaliste contre le racisme et les discriminations

L’universalité des droits n’est pas négociable en République : tous ceux qui adhèrent au programme « liberté, égalité, fraternité » sont français, citoyens, et donc égaux. C’est ce qui permet à la France d’être un pays créolisé, où chaque être humain s’enrichit dans sa relation aux autres. De ce principe en droit, il faut faire une réalité de fait. L’égalité en droit et en fait doit progresser dans tous les domaines.

Mesure clé

Mettre en œuvre un plan d’action global contre les discriminations (emploi, logement, éducation, santé…)

À savoir

58. Faire face collectivement à la perte d’autonomie individuelle

Chacun a droit à des conditions de vieillesse dignes : c’est un enjeu de civilisation humaine. Il faut sortir d’un modèle actuel de maltraitance institutionnelle — pour ne pas dire gouvernementale — de nos aînés et des travailleurs qui s’en occupent, en grande majorité des femmes. Des milliers d’emplois, 210 000 au minimum rien que pour les EHPAD, doivent être créés. Les salaires, le statut et les conditions de travail doivent être revalorisés. Les conditions de travail doivent répondre aux protocoles de soins et aux protocoles sanitaires : dans la sixième puissance économique mondiale le terme « maltraitance institutionnelle » ne devrait pas exister !

Mesure clé

Construire un service public de la dépendance, pour aider les seniors à rester à domicile

À savoir

59. Lever les obstacles à l’autonomie des personnes en situation de handicap

Que ce soit à l’école, pour accéder aux services publics ou dans toutes les situations de la vie quotidienne, les personnes en situation de handicap doivent toujours faire face à de nombreux obstacles plus de quinze ans après la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées du 11 février 2005. Le refus du gouvernement de déconjugaliser l’allocation aux adultes handicapés (AAH), c’est le refus de garantir leur autonomie. Stop aux beaux discours sans lendemain et passons aux actes.

Mesure clé

Assurer l’autonomie financière des personnes en situation de handicap, en revalorisant et en versant l’AAH indépendamment des revenus du conjoint

À savoir

Chapitre 10 : Émancipation

60. La bifurcation dans les arts et la culture : pour un service public du progrès humain

Relégués à un statut « non essentiel » pendant la crise sanitaire, la culture, les arts et les travailleurs de l’art ont été méprisés par le gouvernement pendant des mois. Unique mesure du quinquennat, le « Pass Culture » symbolise la vision purement marchande d’Emmanuel Macron. L’accès à la culture pour toutes et tous, ce n’est pas un bon d’achat ! Nous défendons au contraire une politique publique des arts et de la culture forte, où chacune et chacun d’entre nous est en capacité de s’exprimer, de s’impliquer, et de développer un rapport sensible et critique au monde, sur l’ensemble du territoire national. Il y a nécessité de faire confiance aux travailleurs de l’art. Vecteurs d’altérité et d’émancipation, les arts et la culture sont le cœur du progrès humain.

Mesure clé

Porter le budget consacré à l’art, à la culture et à la création à 1 % du PIB par an

À savoir

61. Être une grande nation scientifique

Le développement et le rayonnement scientifiques sont un pilier de notre indépendance et de notre épanouissement à l’ère des incertitudes écologiques. La France doit demeurer une nation du savoir scientifique. L’internationalisme humaniste auquel nous aspirons s’écrit aussi dans des coopérations scientifiques.

Mesure clé

Financer des plans généraux de thèmes de recherche sur des secteurs d’avenir

62. Le sport et les corps libérés de l’argent

Alors que quelques sports professionnels sont devenus des business florissants, des clubs de sport amateurs sont obligés de mettre la clé sous la porte. Les adhérents peinent en effet à renouveler leur cotisation alors que le sport est une question de santé publique face à l’explosion de l’obésité. L’inactivité physique tue dix fois plus que les accidents de la route chaque année. Mettons fin au sport business et développons le service public du sport : il est urgent de mettre des moyens au service de l’intérêt général pour un sport émancipateur et libéré de l’argent.

Mesure clé

Créer une association sportive dans tous les établissements scolaires du premier degré pour rendre gratuite et accessible la pratique d’une activité physique encadrée par des professionnels

Chapitre 11 : Éducation et formation

63. Éradiquer l’illettrisme et développer l’alphabétisation

L’illettrisme touche plus de 2,5 millions de Français dans l’Hexagone. 40 % de la population est concernée à Mayotte, 20 % en Martinique, Guadeloupe ou Guyane. De plus en plus de démarches s’effectuant uniquement en ligne, les personnes illettrées perdent peu à peu l’accès à leurs droits et ne parviennent même plus à régler leurs factures ou à se déplacer. Nous voulons éradiquer enfin l’illettrisme.

Mesure clé

Éradiquer l’illettrisme pour les jeunes sortis du système scolaire et les adultes à l’horizon 2027

64. Faire le service public de la petite enfance

Tant que la charge totale du travail des femmes, activité domestique comprise, demeurera supérieure à celle des hommes, elles n’auront pas leur juste part de liberté, de loisirs et de repos. La question des modes de garde joue ici un rôle déterminant : c’est aux femmes qu’incombe encore trop, et parfois exclusivement, la prise en charge des enfants. L’établissement d’un vaste système de garde d’enfants est donc impératif, pour la liberté des parents, les mères en particulier, et l’apprentissage de l’autonomie des enfants.

Mesure clé

Créer un service public de la petite enfance et ouvrir 500 000 places en crèche et modes de garde adaptés sur cinq ans

65. Reconstruire une école globale pour l’égalité et l’émancipation

Une des grandes conquêtes sociales du siècle passé consiste à avoir arraché les enfants aux violences de l’usine pour les accueillir à l’école publique. Mais l’école publique, laïque et gratuite, qui est une des clés du progrès social et humain, sort terriblement affaiblie de quinze années marquées par des politiques destructrices. Depuis cinq ans en particulier, Jean-Michel Blanquer a profondément désorganisé et sabordé le service public d’éducation, en s’attaquant à ses fondements et en le livrant au marché. Il faut reconstruire l’école de l’égalité et de l’émancipation, une école qui participe à la prise en charge des grands défis de demain : la bifurcation écologique et la 6e République.

Mesure clé

Assurer la gratuité réelle de l’éducation publique, y compris les cantines, le transport et les activités périscolaires, fournir gratuitement aux élèves les manuels scolaires, ainsi que des fournitures sans marque, pour assurer une réelle égalité des conditions entre élèves et lutter contre l’intrusion marchande à l’école

À savoir

66. Qualifier tout le monde

L’élévation continue du niveau de qualification des travailleurs est essentielle. La bifurcation écologique nécessite des qualifications de pointe à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Il est donc impératif de penser ensemble les offres de formation initiale et la formation tout au long de la carrière en cohérence avec les objectifs écologiques du pays. Nous voulons reconstruire les filières publiques d’enseignement professionnel, aujourd’hui dévastées. Elles sont une voie d’excellence dans laquelle étudie la moitié de la jeunesse du pays. Les savoir-faire qui y sont appris et transmis sont indispensables face aux défis écologiques qui nous attendent.

Mesure clé

Augmenter le nombre de classes et de lycées professionnels et agricoles publics

67. Refonder l’enseignement supérieur

Précarité des étudiants, doctorants et jeunes diplômés, manque de places, sélection à l’entrée, concurrence entre établissements et entre chercheurs pour des financements insuffisants et aléatoires : c’est dans l’enseignement supérieur que les conséquences de la marchandisation et du démantèlement du service public sont les plus avancées. Tout est à reconstruire dans une logique de coopération.

Mesure clé

Garantir à tous les bacheliers l’accès sans sélection à la formation de leur choix en démantelant le système Parcoursup

À savoir

68. Un temps de jeunesse au service de l’intérêt général et de la sûreté de la Nation

Le Service national universel (SNU), promesse d’Emmanuel Macron, est aussi coûteux qu’inutile. Nous proposons un service citoyen obligatoire avant l’âge de 25 ans, rémunéré au SMIC revalorisé pendant neuf mois et ouvrant de nouveaux droits : formation, bilan de santé, permis de conduire. Ces jeunes pourront s’ils le souhaitent intégrer la garde nationale placée sous commandement civil. Elle regroupera également la réserve de sécurité nationale, la réserve de sécurité civile et la réserve citoyenne.

Mesure clé

Instaurer une conscription citoyenne et créer une garde civile nationale

À savoir

Ordonner le monde

« Chaque période du développement humain suscite son genre particulier de conflits humains, son type propre de problèmes, que la force seule serait apparemment capable de résoudre. Et, chose paradoxale, en chaque occurrence la force s’est révélée incapable de résoudre réellement le problème. »

Isaac Asimov, Les Robots, 1950

Les guerres aux quatre coins du monde nous rappellent chaque jour l’urgence de la paix. Il nous faut bâtir une France indépendante, insoumise aux dogmes de la Commission européenne et à l’hégémonie des États-Unis d’Amérique. C’est le préalable incontournable pour que notre pays participe de sa contribution positive au peuple humain. Nous avons à construire de nouveaux horizons de progrès écologique pour protéger les biens communs de l’humanité et nous porter aux nouvelles frontières que sont l’espace, les mers et le virtuel.

Chapitre 12 : Europe

2022 est l’occasion de changer de trajectoire en Europe : en 2022, la France exercera la présidence de l’Union européenne au moment où se négocieront les nouvelles politiques climatiques et la réintroduction des règles budgétaires européennes. Les traités actuels seront donc inévitablement remis en cause pour répondre à l’ampleur des défis. Notre règle : en toute hypothèse, nous appliquerons les engagements de notre programme.

En effet, certaines règles européennes sont aujourd’hui incompatibles avec la mise en œuvre de notre programme :

Nous avons une stratégie complète pour lever ces blocages avec une méthode de gouvernement fondée sur le respect de la volonté populaire et l’esprit de coopération internationale.

D’une part, nous proposons aux États et aux peuples européens la rupture concertée avec les traités actuels (plan A). Cela passera par la négociation de nouveaux textes compatibles avec les urgences climatiques et sociales et soumis à un référendum du peuple français pour approbation. Nous proposerons notamment :

D’autre part, nous appliquerons dans tous les cas immédiatement notre programme au niveau national en assumant la confrontation avec les institutions européennes (plan B). Nous utiliserons pour cela tous les leviers pour faire valoir notre position au Conseil européen et désobéirons aux règles bloquantes à chaque fois que c’est nécessaire.

Ces deux stratégies s’alimentent mutuellement : c’est en agissant en éclaireur que nous pourrons entraîner les autres peuples européens !

69. Utiliser tous les leviers d’action face aux institutions européennes

La France est loin d’être démunie. Nous n’hésiterons pas à mobiliser si nécessaire tous nos leviers d’action :

Mesure clé

70. Désobéir à chaque fois que c’est nécessaire pour mettre en œuvre notre programme

Dans le même temps, nous désobéirons aux règles européennes incompatibles avec l’application de l’Avenir en commun. Et nous avons des outils pour le faire :

Mesure clé
À savoir

Chapitre 13 : Une diplomatie altermondialiste pour la paix

71. Assumer l’indépendance de la France dans le monde

Les quinquennats Sarkozy, Hollande et Macron ont enfermé la France dans l’OTAN dans une vision étroitement « occidentale » du monde qui aggrave les tensions mondiales. Pour promouvoir la paix et la coopération, retrouver une voix indépendante est une nécessité.

Mesure clé

Se retirer immédiatement du commandement intégré de l’OTAN puis, par étapes, de l’organisation elle-même

72. Construire une défense indépendante, républicaine et populaire

Les alliances militaires permanentes, comme l’OTAN construite par et pour les États-Unis, sont contraires aux intérêts et aux principes de notre pays. Elles réduisent la portée de sa diplomatie et aliènent son message. La France peut et doit se défendre elle-même, en dehors de toute alliance militaire permanente quelle qu’elle soit. Pour cela, la défense doit être l’affaire de la Nation tout entière.

Mesure clé

Rédiger un livre blanc et adopter une loi de programmation militaire visant à restaurer notre indépendance et mettre en oeuvre notre adaptation au changement climatique

À savoir

73. Renforcer l’ONU pour faire vivre un monde ordonné

En dépit de ses insuffisances, l’Organisation des Nations unies reste le seul organe légitime, car universel, pour assurer la sécurité collective. Elle est pourtant sapée de l’intérieur, par des manques financiers qui la rendent dépendante du bon vouloir de sociétés privées « partenaires », et de l’extérieur, par les puissances impérialistes qui s’affranchissent du droit international et développent au profit de leurs seuls intérêts une conception particulière du « multilatéralisme ». La France doit œuvrer sans aucune arrière pensée au retour en force de cette institution face aux déséquilibres et menaces pour la stabilité et la paix.

Mesure clé

Réaffirmer que l’ONU est le seul organe légitime pour la sécurité collective

À savoir

74. Refuser le libre-échange, instaurer un protectionnisme écologique et la coopération économique

La mondialisation néolibérale est d’abord la globalisation de la finance, la concentration des pollutions, la propagation des épidémies et le déménagement permanent du monde pour le seul profit des multinationales au détriment des peuples et de l’environnement. La compétition de tous contre tous qu’elle instaure signifie désindustrialisation, chômage de masse, émigration forcée, destruction des productions vivrières, etc. Le protectionnisme écologique est la seule réponse rendant possibles un codéveloppement au service des peuples et la préservation d’un écosystème compatible avec une vie humaine digne.

Mesure clé

Porter au sein du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) des propositions de rupture avec le néolibéralisme international, et réinvestir la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED)

75. Étendre les protections du droit international aux biens communs planétaires

La crise écologique ne connaît pas les frontières administratives. Ce qu’un pays rejette dans l’air sera aussi respiré par ses voisins. Ce qu’il déverse dans l’eau échouera sur la côte à l’autre bout du monde. Les responsabilités sont forcément collectives. Les entreprises criminelles et les pollueurs de masse doivent répondre de leurs actes. Il est donc temps d’élargir le droit international à l’impératif climatique et écologique.

Mesure clé

Reconnaître un crime d’écocide

76. Pour une politique migratoire humaniste et réaliste

L’émigration forcée est toujours une double souffrance : ne pas être chez soi où l’on vit, et ne plus être chez soi d’où l’on vient. Les migrations sont un sujet trop sérieux pour les réduire à des surenchères. La première tâche est de permettre à chacun de vivre chez soi, auprès de ses proches et de ses amis. Pour cela, il faut arrêter les guerres, les accords commerciaux qui détruisent les économies et affronter le changement climatique.

Mesure clé

Renforcer l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et organiser une conférence annuelle sur les migrations

À savoir

77. Les Outre-mer, fer de lance d’une diplomatie écologique altermondialiste

Grâce aux Outre-mer, la France est présente à tous les points clés de l’écosystème. Elle possède le deuxième domaine maritime au monde. La Guyane française abrite près de 80% de la biodiversité nationale et partage avec le Brésil la plus longue frontière terrestre de notre pays. Le devoir de la France est fixé par ses responsabilités. Elle doit être le fer de lance d’une diplomatie universaliste. Les Outre-mer en seront les points d’appui.

Mesure clé

Construire des politiques internationales à partir des Outre-mer : préservation de l’Amazonie, aide aux peuples autochtones menacés par la montée des eaux

78. Construire des coopérations altermondialistes et internationalistes

Un autre monde est possible, plus juste, plus ordonné, plus écologique. Pour cela, de nouvelles coopérations doivent être engagées et d’autres renforcées. La France doit œuvrer, sans exclusive, à tous les projets sortant d’une conception néolibérale et occidentaliste de la mondialisation, promouvant des biens publics mondiaux exempts des mécanismes du marché et luttant contre les inégalités et la crise écologique.

Mesure clé

Consacrer 0,7% du revenu national brut à une aide publique au développement débarrassée du carcan néolibéral

79. Unir le petit bassin méditerranéen autour d’objectifs communs de progrès

Ne nous résignons pas à voir la mer Méditerranée devenir un cimetière pour migrants. La France doit assumer en Méditerranée la responsabilité particulière créée par son histoire, sa géographie, sa langue, la richesse et la diversité de son peuple.

Mesure clé

Créer un réseau d’universités méditerranéennes et organiser un réseau méditerranéen de l’enseignement professionnel

80. Construire une relation avec l’Afrique basée sur la souveraineté des peuples

Des dynamiques de révolutions citoyennes se sont déclenchées à travers toute l’Afrique ces dernières années. Le gouvernement français est resté sourd à ces aspirations populaires. Sa politique est pourrie par une vision affairiste répondant aux seuls intérêts bornés des oligarchies. Il est dans l’intérêt des peuples que la France adopte une politique africaine guidée par l’intérêt général humain. La coopération entre les peuples est la méthode qui permettra d’avancer en ce sens.

Mesure clé

Organiser un débat suivi d’un vote au Parlement sur les objectifs et l’action de l’armée française au Sahel et au Mali, et décider d’un calendrier de retrait des opérations militaires au Sahel

81. Passer à la francophonie des peuples

La langue française est la troisième langue la plus parlée au monde. Mais, sur le terrain, le nombre de locuteurs réels diminue. Cette langue en partage est pourtant un lien à faire vivre et à développer dans sa dimension politique. La francophonie est malgré cela trop souvent ignorée, ou confisquée par un cadre officiel inaccessible à la majorité des populations francophones.

Mesure clé

Défendre l’usage du français dans les institutions internationales

Chapitre 14 : Nouvelles frontières de l’humanité

82. Protéger les mers et océans

Les océans sont aujourd’hui en danger. La biodiversité marine se dégrade, du fait de la surpêche et de la pollution plastique. Il est urgent de protéger les mers et océans du pillage de leurs ressources et des tensions militaires. Il est nécessaire de sanctuariser les écosystèmes marins.

Mesure clé

Œuvrer à la création d’un droit international de la biodiversité marine, notamment dans les grands fonds

83. Être à la hauteur de la responsabilité maritime française

La France est une puissance maritime qui s’ignore. La mer est pourtant une source formidable d’activité dans la bifurcation écologique. 400 000 emplois existent déjà dans ce domaine. On pourrait atteindre un million très rapidement. Mais les technologies marines sont délaissées des pouvoirs publics.

Mesure clé

Développer les énergies marines renouvelables (EMR) dans le cadre du plan de transition énergétique et d’une maîtrise publique des installations et réseaux

84. Relancer la découverte de l’espace

L’indépendance de la France et notre contribution à la connaissance sont liées à l’espace. Ce domaine ne doit pas être abandonné aux marchands, ni être militarisé par les grandes puissances : c’est l’intérêt général qui est en jeu. La France doit garantir sa souveraineté et contribuer à de nouvelles coopérations internationales.

Mesure clé

Lutter contre la course à l’armement spatial tout en garantissant la souveraineté de la France face aux nouvelles menaces

85. Affirmer le caractère d’intérêt général de la révolution numérique

La révolution numérique est une chance immense pour l’humanité. Elle peut permettre un développement humain, scientifique et démocratique inédit à condition de ne pas laisser faire les multinationales qui veulent se l’accaparer pour leurs seuls profits. Faire du numérique un bien commun mondial est un enjeu démocratique, économique et social de premier plan : la technologie doit servir le progrès humain, et non créer de nouvelles inégalités ou restreindre les libertés.

Mesure clé

Garantir le droit à un accès minimal gratuit à Internet

86. Garantir la souveraineté numérique de la France

La mise en réseau mondiale permet de nouvelles coopérations à travers la circulation des idées, des paroles et des écrits. Elle doit se faire dans un cadre international garantissant la maîtrise publique et démocratique d’Internet : la France ne doit pas dépendre d’autres pays et des multinationales comme les Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft (GAFAM). Elle doit pouvoir prendre ses propres décisions.

Mesure clé

Garantir la neutralité du Net, c’est à dire l’accès égal de chacun et l’égalité de traitement